Couverture du journal du 30/09/2020 Consulter le journal

Carsac-Aillac : un jardin à « fleur d’eau »

Avec ce printemps imprévisible, les Jardins d’eau de Carsac, près de Sarlat, ont pristout leur temps pour s’épanouir en cette 20e année d’ouverture au public.

L’histoire commence un peu avant le 1er juillet 2000, le temps qu’il faut pour faire fleurir un projet fou. Claude, Didier et Steven Bernard voyaient déjà se dessiner leurs jardins d’eau, par la grâce d’une imagination fertile, là où les profanes faisaient simplement face à plusieurs hectares de champs et de prairies. Au lieu-dit Saint-Rome, en surplomb de la Dordogne et face à la forêt des Druides, il n’y avait pas meilleur endroit pour faire surgir, tel un mirage, un jardin aquatique et des végétations lacustres. Durant toute une année, la famille a entrepris de sculpter des reliefs et creuser des bassins, inventer des décors entre terre et eau, apprivoiser un univers éloigné de la beauté naturelle et sauvage du Périgord. Le paysage composé avec soin, tout en finesse, avec une profusion de pétales et de corolles inconnus sous nos latitudes, va de passerelles en fontaines ruisselantes, d’étangs fleuris en cascades, de ponts de bois en nymphéas dignes du Giverny de Monet. Des trésors exotiques, venus de tous les continents, se sont adaptés au climat local, avec une capacité de croissance insoupçonnée. 

Tout un écosystème

Ce milieu d’exception abrite des nuées de libellules et d’insectes, des grenouilles et des carpes Koï, des oiseaux colorés. Tout au long du parcours, des bancs invitent à une étape méditative. Le parc est assez grand pour laisser à chaque visiteur un espace de liberté, afin d’oublier les contraintes de masques et de gel. Le Jardin a dû compter avec huit semaines de confinement pour éclore de nouveau cette saison aux yeux des visiteurs et s’étire enfin dans sa maturité. On y savoure un festival des sens mêlant des parfums légers et capiteux, un éblouissement à fleur d’eau sur le labyrinthe final (le premier d’Europe, 3 000 m2), la caresse du vent. La famille Bernard ne cesse d’enrichir la promenade avec des variétés inédites, par petites touches… impressionnistes, bien sûr. Le ministère de la Culture a attribué au site le label Jardin remarquable dès 2012. Il est aussi membre à part entière du catalogue planétaire de la très prestigieuse International Waterlily & Water Gardening Society (IWGS – Virginie – USA), qui avait choisi Carsac l’été dernier comme l’une des grandes étapes de son symposium annuel.