Couverture du journal du 06/04/2024 Le nouveau magazine

L’Arche 65, un lieu unique pour les dirigeants

Lydie Cazeaux, fondatrice du cabinet conseil AME Management et présidente de la French Tech 65, ouvre le premier centre de ressources et de ressourcement pour les chefs d’entreprise. Un site unique, situé aux portes de Tarbes, qui concentre tous les outils de gestion mais prévoit également la création d’un réseau de dirigeants inédit aux multiples missions.

Lydie CAZEAUX créatrice de L’Arche 65

Lydie CAZEAUX, créatrice de L’Arche 65 © Louis Piquemil - La Vie Economique

Cette maison-là ne sera jamais quatre murs et un toit pour Lydie Cazeaux. Dans chaque pierre qu’elle a rénovée, un peu de son rêve s’y est déposé, face à la magistrale bâtisse, on pourrait croire qu’elle l’a atteint mais il suffit de l’écouter pour comprendre que tout ne fait que commencer. Avec l’ouverture de l’Arche 65, une des figures de l’innovation et de l’économie dans les Hautes-Pyrénées franchit une incroyable étape dans sa propre carrière. Dans un cadre fabuleux, dans le calme d’Aureilhan, elle vient d’ouvrir les portes du premier centre de ressources et de ressourcement pour dirigeants. Un concept inédit bâti sur son expérience : depuis 7 ans, elle accompagne les chefs d’entreprises à travers son cabinet conseil AME Management. La continuité est évidente mais devant les 600 m² dessinés par une architecture somptueuse, on imagine aisément l’enjeu que représente le lieu. Sans se départir de son éternel sourire, Lydie Cazeaux le définit sans tergiverser : « Si on était au poker, je ferais tapis. J’y ai mis tout ce que j’ai ». Et la première chose, c’est son cœur, comme à chaque nouveau défi.

L’ACCOMPAGNEMENT DES PME

L’heure est à peine aux finitions, le 1er septembre l’Arche 65 entrera en fonction mais dans l’esprit de sa créatrice, cela fait bien longtemps qu’il se façonne. Elle qui accompagne les entreprises en organisation et développement sur le territoire connait au plus près les besoins des dirigeants. Très concrets, d’abord puisque c’est la vocation d’AME Management : « Nous travaillons avec les chefs d’entreprises des PME de moins de 50 salariés. J’interviens sur l’ensemble de leurs fonctions, plus particulièrement sur la partie ressources humaines, gestion des RH, l’ingénierie de formation interne pour les compétences… J’accompagne également en assistance en maitrise d’ouvrage pour les projets de développement, dans ce cadre-là je fais des études de faisabilité, d’implantation industrielle ou encore des prévisionnels financiers et de la recherche de financement en montant des dossiers de demandes d’aide, que ce soit avec la Région l’ADEME ou BPI. ».

L’idée de base était de réunir toutes les fonctions support dans un même lieu

DES BESOINS MULTIPLES

Une large palette d’interventions synonyme de travail mené sur le long terme qui fait du cabinet conseil une véritable fonction support et de Lydie Cazeaux un visage qui œuvre à la droite du dirigeant en plein développement… mais également une observatrice des difficultés annexes qui jalonnent un tel essor : « C’est vrai qu’en étant aussi proche d’eux, je me suis rendu compte qu’ils avaient en fait des difficultés plus grandes. Ils sont pressurisés, avec les approvisionnements c’est compliqué, la gestion des ressources humaines, le recrutement, la relation avec les clients… tout est compliqué. On se retrouve avec des dirigeants soumis au stress, ils se sentent parfois isolés, ont besoin de vider leur sac et qu’on les écoute ». Devant un accompagnement opérationnel qui dévie bien souvent sur de l’accompagnement similaire à du coaching, les besoins se sont agencés dans l’esprit de Lydie Cazeaux qui n’aime définitivement qu’apporter des solutions aux problèmes qui se posent : l’Arche 65 avait ses fondations.

