Couverture du journal du 21/10/2020 Consulter le journal

Nouvelle-Aquitaine : le tourisme évite le pire

S’il limite la casse avec une baisse de fréquentation de 13 % sur l’ensemble de la saison, le tourisme néo-aquitain a pâti de l’absence des visiteurs étrangers. La filière fait l’objet d’actions spécifiques dans le plan de relance de la Région.

© La Coorniche

Si la Nouvelle-Aquitaine reste la région la plus attractive pour la clientèle française en juillet-août, devant la Bretagne ex æquo avec l’Occitanie et Provence-Alpes-Côte- d’Azur, « l’année 2020 reste très compliquée pour les acteurs du tourisme », résume d’emblée Régine Marchand, présidente du Comité régional du Tourisme de Nouvelle-Aquitaine. Et pourtant, la haute saison (du 12 juillet au 26 août) s’est révélée meilleure qu’on aurait pu le craindre, avec une perte de fréquentation d’environ 8 % (- 9 % sur l’intérieur et – 7 % sur le littoral).

SITUATION CRITIQUE POUR LE TOURISME URBAIN

Néanmoins, l’activité à l’arrêt au printemps et en fort recul au mois de juin laisse présager, sur l’ensemble de la saison, une baisse de 13 % de la fréquentation et de 22 % de chiffre d’affaires, affectant l’ensemble des secteurs d’activité. En effet, la hausse du nombre de touristes français (+ 7 %) particulièrement sensible dans l’hôtellerie (+ 18 %), les résidences de tourisme (+ 17 %), les sites de plein air et les activités nautiques (+ 7 %) ou les restaurants (+ 4 %) n’a pas compensé la chute vertigineuse de la fréquentation étrangère (- 42 %).

« La situation est particulièrement critique pour les grandes villes avec un tourisme de groupe et d’affaires qui s’annonce inexistant » Michel Durrieu

« La situation est particulièrement critique pour les grandes villes, avec un tourisme de groupe et d’affaires qui s’annonce inexistant dans les mois à venir », souligne Michel Durrieu, directeur du comité régional du tourisme. Face à l’ampleur de l’impact de la crise sanitaire, qui a notamment entraîné la disparition de 15 400 emplois saisonniers sur l’ensemble des secteurs d’activité du tourisme, le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine consacre une série d’actions spécifiques à la filière dans le cadre de son plan de relance, voté le 5 octobre, en complément des plans de relance européen et national. « L’objectif pour les mois à venir sera de continuer à accompagner les entreprises sur leur trésorerie pour leur permettre d’ouvrir dès avril 2021, tout en positionnant la Nouvelle-Aquitaine comme une destination attractive avec des atouts « nature », grâce à une promotion ambitieuse sur les marchés locaux et européens », résume Sandrine Derville, vice-présidente de la Région au tourisme.

UNE FONCIÈRE POUR CONSOLIDER LES FONDS PROPRES DES ENTREPRISES EN DIFFICULTÉ

À plus long terme, la Région accompagnera les chefs d’entreprise qui le souhaitent sur le repositionnement de leur offre, notamment sur le tourisme durable, en lien avec les offices de tourisme et les chambres de commerce et d’industrie. « Une aide aux investissements sera notamment prévue pour s’adapter au contexte Covid, comme la révision d’un parcours de visite ou des investissements dans le numérique », poursuit-elle. Au cœur du dispositif : la constitution d’une foncière pour conforter les fonds propres des entreprises touristiques en difficulté. « Cette aide au capital devrait rassurer les banques et leur permettre de lever de l’emprunt. Or, aujourd’hui l’investissement est indispensable à la survie », martèle Sandrine Derville.

 


CHÈQUE SOLIDARITÉ TOURISME : 21 000 BÉNÉFICIAIRES

Le chèque solidarité tourisme, destiné aux foyers les plus impactés par la crise sociale, est probablement celui qui a fait le plus parler de lui parmi les mesures prises par la Région Nouvelle-Aquitaine au début de l’été pour soutenir le tourisme. Pas moins de 7 millions d’euros ont été mobilisés dans le cadre du dispositif : 3 millions d’euros par la Région Nouvelle-Aquitaine, rejointe par cinq départements (la Creuse, la Dordogne, la Haute-Vienne, les Landes, et le Lot-et-Garonne) doublés par l’État via l’Agence Nationale pour les Chèques-Vacances). À fin septembre, plus de 21 000 familles ont été accompagnées par ce dispositif sur les 30 000 prévues d’ici la fin de l’année, avec 4,5 millions d’euros réinjectés dans l’économie régionale. Selon une première enquête menée par le Comité régional du tourisme, 71 % des personnes interrogées ont utilisé leurs chèques-vacances dans leur département de résidence, 46 % pour des activités de plein air, 25 % pour des visites de sites ou de musées, 18 % pour de l’hébergement et 65 % dans des établissements de restauration.