Couverture du journal du 28/02/2024 Le magazine de la semaine

Toulouse : La Glanerie, 20 ans de trouvailles

Créée en 2003, la Glanerie récupère, valorise et revend plusieurs centaines de tonnes d’objets récoltés sur neuf déchetteries de Toulouse Métropole. L’association sensibilise également à l’environnement et au tri des déchets.

glanerie, ressourcerie, recyclage, vintage, rétro, toulouse

Le magasin de la Glanerie impasse de la Glacière à Toulouse © Maxime Fayolle

Une fois franchie la grande porte du hangar impasse de la Glacière à Toulouse, c’est la caverne d’Ali Baba qui se présente à nous ! Des frigos, des machines à laver, des vélos, des jeux, des vêtements … Chaque objet est ensuite soigneusement réparti en différents ateliers dont s’occupent les membres de la Glanerie. « On répare ce qu’on peut, dans la mesure du possible », explique Valérie Idrac, la directrice de la Glanerie. « Sur les meubles en bois, on peut bricoler un peu. En ce qui concerne l’électroménager, on va pouvoir réparer de petites pannes comme des résistances grillées, mais on ne fera pas de miracle ! »

En 2022, on a récolté 332 tonnes d’objets qui allaient être jetés en déchetterie

L’objectif est de diminuer le nombre d’objets jetés en déchetterie et de leur donner une deuxième vie. Pourtant, à la création en 2003, cette activité de ressourcerie n’existe pas encore. « C’était l’ambition de départ, mais on a concrétisé cela à partir de 2009. Auparavant, on faisait de la prévention grand public à l’environnement, au tri des déchets, à la valorisation. » Une activité qui continue encore aujourd’hui d’ailleurs, alors que Toulouse Métropole a récemment élargi ses consignes de tri pour diminuer le poids des ordures ménagères.

glanerie, ressourcerie, recyclage, vintage, rétro, toulouse

Les meubles en bois sont parfois retravaillés par les salariés de la Glanerie © Maxime Fayolle

Plus de 2 000 tonnes récoltées

Pour récolter les objets, tout se passe en déchetterie. « Nous avons installé des conteneurs dans neuf déchetteries de Toulouse Métropole (cinq à Toulouse + Ramonville, Cugnaux, Saint-Alban et l’Union, ndlr) » Sur place, les agents valoristes font un diagnostic de ce qui peut être réutilisé et ce qui doit être jeté. « L’an passé, ce sont 332 tonnes d’objets qui ont pu être récoltées », calcule Valérie Idrac. L’addition monte à plus de 2 000 tonnes depuis la création de l’association.

L’objectif est de diminuer le nombre d’objets jetés en déchetterie et de leur donner une 2e vie

On trouve de tout dans les déchetteries toulousaines et même parfois des petits trésors raconte Valérie Idrac. « Il nous est arrivé de revendre des fauteuils de designers 3 500 euros pièce. Il nous arrive de récupérer des bijoux, des toiles signées … parfois les gens ne se rendent pas compte de la valeur. On trouve aussi de l’argent en cash dans des tirelires ou à l’intérieur de meubles. Une fois, on a même récupéré un tuk-tuk ! On l’a un peu remis au goût du jour et on l’a revendu ! »

La Glanerie se lance également dans la collecte de mobilier professionnel. « On va dans les entreprises et on récolte les bureaux, tables, chaises en bon état et on les revend. » La directrice de la Glanerie a récemment répondu à un appel d’offres de Toulouse Métropole concernant l’achat de mobilier de bureau. « Depuis, 2021, la loi oblige les collectivités à avoir une part de fournitures issues du réemploi. » Une façon de faire des économies et un geste pour l’environnement.

Deux tiers de contrats d’insertion

La Glanerie a également un but social. Aujourd’hui, sur les 60 salariés qui y travaillent, les deux tiers en contrats d’insertion. Ils sont formés par des encadrants techniques et tournent sur tous les postes (collecte, valorisation, revente). En moyenne, ces personnes restent entre 12 et 14 mois dans l’association. Des conseillers professionnels les aident ensuite à trouver un autre emploi.

Lors de la visite du grand hangar, Valérie Idrac s’arrête devant un atelier qui lui tient particulièrement à cœur. « Ici c’est couture et culture ! Regardez, au fond, on a des machines à coudre. On récupère de grandes bâches publicitaires qu’on découpe pour fabriquer des sacs à main, des besaces ou des sacoches pour vélo. » Un travail qui demande un certain coup de main et un peu d’expérience.

glanerie, ressourcerie, recyclage, vintage, rétro

La fabrique de sacs à partir de bâches publicitaires © Maxime Fayolle

En magasin, les sacs « made in Glanerie » se vendent bien, tout comme le reste des objets récoltés d’ailleurs. « On a de plus en plus de monde, particulièrement depuis le Covid, explique Valérie Idrac. Aujourd’hui, les gens ont le réflexe d’acheter d’occasion. Pour des raisons économiques bien sûr, mais aussi écologiques. On produit encore trop et on génère trop de déchets. » La clientèle variée a bien compris le message. Entre le magasin impasse de la Glacière et celui avenue de la Gloire à Toulouse, l’association a réalisé 450 000€ de ventes en 2022.