L’Arche 65

© Louis Piquemil – La Vie Economique

UN POLE DE RESSOURCES

Le site présente d’abord une partie locative pour sept bureaux dédiés à des activités complémentaires à celles d’AME Management, qui sera évidemment sur place. Des espaces partagés à ne pas assimiler à du coworking, ici les locations seront fixes et à l’année pour former un véritable pôle de ressources : « L’idée de base, c’était de créer un centre où un dirigeant pourrait venir et déjà trouver toutes ces fonctions supports sur un même lieu. Recréer un comité de direction externe pour les entreprises en quelque sorte » précise Lydie Cazeaux. L’immensité de la maison a permis d’enrichir les propositions à une salle vouée aux séminaires et aux formations qui peut également être louée aux entreprises qui souhaitent faire du team building : « Des services de restauration avec traiteur ou chef à domicile sont proposés ainsi que celui d’animation du team building. On peut aussi réaliser des reportages photos, des enregistrement vidéo ou la création de support de communication personnalisée ». Un menu à la carte mais surtout complet qui reflète parfaitement le sens du détail de la professionnelle : « Être complet c’est toujours mon approche, qu’il ne manque pas un bout. Je suis moi-même une entrepreneuse et ça fait la différence. Le fait que je sois moi-même une dirigeante, je les comprends et je parle le même langage ».

EN LIEN AVEC LES ARCHANGES

Un langage que Lydie Cazeaux n’imagine pas fait de langue de bois, si les arches servent souvent à construire des ponts, celle des Hautes-Pyrénées abolira bien les distances entre les chefs d’entreprises : c’est ensemble qu’elle les voit franchir les obstacles. Alors en parallèle au petit paradis qu’est l’Arche 65, un réseau de dirigeants va également se constituer dès septembre et il porte magnifiquement son nom, ce sera celui des Archanges. Un esprit terre à terre y verra un clin d’œil à l’expérience dans l’industrie aéronautique qui marque le parcours de Lydie Cazeaux mais loin des futurs aéronefs, le réseau est pensé pour apporter tous les outils aux chefs d’entreprises, notamment pour traverser les tempêtes… voire de les éviter : « Dans les PME, on a souvent un dirigeant qui s’est lancé tout seul parce qu’il avait une forte compétence technique et qu’il connaissait bien son métier. Il fait du travail de qualité, il a beaucoup de demandes, commence à embaucher et continue de se développer. A un moment donné, il se retrouve à 15 ou 20 salariés et ça commence à être plus compliqué parce qu’on ne gère pas une boite avec autant de salariés comme une de deux ou trois. Et à ce moment-là, il lui manque des outils ». C’est sur cette base qu’est fondé le réseau car si l’Arche est la bâtisse, l’accompagnement relève des Archanges.

 En étant proche des chefs d’entreprise, je me suis rendu compte qu’ils avaient des difficultés plus grandes

L’Arche 65

© Louis Piquemil – La Vie Economique

DES OUTILS DE GESTION…

L’abonnement annuel comprend deux séminaires par an pour « prendre de la hauteur et comprendre ce qui se passe dans notre environnement ». Sociologie, économie, écologie, le monde bouge et si le temps semble suspendu à Aureilhan, il n’est pas question d’être dépassé. Quatre formations sont également au programme avec de la gestion d’entreprise, du temps justement mais aussi la gestion financière et du management stratégique. Autant de thèmes que Lydie Cazeaux maîtrise mais elle a souhaité aller plus loin avec des co-déjeuners organisés tous les deux mois : « Les dirigeants pourront partager leurs problématiques avec l’ensemble du groupe pour essayer tous ensemble de trouver des solutions».

