Couverture du journal du 02/12/2020 Consulter le journal

Prix littéraires 2019

Comme chaque année, l’effervescence a régné dans l’univers de l’édition, en novembre, avec une pluie de prix toujours plus nombreux. Des plus confidentiels aux plus prestigieux, quel bilan pour cette saison ?

Elle attendait sa consécration, mais finalement Amélie Nothomb n’a pas décroché le Goncourt. Pourtant favorite, elle l’a raté de peu avec Soif (Albin Michel), son roman christique. C’est Jean-Paul Dubois qui a remporté le prestigieux prix avec Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même
façon
(L’Olivier). Dans ce roman, le Toulousain met en scène Paul, un personnage désabusé, en détention au Québec, et reprend ses thèmes de prédilection : l’héritage familial, l’usure des sentiments et de la vie de couple. Côté Renaudot, le jury a sorti, comme souvent, de son chapeau un lauréat qui ne figurait pas sur la liste des finalistes : La Panthère des neiges (Gallimard) de Sylvain Tesson qui raconte sa dernière épopée sur les hauts plateaux tibétains. Laurent Binet, connu pour son fameux HHhH et pour avoir suivi la campagne de François Hollande, a reçu le prix de l’Académie Française avec Civilizations (Grasset), où il revisite l’Histoire, imaginant la conquête de l’Europe par les Incas. Le Femina a, quant à lui, été attribué à un premier roman très remarqué Par les routes (Gallimard) de Sylvain Prudhomme, un road movie sur les traces d’un auto-stoppeur et la multitude de destins qui s’offrent à lui. 

GALLIMARD GRAND GAGNANT

Finalement peu de femmes récompensées pour ce cru 2019. Heureusement, Karine Tuil rafle pas moins de deux prix : l’Interallié et le Goncourt des Lycéens avec Les Choses humaines (Gallimard), le déchirement jusqu’à l’explosion d’un couple de pouvoir face à l’emballement médiatico-judiciaire d’une affaire de viol. Sofia Aouine obtient le prix de Flore pour son premier roman Rhapsodie des oubliés (La Martinière), qui raconte les aventures d’Abad, un ado, le quotidien de son quartier la Goutte-d’Or et l’odyssée de ses habitants. L’autobiographie de l’actrice prisée des cinéphiles Bulle Ogier, obtient, quant à elle, le prix Médicis essai avec J’ai oublié (co-écrit avec Anne Diatkine, au Seuil). Il faut compter également sur les étrangères avec Audur Ava Olafsdottir, auteure de Miss Islande, prix Médicis du roman étranger, ou encore l’Irlandaise Edna O’Brien (Girl, Sabine Wespieser), prix Femina spécial pour l’ensemble de son œuvre. Outre les premiers romans, cette année voit la consécration des vieux routards de la littérature. On récompense aussi une œuvre, et des auteurs qui écrivent depuis des années. C’est le cas de Luc Lang qui reçoit le prix Médicis pour La Tentation (Stock), une tragédie moderne servie par une écriture magnifique. Enfin, s’il ne fallait désigner qu’un grand gagnant pour cette course folle, ce serait sans nul doute Gallimard. Cette année encore, la maison d’édition récolte quatre prix, et pas des moindres : les Renaudot, Femina, Goncourt des lycéens et Interallié.