Couverture du journal du 13/10/2021 Consulter le journal

Périgueux investit durablement

La maire de Périgueux, Delphine Labails, et ses adjoints ont présenté les principaux dossiers en cours et à venir. La gestion municipale, à l’œuvre depuis un peu plus d’un an, répond « à des convictions et à une volonté d’expérimenter ».

Périgueux

Périgueux © Shutterstock

Le Plan Pluriannuel d’Investissement sur la durée du mandat pèse plus de 65,5 millions d’euros, avec des outils structurants qui dépassent l’usage des seuls habitants de Périgueux. « Ils seront financés sans endetter la collectivité ni augmenter la fiscalité », assure la maire, première vice-présidente de l’agglomération et conseillère régionale. « Ils assurent une visibilité et une attractivité de Périgueux au niveau régional et représentent un potentiel de travaux pour les entreprises locales. Investir est une responsabilité majeure pour la ville préfecture. » Ce programme est la partie visible des priorités pour penser la ville à long terme, entre les actions au quotidien et la dynamique commune à l’agglomération. En sortie de période compliquée pour le commerce, après « un été sur les quais » réussi malgré la météo (LVE n° 2464), la Ville se concentre sur son attractivité en agissant sur la réhabilitation de la halle du marché (2,4 millions d’euros sur 2022-2025, une opération menée avec la Région et les Bâtiments de France), le parcours gallo-romain vers Vésone (avec l’acquisition prévue des vestiges de la Porte de Mars), la végétalisation (1,8 million d’euros sur la période 2021-2026) ou encore les mobilités. La politique de stationnement (3 h gratuites en voirie) accompagne un développement du plan vélo axé sur la sécurisation des parcours et un partage de l’espace public : ce sera le cas notamment autour de la place Plumancy, bientôt moins minérale et plus ouverte aux modes de déplacement alternatifs.

Le projet de maraîchage et de reconstruction des serres appelle un investissement de 1,5 million d’euros

Périgueux

Delphine Labails, maire de Périgueux ©SBT

FERME URBAINE ET ÉCONOMIES D’ÉNERGIE

Le plan lumière avec une extinction progressive de l’éclairage public, en concertation avec les quartiers concernés, entre 23 h et 6 h, devrait permettre une baisse de ces dépenses de 25 % d’ici la fin du mandat, en plus de préserver la biodiversité et de favoriser l’observation céleste. Le projet alimentaire, avec la volonté de créer une ferme urbaine en préparation avec le lycée agricole, débute par une analyse des sols et terrains de la ville : cette ferme devrait voir le jour au Gour de l’Arche l’an prochain, initiative doublée d’un déplacement des serres municipales du quartier Saint- Georges vers ce site à proximité du golf. « Nous ne pourrons pas assurer aussitôt une autonomie pour les 300 000 repas annuels de restauration collective que nous reprendrons en 2023 », sourit la maire de Périgueux.

UN INVESTISSEMENT DE 1,5 MILLION D’EUROS.

Un effort porte sur les écoles avec près de 6 millions d’euros pour la rénovation de trois d’entre elles. L’un des budgets les plus importants, de 7,8 millions d’euros, va permettre au stade municipal de se transformer en parc des sports et des loisirs sur la période 2022-2024, avec une volonté de transversalité des usages ; une démarche qu’illustre déjà la réhabilitation du gymnase Clos-Chassaing en pôle socio-culturel et sportif de proximité. Les études chiffrées par l’agence technique départementale ouvrent de bonnes perspectives pour le secteur du bâtiment. Delphine Labails s’attache à rénover et adapter des structures existantes plutôt qu’à produire de nouvelles constructions, « avec une volonté forte d’économiser l’énergie sur notre patrimoine ». À plus long terme, sur la base du projet urbain Périgueux 2010 imaginé à l’époque en partie pour Saint-Front, Delphine Labails prévoit une coulée verte autour de la cathédrale, vers les quais de l’Isle, une perspective qui prendrait aussi en compte la rue Taillefer, un axe reliant les boulevards à ce haut-lieu touristique. Cette rue, autrefois très commerçante, mérite un renouveau : c’est en commençant par elle que ce plan d’ensemble serait lancé.

UN MASTER ARTS ET DESIGN

L’adjoint chargé de la culture, Rodolphe Delcros, a détaillé la création d’un master Arts, Design et Politiques publiques, en lien avec l’École nationale des Arts décoratifs et le Grand-Huit de Nouvelle-Aquitaine (écoles d’art publiques). Cette formation sera installée dans la revitalisation de la friche de la Seita, dans le quartier de la gare. On y travaillera sur des enjeux de mobilité, d’accessibilité, de lisibilité, de signalétique, d’écologie et d’inclusion, dans le cadre d’un double diplôme avec l’école d’origine. La première promotion est attendue en 2024, mais une préfiguration est annoncée au premier semestre 2022 avec un workshop d’une dizaine de jours, pour une quinzaine d’étudiants. Ce nouveau pôle mobilise un budget de 6,8 millions d’euros. DomoFrance est propriétaire de l’ensemble de la Seita pour la partie logements avec, dans le cadre du programme national Action Cœur de Ville, un projet de réhabilitation pour de nouvelles formes d’habitats, dans une approche intergénérationnelle et de mixité sociale. En juin prochain, toujours autour du design, une première biennale des métiers d’art se tiendra sur le thème « Moments d’exception ». Des journées d’études sur les droits culturels (critères d’évaluation, instruments juridiques, etc.) sont en préparation, tout comme la création d’un festival hip-hop pour la rentrée de septembre 2022 (histoire, danse, graff, mix).