Couverture du journal du 21/07/2021 Consulter le journal

Ressources en eau : ça coule de source

Alors que la pénurie en eau doit inquiéter l’Humanité à l’échelle mondiale, l’agence de l’eau Adour-Garonne invite chacun à donner son avis sur les grands enjeux de l’eau du territoire. Les professionnels sont bien sûr concernés.

source eau

Pour mémoire, l’Agence de l’eau Adour-Garonne est chargée de mettre en œuvre les orientations de la politique publique de l’eau sur l’espace du bassin hydrographique qui couvre 1/5e du territoire national dans le grand Sud-Ouest. L’avenir de l’eau du bassin de la Dordogne souffre des conséquences du changement climatique, notamment une baisse des débits et une dégradation de la qualité de l’eau. Face à cette situation préoccupante, acteurs de l’eau et citoyens se sont réunis le 20 mai lors d’un forum digital pour identifier les points d’amélioration et passer à l’action. Objectif : reconquérir la qualité de la ressource et passer de 60 % de bon état des rivières à 85 % en 2027. Ces échanges vont nourrir la consultation publique autour du Schéma directeur d’aménagement et de gestion de l’eau (lire encadré) lancée le 1er mars afin de collecter les avis, coordonner les actions, fixer les objectifs et les orientations de la politique de l’eau pour les années 2022-2027.

État des lieux aquatiques

La question de l’impact provoqué par le changement climatique sur le bassin de la Dordogne (Dordogne, Isle, Dronne, Vézère principalement) appelle des adaptations en priorité sur les bassins de l’Isle et de la Dronne, où les incidences sur l’eau seront fortes : alors que les pressions de prélèvements sont déjà importantes, la baisse des débits prévue par les modèles est de l’ordre de 30 %. Les petits affluents de la Dordogne, non réalimentés, seront aussi très impactés par la baisse du niveau de l’eau plus précoce, plus sévère et plus longue. À l’horizon 2050, la sécheresse des sols sera plus rapide au printemps qu’elle ne l’est aujourd’hui, impliquant des adaptations agricoles.

Le bassin de la Dordogne apparaît le plus vulnérable au changement climatique

Le bassin de la Dordogne apparaît le plus vulnérable au changement climatique : la préservation des territoires montagneux, l’effacement d’ouvrages ou la réduction des pollutions à la source sont autant d’actions à mettre en œuvre pour ne pas limiter les capacités d’évolution de la nature du fait de pressions humaines. Pour réduire l’impact et préserver les ressources, l’agence préconise de préserver et réhabiliter les fonctionnalités des milieux aquatiques (réduction de l’impact des barrages, zones humides, etc.) ; de réduire les pollutions diffuses, en particulier d’origine agricole ou sylvicole, et de traiter les pollutions ponctuelles d’origines individuelle ou collective ; de gérer la ressource en eau dans une optique de satisfaction des usages prioritaires (eau potable) et économiques (agriculture, industrie, loisirs nautiques, etc.) ; de préserver les têtes de bassins versants en vue de faciliter une gestion équilibrée des ressources sur le bassin ; de préserver les ruisseaux en état et la biodiversité associée (moules perlières, poissons migrateurs) et, bien sûr, de lutter contre les effets du changement climatique. Les contributions sont toujours possibles sur le site.

Les enjeux du SDAGE dans le Grand Sud-Ouest

  • Supprimer les pollutions domestiques : 600 des 4 500 centres de traitement des eaux usées restent à rénover d’ici
  • Diminuer les pollutions diffuses, en priorité sur 95 captages pour l’alimentation en eau potable.
  • Maintenir un débit suffisant dans les rivières sur 65 points de référence pour assurer l’équilibre de la ressource en eau.
  • Préserver et restaurer les fonctionnalités des milieux aquatiques en équipant un millier d’ouvrages pour assurer la libre circulation des poissons et sédiments.
  • Assurer la gouvernance de l’eau par des schémas d’aménagement et de gestion des eaux (Sage) sur l’ensemble du bassin.

Le Schéma directeur d’aménagement et de gestion de l’eau prévoit 3,1 milliards d’euros d’investissements pour la période 2022-2027, soit 516 millions d’euros par an.

 

Cantines locales et européennes

La Commission européenne vient de reconnaître la démarche « Bio et local dans les cantines » engagée depuis 2015 par le Département pour approvisionner les collèges publics. Son expérience de labellisation Ecocert l’a en effet conduit à participer à un appel à projet Horizon 2020 de la Commission européenne « Stratégie de la Ferme à l’Assiette » lié au Pacte Vert européen. Ce projet associe la Dordogne à 33 autres partenaires de 12 pays européens, durant quatre ans, pour trouver des solutions afin de passer à une alimentation saine et durable, provenant de la terre, des eaux intérieures et de la mer, et accessible à tous les citoyens de l’UE, y compris les plus démunis et vulnérables, sans oublier les établissements scolaires.

La Commission européenne a confirmé au Conseil départemental qu’elle retenait le projet déposé, intitulé « School Food 4 Change ». Cela représente une enveloppe de près de 300 000 euros pour la Dordogne.