ET DES OUTILS POUR PRENDRE SOIN DE SOI

Des outils de gestion, des contacts, un œil nouveau et du recul, la force de l’union… Le package semble professionnel mais classique, si ce n’est qu’il comprend une approche inédite et va apprendre à ces chefs d’entreprise à prendre soin d’eux : « On se rend compte dans les différentes études faites que la santé du dirigeant on n’en parle pas. Le seul observatoire en France c’est l’Amarok qui a quelques données et la première c’est que personne ne s’en préoccupe… à commencer par le dirigeant lui-même. Il ne se demande pas comment il va, il n’a pas le temps et ce n’est pas sa préoccupation. Sa préoccupation c’est son entreprise et ses salariés pour la faire tourner ». A travers des séances autour du rééquilibrage alimentaire, de l’hypnose, de l’acuponcture ou de la gestion des énergies, l’idée est surtout de mettre en place une vraie prévention pour éviter les burn-out ou les difficultés annexes avec l’aide d’outils, encore une fois, vers lesquels ils n’iraient pas forcément d’eux-mêmes : « On a besoin d’éclaircir ses idées pour mieux prendre des décisions, ne pas être submergé, gagner en concentration, se recentrer. Tout ça, ça aide ».

PRESIDENTE DE LA FRENCH TECH

Elle qui n’a pas hésité à suivre une formation de coaching d’un an à l’Institut Français de Gestion pour être plus performante et arriver à débloquer les situations difficiles de ses clients ou comprendre les mécanismes de blocages et psychologiques a réuni au même endroit tout ce qui peut concourir au dynamisme économique. Née à Castelnau-Magnoac, Lydie Cazeaux est profondément attachée à son territoire et de la proximité entre les entreprises aux atouts géographiques, elle lui voue une véritable passion. La chef d’entreprise, qui est également présidente de la French Tech Pyrénées Adour depuis 2022, est réputée pour son dynamisme et son investissement, figure de l’innovation et du développement économique, avec l’Arche 65, elle prend un nouveau tournant.

L’Arche 65

© Louis Piquemil – La Vie Economique

UN INVESTISSEMENT CONSEQUENT

Question investissement, celui-ci est d’abord conséquent puisqu’il s’élève 1,2 millions d’euros, intérêts compris : « C’est le fruit du travail d’AME, rien n’est tombé du ciel, je viens d’en bas, je pars de zéro. J’ai eu la chance d’avoir un banquier qui m’a suivie, il me connait depuis 7 ans, il m’a vue dans la difficulté avec AME durant la troisième année mais aussi me battre et redresser la barre. Le secteur d’activité de conseil n’est jamais simple, c’est un métier où il y a beaucoup de casse dont 80 % les deux premières années. Pour faire sa place et tenir, il faut être tenace ». Fille de commerçants qui tenaient une station service et un garage, Lydie Cazeaux est née « derrière un comptoir » comme elle s’amuse à le rappeler : « La relation avec les clients est ancrée en moi et j’ai cette notion de service depuis la naissance ».

L’Arche 65

© Louis Piquemil – La Vie Economique

LA MAISON LYDIE

Le bouche-à-oreille fonctionne déjà et sans annonce diffusée, les visites s’enchaînent, sur la terrasse qui surplombe la piscine bordée par la chaîne des Pyrénées, Lydie Cazeaux s’accorde un instant de répit. Cette maison majestueuse qui date des années 70 lui va comme un écrin et finalement, elle ne pouvait être que celle-là : « Ce sont deux sœurs qui l’ont fait construire, à l’extérieur on dirait qu’il n’y a qu’une bâtisse mais en fait c’était deux maisons miroirs, séparées à l’intérieur mais totalement identiques. C’est une famille très connue dans les Hautes-Pyrénées puisqu’elle tenait un stand au marché et avait des boutiques en ville ». Une enseigne incontournable que les Bigourdans ont vu œuvrer par tous les temps et toute l’année… et dont le nom aujourd’hui semble faire partie d’une histoire qui nous dépasse : « C’était la Maison Lydie ». Peut-être qu’une âme s’amuse en regardant cette Arche et ses Archanges poursuivre l’épopée de la bâtisse qui ne sera définitivement jamais quatre murs et un simple toit pour sa nouvelle propriétaire.