Couverture du journal du 06/04/2024 Le nouveau magazine

Halle de la Machine : l’heure du réveil

Après une maintenance de cinq semaines, le Minotaure de la Halle de la Machine de Toulouse vient de reprendre du service. Avec en ligne de mire, le grand opéra urbain où Astérion viendra à la rencontre des Toulousains en centre-ville fin octobre 2024 !

Halle de la machine

© Adrien Nowak - La Vie Economique

L’immense tête du Minotaure trône à l’entrée de la Halle de la Machine. Spectacle inhabituel. Dépourvu de ses pupilles bleu azur, Astérion paraît vaincu. Il n’en est rien. Il reprend des forces. Sa peau boisée a été patiemment poncée puis recouverte d’un nouveau vernis, ses cicatrices ont été retravaillées. Les dermatologues et vétérinaires de la Halle s’affairent depuis début janvier pour lui refaire une beauté. Et depuis le 10 février, entièrement remonté, il parcourt à nouveau la piste des Géants qui jouxte la Halle du quartier de Montaudran. « La maintenance des machines est un moment fondamental » explique François Delarozière, le directeur artistique. « On écoute les sons, on surveille, on change certaines pièces. En fait on entretient nos machines comme des animaux vivants ! »

Un quartier en mutation

Inaugurée en 2018, la Halle de la Machine s’installe petit à petit comme un lieu incontournable de la culture toulousaine. « Notre objectif est de rendre la culture accessible pour tous et de dynamiser ce quartier. » Avec 350 000 visiteurs l’an dernier, la première partie du contrat semble remplie. Pour le reste, il faudra attendre l’arrivée du métro fin 2028 pour enclencher une nouvelle dynamique au sein de Montaudran. « Mais on voit déjà les changements » constate François Delarozière. « Au départ, les ouvriers levaient les yeux pour voir le Minotaure. Aujourd’hui, c’est Astérion qui doit lever la tête du haut de ses 14 mètres pour apercevoir les ouvriers terminer certains bâtiments ! »

« Un mécène chinois est devenu le premier parrain de la Halle de la Machine avec un chèque de 80 000 euros »

A la recherche de parrains

En attendant la fin des constructions, le quartier attend encore l’ouverture de commerces. « Certains sont arrivés juste après nous en espérant qu’on soit une locomotive. Notre rôle est important pour Montaudran », confie Aude Fournié, en charge des partenariats à la Halle. Mais la locomotive aussi doit chercher du carburant pour continuer à avancer. Voilà pourquoi la Halle de la Machine s’est lancée en novembre dernier à la recherche de parrains. Deux paliers sont proposés : à partir de 5 000 euros pour le premier et de 50 000 euros pour le second. « On propose des contreparties en visibilité sur nos supports de communication, des entrées pour visiter la Halle ou encore le don d’une œuvre unique produite par la Machine à peindre créée par François Delarozière », détaille Aude Fournié. L’argent récolté servira à « aller plus loin dans les propositions artistiques », explique le directeur artistique.

L’opéra urbain en octobre

Un grand parrain s’est déjà manifesté, à hauteur de 80 000 euros. Il s’agit de la société Windland, détenue par un mécène chinois. Le même qui avait commandé le majestueux Long Ma, la créature cheval-dragon qui avait fait escale à Toulouse en 2022. Si Long Ma ne reviendra pas cette année, 2024 reste une année charnière pour la Halle. L’exposition « Snow Wind and Fire » vient de débuter (jusqu’au 31 août). « Des machines vont produire de la neige, du vent, de la fumée, du feu … les visiteurs vont devoir braver les éléments », sourit Fanny Poitevin, en charge de la communication.

« Certains commerçants espèrent que la Halle soit une locomotive pour le quartier de Montaudran »

Mais le point d’orgue de l’année interviendra du 25 au 27 octobre lorsque le Minotaure refera son apparition en centre-ville de Toulouse pour le second opéra urbain. Le premier avait rassemblé plus de 900 000 visiteurs en 2018. « La préparation des scènes est pharamineuse » confie François Delarozière qui finalise actuellement le parcours d’Astérion avec les services de la mairie. « Il y a plein de nouveautés avec de nouveaux points de vue mais on ne dévoilera rien. On veut que le spectateur vive l’expérience de la ville qui devient théâtre et pas regarder cela d’un point fixe comme le Tour de France ! » Il y a 6 ans, le Minotaure n’avait pas traversé la Garonne. La possibilité de le voir marcher sur le Pont Saint Pierre est en réflexion. Un exercice périlleux où Astérion aura besoin de toute sa tête.