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[ Lot-et-Garonne ] Pour un nouvel herbicide inoffensif

Laboratoire emblématique basé à Layrac, Innovi souhaite développer un herbicide naturel qui pourra se substituer au glyphosate. Ce projet est à fond soutenu par la Région car totalement raccord à la feuille de route Néo-Terra. Le potentiel est immense.

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Au regard des enjeux économiques, sociaux et environnementaux auxquels fait face la Nouvelle-Aquitaine, au même titre que d’autres régions européennes, l’innovation apparaît comme le moyen évident permettant de relancer le développement économique et d’améliorer le bien-être. Les projets de la société lot-et-garonnaise Innovi vont dans ce sens.

Basé à Layrac, Innovi est un laboratoire d’expérimentation qui intervient dans l’ensemble des écosystèmes ayant une influence sur la santé. La société, fondée et dirigée par Alexandra Frégonèse, était initialement spécialisée dans le développement des formulations et dans la production à façon de produits cosmétiques, capillaires, alimentaires et compléments alimentaires. Mais depuis quelques années, le laboratoire a développé ses compétences dans le domaine de la nutrition des plantes. En plus de ses compétences en matière de recherche, Innovi possède une unité de production lui permettant de proposer à ses clients une prestation complète allant de la conception à la production en série.

PRODUITS DE BIOCONTRÔLE

Afin de diversifier son activité, la société a développé son activité dans le domaine des produits de biocontrôle et de biostimulants à base de substances qui utilisent des mécanismes naturels pour lutter contre les ennemis des cultures.

Aujourd’hui, s’appuyant sur son expertise en matière de plantes, Innovi projette de développer un herbicide naturel qui pourra se substituer au glyphosate, herbicide le plus utilisé au monde en raison de son efficacité, de son prix et de sa facilité d’utilisation mais interdit car cancérogène. Lors de la dernière commission permanente du 18 octobre dernier, le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine a accordé une subvention de 420 529 euros à Innovi pour ce nouvel herbicide inoffensif.

Depuis quelques années, le laboratoire a développé ses compétences dans le domaine de la nutrition des plantes

Herbicide

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TRANSITION AGROÉCOLOGIQUE

Ce projet s’intègre dans les objectifs de la feuille de route régionale Néo Terra visant à accélérer la transition écologique et notamment agroécologique en réduisant l’usage des pesticides de synthèse (ambition n°2). De son côté, BPI France intervient à hauteur de 380 000 euros, sous forme d’avance remboursable, représentant un équivalent de subvention de 280 779 euros. 16 emplois pourraient être créés dans ce cadre.

Depuis 2018, Innovi est une société du groupe français Anjac Health & Beauty. Le groupe Anjac est partenaire des marques de beauté, de bien-être et des laboratoires de santé. Il crée et fabrique, de la matière première au produit fini. Il regroupe 12 sociétés expertes et complémentaires ainsi que 20 sites de R&D et production en France mais aussi en Californie et en Espagne : AIRCOS, Chemineau, Cosmetix West, Euro Wipes, Feltor, Innovi, LPEV, Pascual Cosmétiques, Roval Cosmétiques, Shadeline et Sicaf.

ÉNERGIES RENOUVELABLES ET MÉTHANISATION À MÉZIN

MethAlbret porte un projet d’unité de méthanisation agricole collective dans l’Albret. La société regroupe 6 exploitations agricoles spécialisées dans l’élevage (bovins lait et viande, cochons, poulets labélisés) et/ou les grandes cultures (blé, maïs, légumineuses…), un pôle hippique et l’entreprise publique locale Avergies, productrice d’énergie renouvelable en Lot-et-Garonne. Le projet localisé à Mézin a pour objectif de valoriser les effluents d’élevage des associés, de poursuivre la transition vers des pratiques agro-écologiques et de diversifier les revenus des agriculteurs. Ainsi, les 13 685 tonnes de gisement méthanisable par an se composent majoritairement de fumiers et lisiers, mais aussi de résidus de culture en lien avec les activités maraichères et agro-alimentaires présentes dans le secteur et enfin de cultures multiservices.

L’unité se composera de 2 digesteurs et d’un post-digesteur permettant de produire près de 1 415 000 m3 de biogaz par an et 26 000 m3/an de fertilisant organique (digestat) qui sera valorisé, après séparation, sur les parcelles agricoles des associés. Ce projet de méthanisation permettra d’éviter l’émission de 1 882 tonnes équivalent CO2 dans l’atmosphère. Ces investissements sont soutenus à hauteur de 575 000 euros par la Région Nouvelle-Aquitaine. Objectif : répondre aux objectifs de la feuille de route Néo Terra, la méthanisation est un moyen d’atteindre 30% de gaz verts injectés dans les réseaux de distribution et de transport en 2030.