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Fraises du Périgord : l’enjeu de la reprise

La fraisiculture séduit peu et les transmissions se font rares, alors que la production occupe 320 hectares en Périgord.

Fraises du Périgord

© Réseau des chambres d'agriculture

En 2026, faute de luminosité, les fraises sont arrivées avec deux semaines de retard, courant mars. Et si ce fruit séduit toujours les consommateurs, il séduit peu les jeunes agriculteurs. Une problématique majeure. Depuis 2012, le nombre d’exploitations a été divisé par deux, sans baisse significative de la production. « Sur les quatre à cinq prochaines années, la moitié des producteurs pourra prétendre à la retraite », s’inquiète Nathalie Deschamp, technicienne à la Chambre d’agriculture. Ces exploitations attirent peu en raison de la pénibilité du travail, où la main-d’œuvre manque drastiquement, et une culture qui occupe toute l’année.

De mars à octobre

En Dordogne, les serres s’étalent sur 320 hectares. On y cultive des fraises de saison de mars à juin (gariguettes, cléry, dream…), des remontantes d’avril à octobre (murano, charlotte, mara des bois…), ainsi que des fruits rouges. Avec 195 hectares, la culture hors-sol a dépassé celle de pleine terre (124 hectares), et présente des avantages. « On s’adapte mieux aux besoins du fruit, avec un cahier des charges de plus en plus exigeant. Cette méthode limite les maladies et améliore la qualité de travail. » Pour Sylvain Dureux, conseiller à la Socave, la coopérative à Vergt travaillant avec une quarantaine de fraisiculteurs et achetant 2 000 tonnes par an, « le hors-sol facilite le changement de terre ». Son client, la Socave SAS, vend les fruits à des centrales d’achat (70 % en GMS et 30 % de négoce).

Nouvelle maladie

En 2025, le printemps avait été marqué par des prix producteurs « excellents », rapporte le conseiller. Mais l’été caniculaire a suscité « une chute de qualité et un marché inexistant ». Surtout, 2025 a vu l’irruption d’une nouvelle maladie en Dordogne : le pestalotiopsis. « Les plants sont arrivés contaminés fin 2024, causant une baisse de rendement. Le phénomène se reproduit cette année », s’inquiète Nathalie Deschamp. Si elle est menacée, la fraise demeure un marqueur du Périgord. Elle est arrivée de Bretagne en 1936, et la production a cru jusqu’en 1946 et ainsi faire de la Dordogne « le premier bassin de production à grande échelle en France », souligne Annie Chanraud, de Vergt Festivités. Avec elle, elle a amené toute une économie : transport, packaging, recherches variétales…