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[ Lot-et-Garonne ] Evoluance Plus, au-delà du « connais-toi toi-même »

Forte d’une expérience de plusieurs décennies dans les relations politiques et publiques en entreprise, attentive à l’épanouissement et au bien-être de l’homme, elle a créé en 2007 sa propre société de coaching. Entretien avec Béatrice Morel, fondatrice et gérante d’Evoluance Plus, basée à Saint-Pierre de Clairac.

Evoluance Plus

Evoluance Plus © Shutterstock

La Vie Économique : Quelle était votre ambition à la création d’Evoluance Plus ?

Béatrice Morel : « Après avoir occupé différents postes aux côtés du « pouvoir », politiques et grands patrons d’entreprises souvent cotées au CAC 40, j’ai eu envie de les aider à transcrire leurs réflexions en actes. J’ai donc choisi de travailler sur la place de l’être humain dans l’entreprise qu’il soit dirigeant, manager ou salarié, en m’orientant sur la qualité de vie au travail car, il est maintenant prouvé, par les neurosciences et les sciences comportementales, que performance et bien- être au travail sont intimement liés. Je me suis spécialisée, après un 3e cycle Executive coaching à HEC, dans la connaissance de soi et particulièrement la régulation de ses émotions car ce sont les émotions qui nous poussent à l’action. Elles nous indiquent que nous avons des besoins. Par conséquent, mieux les connaître permet de trouver des réponses ajustées. »

LVE : Plonger au cœur de l’homme, de son cerveau, de ses émotions, est pour vous une passion et je crois comprendre que c’est aussi une sorte de mission. Vous êtes spécialisée dans le domaine de l’émotionnel. Quelles sont les grandes thématiques des coaching et formations que vous proposez ?

B. M. : « Lors de mes sessions de coaching et des formations que je propose, j’utilise différentes approches telles que la Gestalt thérapie qui a pour particularité de prendre en compte toutes les facettes de la personne : corporelle, émotionnelle, intellectuelle, sociale et spirituelle, la thérapie ericksonienne qui considère que l’inconscient est un réservoir de ressources et de solutions, dans lequel chacun peut aller puiser, pourvu qu’il sache comment y accéder, la communication non- violente ou encore l’Appréciative Inquiry qui va s’appuyer sur les forces de la personne pour qu’elle puisse, dans un état d’esprit positif, donner le meilleur d’elle-même. J’apprends aussi aux personnes à pratiquer la résilience, plus nécessaire que jamais en cette période. »

LVE : Vous rappelez les quatre émotions innées à la naissance : la joie, la peur, la tristesse, la colère. Vous soulignez aussi que chaque homme a, en moyenne, 70 000 pensées par jour. Votre méthode aspire à aligner l’intelligence intellectuelle et l’intelligence émotionnelle. Pourriez-vous nous expliquer en quelques mots votre approche dont la méthode s’avère hyperlogique ?

Béatrice Morel © D. R.

B. M. : « L’idée est de mettre en cohérence « je pense-je ressens », c’est-à-dire de comprendre ce qu’il est bon de faire pour y parvenir, comment réussir à concilier les trois parties du cerveau qui forment un tout (le reptilien, le limbique, le néocortex) avec ce que l’on appelle aujourd’hui le « deuxième cerveau » en raison des centaines de millions de neurones qui y vivent et y sont fabriqués quotidiennement, qui se situe dans le ventre. Ces cerveaux communiquent constamment entre eux. Mon rôle est d’aider les personnes à comprendre ce qui se passe en décomplexifiant ce qui peut paraître compliqué. L’homme, être unique, est d’une richesse phénoménale mais bien souvent il ne le sait pas. Aucune intelligence artificielle n’arrivera à le dépasser car sa puissance intérieure ne sera jamais égalée. »

« L’idée est que j’amène chacun des participants à « décortiquer » ce qui l’empêche d’avancer, d’agir, d’être heureux au travail »

LVE : Vous intervenez en entreprise en général sur deux jours avec 8 à 10 personnes. Comment, dans une mission, avoir un impact « individualisé » eu égard au fait que chaque personne ne fonctionne pas d’une manière unique ?

B. M. : « Vous avez raison mais les choses se font finalement très simplement car la méthode que j’applique est précise et, au regard des résultats, efficace. Je ne propose pas un « menu » classique avec des chapitres préétablis. L’idée est que j’amène chacun des participants à « décortiquer » ce qui l’empêche d’avancer, d’agir, d’être heureux au travail quels sont ses freins en tant que salarié, manager ou dirigeant. Un menu unique ne permet pas d’aller au fond des émotions et des blocages de chacun. L’on peut être ou se croire un mauvais manager pour de multiples raisons, de même que l’on peut être un salarié malheureux en multipliant pourtant de bons CDD. Il faut donc arriver à être le plus clair possible avec soi-même pour trouver des solutions. Il faut parfois se « déprogrammer » sans le moindre jugement pour que le conscient et l’inconscient, main dans la main, soient à notre service pour aller vers la joie ! »

LVE : N’arrivons-nous pas, tout simplement, au « Connais-toi toi-même » de Socrate ?

B. M. : « Oui, bien sûr. Mais se connaître n’implique pas obligatoirement de savoir se gérer. Dès la naissance, les quatre émotions de base se chargent de faits quotidiens qui viennent amplifier l’une ou l’autre jusqu’au jour où, réactivées par des stimuli extérieurs, elles ne sont plus gérables ou elles génèrent des comportements répétitifs, anxiogènes, colériques, tristes. Arrivent alors les burn-out, les cancers et autres affections du corps… Car c’est toujours le corps qui a le dernier mot. Pour trouver sa juste place dans sa vie professionnelle ou dans sa vie privée, il est nécessaire, là ou ailleurs, de répondre à son corps, de l’écouter, d’en comprendre les attentes et les besoins. »

LVE : Quels retours avez-vous de vos clients ?

B. M. : « Mes clients sont aussi bien des particuliers que des entreprises. Ils apprécient mon approche car elle est simple et pragmatique. Nous partons toujours de cas concrets que nous décortiquons et je les aide à utiliser un chemin qu’ils n’ont pas forcément l’habitude de prendre mais les résultats sont là, rapidement. »