Couverture du journal du 23/09/2020 Consulter le journal

Salon Nautique Arcachon dans le vent

Pour sa 6e édition, du 12 au 14 avril, le salon nautique d’Arcachon veut prendre une nouvelle dimension. Il met les bouchées doubles sur les animations et met en avant l’innovation.

C’est l’année de la nouveauté. Le Salon nautique franchit un nouveau pas », annonce d’emblée Alain Vivien, directeur général du port d’Arcachon. Si l’événement qui lance la saison sur le Bassin avait réuni l’an dernier 44 000 visiteurs, il vise cette année les 50 000 amateurs, passionnés ou simplement curieux, pour sa 6e édition, du 12 au 14 avril. Il rassemblera 161 exposants (contre 123 en 2018) et 450 bateaux, sur 30 000 m2 d’espaces de démonstrations, avec son lot de nouveautés. Au programme : la présence du trois mats « Le Marité », dernier terre-neuvier en bois du patrimoine français, l’organisation d’un tournoi de joutes nautiques par les Sétois, invités d’honneur, une nocturne le samedi avec son et lumière. Et, comme les organisateurs l’avaient annoncé en 2018 : le premier salon de l’occasion destiné aux professionnels comme aux particuliers. À voile, à moteur, pour la pêche ou le loisir, 50 bateaux seront exposés à terre et 30 à flot.

ENTRE PATRIMOINE ET ENVIRONNEMENT

Si le salon nautique d’Arcachon commence à voir plus grand, il ne vise pas le gigantisme de son voisin rochelais. « Nous souhaitons, au contraire, conserver notre identité, en réunissant toutes les activités tournées vers la mer et en mettant en avant nos savoir-faire », revendique Alain Vivien. Dans ce secteur d’activité phare du territoire qui représente 58 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 114 établissements et 450 salariés, le pôle AOC patrimoine (Arcachon Origine Constructeur) fera la part belle aux grands chantiers navals labellisés pour employer des professionnels et des matériaux locaux. Et, une attention toute particulière sera portée aux nouveautés de l’industrie nautique. Deux tables rondes seront ainsi dédiées, samedi matin, aux découvertes les plus récentes en matière d’enjeux environnementaux. Avec Yves Parlier (Beyond the sea), local de l’étape, qui a conçu avec son équipe le Liberty kite, une voile inspirée des cerfs-volants du kitesurf permettant de tracter des bateaux de toute dimension, avec le vent comme source d’énergie. Le navigateur y évoquera aussi le Sea Lab au sein duquel il travaille avec Thalès sur un hydroplaneur passif équipé de technologies renouvelables. Le Médocain Lalou Roucayrol y présentera les nouvelles technologies dont sera équipée la nouvelle version de son nouveau trimaran Multi50 Arkema d’ici 2020. Il y sera bien sûr aussi question du bateau en matériaux 100 % recyclables, doté d’hydrogénérateurs et de panneaux solaires, du skipper autrichien Norbert Sedlacek. Remis à l’eau le 29 mars aux Sables d’Olonne pour une nouvelle phase de tests, il devrait se lancer en juillet dans un tour du monde, en solitaire et sans assistance. L’occasion de tester de nouvelles méthodes d’ingénierie en conditions extrêmes.

TECHNOLOGIES NOUVELLE GÉNÉRATION

Pour découvrir les avancées technologiques les plus récentes, on filera au pavillon COBAS BA2E. L’agence de développement économique du Bassin d’Arcachon Val de l’Eyre Expansion y accueillera 15 start-up locales. Pinball Boat (La Teste de Buch) dévoilera son catamaran électrique hybride nouvelle génération, annoncé pour septembre 2019. ETM Marine (Gujan-Mestras), spécialisée dans les systèmes d’accostage et d’amarrage, proposera sa solution connectée permettant aux navigateurs de connaître la disponibilité des bouées dans les ports de plaisance et de réserver en temps réel. À leurs côtés, DPS (Drone Protect System), développeur d’un système de vidéo-surveillance par drone des sites sensibles, mais aussi des parcs ostréicoles et des ports. Le public, appelé à voter pour la création la plus performante ou la plus utile, pourrait être séduit par Valen qui vient d’obtenir un prix mondial de l’innovation au salon nautique de Miami pour son produit lustrant qui permet de faire disparaître les rayures sur les coques des bateaux. « Ce temps fort constitue une belle occasion de susciter des rencontres entre les entreprises et de jouer le rôle de catalyseur », se réjouit Alain Vivien. Autant de jeunes pousses qui pourraient jouer un rôle au sein du cluster Croissance bleue, lancé en février 2018 par la Région Nouvelle-Aquitaine, pour structurer un écosystème autour de l’économie de la mer.