Couverture du journal du 08/12/2021 Consulter le journal

Succession assurée pour l’Atelier du Bois Rouchon (ADBR)

Éric et Gosia Chassagnon ont témoigné du parcours de reprise de l’Atelier du Bois Rouchon, à Aubas, en septembre 2020, en lien avec les structures d’accompagnement à l’installation en Dordogne.

atelier bois

© Shutterstock

Après des années d’expérience à des postes de direction dans le secteur des métiers d’art, en région parisienne, Éric Chassagnon s’est intéressé à cette entreprise familiale créée en 1918 en Périgord Noir et spécialisée dans la fabrication et la création de meubles haut de gamme en bois massif. Elle correspondait à son souhait de trouver une petite structure, en province. « La prospection s’est faite dans le réseau de l’artisanat d’art, que je connaissais, et nous avons été orientés localement vers cette unité œuvrant dans un métier connexe et qui arrivait en phase de cession. » La CCI et Périgord Développement se sont chargés de la mise en contact et des présentations. Une phase de négociation a forcément suivi pour se mettre d’accord sur le prix de vente. « C’est un cap délicat, qui a duré un an et demi. »

L'Atelier du Bois Rouchon

L’Atelier du Bois Rouchon © D. R.

INTERCESSION D’UNE TIERCE PERSONNE

Avec l’intercession d’une tierce personne, il est généralement possible, ici comme dans d’autres situations, de trouver un compromis acceptable entre l’estimation que le cédant calcule en additionnant trois revenus (loyer, capital et valeur), sans oublier la dimension affective d’une entreprise familiale, et celle que le repreneur doit faire passer dans ses moyens pour que l’affaire perdure. L’état du stock constitue ainsi un delta important. Des clauses peuvent aussi permettre d’acheter progressivement sans alourdir la trésorerie.

CAPITAL HUMAIN

Le nom de l’ancien propriétaire reste attaché à l’entreprise car la réputation « Rouchon » dans l’univers de l’ébénisterie est une sérieuse référence, avec la collection Essences imaginée par l’architecte Jean Nouvel, dont l’atelier est éditeur exclusif, et celle baptisée « Esprit de château ». La transition se fait en douceur et le nouveau dirigeant s’attache à hisser l’Atelier vers de nouveaux sommets au moyen d’un plan ambitieux de réactivation commerciale pour le positionner sur le marché de l’ameublement, en s’appuyant sur les compétences et les savoir-faire des six employés, auxquels s’ajoutent des recrutements en contrat d’apprentissage.

Il développe une offre orientée vers plus de modernité et d’esthétisme, avec la complicité de son épouse pour le stylisme, et souhaite conforter la place de l’entreprise sur le créneau porteur de « l’excellence française » avec un travail de création sur mesure haut de gamme, des essences de bois nobles qui font sa force depuis l’origine et une production écoresponsable 100 % française.

La transition se fait en douceur et le dirigeant s’attache à hisser l’Atelier vers de nouveaux sommets

AMORÇAGE D’UN MONTANT DE 10 000 EUROS

Le Conseil régional accompagne cette reprise avec une aide à l’amorçage d’un montant de 10 000 euros, octroyée lors de la dernière Commission permanente du 18 octobre. La démarche de transmission a aussi été soutenue par la CCI et Initiative Périgord, qui a accordé un prêt d’honneur de 37 500 euros au porteur de projet. Au-delà du soutien financier, Éric Chassagnon souligne que les encouragements et la confiance en son projet ont dopé sa volonté pour convaincre les banques sur un investissement global important puisqu’un renouvellement de matériel, y compris équipement informatique et réseaux, s’ajoutait au rachat de la structure. « L’appareil de production est entretenu, nous devrons maintenant créer une vitrine internet pour valoriser l’entreprise. »

Un cap délicat va arriver, avec des départs à la retraite et l’attention apportée à transmettre les compétences de ce personnel. Le capital humain n’est pas la moindre richesse de ce type d’activité et si le repreneur dit amener une dynamique maketing, il « s’appuie sur l’équipe pour la réalisation, elle est au cœur de la réussite commune ».

À ce stade, Éric Chassagnon confie ne pas avoir estimé initialement la somme de démarches nécessaires à la réalisation de cette opération de reprise, sans pour autant les voir alléger car elles font partie du processus d’appropriation progressive.