Couverture du journal du 06/04/2024 Le nouveau magazine

VR-Hexagone : un virtuose du virtuel

Quentin Gérardin, 36 ans, a créé l’entreprise VR-Hexagone, à Lalinde, en 2021, passant maître dans l'art des visites virtuelles et des techniques de réalité augmentée. Rencontre avec un technophile visionnaire de plus en plus plébiscité par les constructeurs, architectes et maîtres d'œuvre.

Quentin GÉRARDIN, Créateur de VR-Hexagone

Quentin GÉRARDIN, Créateur de VR-Hexagone © Loïc Mazalrey - La Vie Economique

La Vie Economique : Vous avez fait du virtuel votre nouvelle réalité professionnelle. Avec quels résultats concrets ?

Quentin Gérardin : « L’entreprise a fêté son troisième anniversaire en janvier 2024. Je suis encore tout seul à y travailler, mais je suis en mesure de proposer trois prestations différentes : les relevés en 2 ou 3D, les visites virtuelles et les produits intégrant la réalité augmentée. »

LVE : Par quel volet de l’activité avez-vous commencé ?

Q. G. : « J’ai débuté dans le métier en réalisant des relevés en 2 ou 3D pour des professionnels du BTP à l’aide d’un scanner et d’un drone. Les données collectées renseignaient mes clients sur les dimensions et les caractéristiques d’un espace physique, qu’il s’agisse d’un bâtiment, d’un site géographique, d’un futur chantier. »

LVE : Très vite, ce service a été plébiscité par les constructeurs, les architectes ou encore les maîtres d’œuvre. Mais vous avez souhaité aller plus loin…

Q. G. : « J’ai cherché à développer les visites virtuelles, puis tout ce qui faisait appel à la réalité augmentée. On a souvent tendance à mélanger les deux notions, mais elles renvoient chacune à des réalités très différentes. La visite virtuelle permet à l’utilisateur de toucher du doigt un environnement auquel il n’a pas accès physiquement et d’interagir avec lui. A contrario, la réalité augmentée est une technique utilisée pour ajouter des éléments virtuels dans un environnement réel. »

Suggérer une première visite sous une forme virtuelle aux clients est le moyen le plus sûr de savoir si les gens trouvent la maison ou l’appartement à leur goût

LVE : À qui s’adressent vos prestations ? À une clientèle locale ?

Q. G. : « Je ne me suis pas mis de barrières géographiques. Comme son nom l’indique, VR-Hexagone vise une clientèle nationale. Je propose mes visites virtuelles aux propriétaires d’hébergements touristiques, aux conciergeries ou aux agents immobiliers. Je travaille également avec des responsables de salles de sport ou encore avec des organisateurs de salons et des foires professionnels, Rest’hôtel, le salon de l’hôtellerie-restauration française étant un exemple parmi d’autres. »

LVE : Quelle plus-value êtes-vous en mesure de leur apporter ?

Q. G. : « La visite virtuelle contribue à valoriser un produit. Récemment, le patron d’un hôtel des Hautes-Alpes m’a demandé de mettre en valeur les équipements de son établissement dévolus à l’accueil de séminaires ou à la réception d’événements. À cela, s’ajoute un possible gain de temps pour les clients. Imaginez un agent immobilier qui chercherait à cibler les personnes les plus intéressées par un bien immobilier. Suggérer une première visite sous une forme virtuelle à ces clients est encore le moyen le plus sûr de savoir si les gens trouvent la maison ou l’appartement à leur goût avant de se rendre sur place pour un tour du propriétaire. »

Mon travail doit contribuer à valoriser le bien sans chercher à maquiller la réalité

LVE : Comment avez-vous eu l’idée de surfer sur la tendance du virtuel ?

Q. G. : « Je suis un technophile, un geek qui suit les tendances technologiques du moment depuis toujours. J’ai acheté mes premiers outils avant même que j’imagine me lancer un jour dans le virtuel. J’arrivais d’un tout autre milieu. J’ai travaillé pendant douze ans à la Fedd, une entreprise spécialisée dans la fabrication de composants électroniques (voir LVE n° 2593 du 24/01/2024). J’y suis entré en 2008 comme manutentionnaire après mon CAP de peintre en bâtiment. L’opportunité m’a été donnée d’évoluer dans l’entreprise au gré des différents projets qui y ont été menés. J’ai été associé à la mise en place d’un premier process, puis d’un autre et ainsi de suite. »

LVE : Vous auriez pu intégrer une entreprise spécialisée dans le virtuel comme salarié…

Q. G. : « J’ai eu envie de monter ma propre société. Mon père a toujours rêvé de créer la sienne, mais il est décédé brutalement d’un cancer avant de pouvoir mener son projet à terme. C’était pour moi, le moment ou jamais de faire le grand saut. »

LVE : Êtes-vous nombreux à travailler dans le secteur du virtuel en Dordogne ?

Q. G. : « Nous ne sommes pas très nombreux à proposer ce service. Pour autant, je ne verrais pas d’un mauvais œil que le secteur s’étoffe un peu car les gens ne connaissent pas ou mal notre activité. »

LVE : Il y a probablement beaucoup de questions sur la manière dont vous travaillez…

Q. G. : « C’est exact. Les gens sont curieux de voir avec quels instruments je travaille. Ils sont souvent impressionnés par la caméra équipée de scanners qui pivote à 360 degrés pour capturer les images dans le moindre détail. »

LVE : Il n’est pas toujours simple de travailler dans un environnement qui n’est pas le sien. Dans quelle mesure vos clients peuvent-ils vous faciliter la tâche ?

Q. G. : « Je passe plusieurs heures sur place, trois heures environ pour un espace de 50 mètres carrés. Je leur demande de désencombrer les pièces dans la mesure du possible. Mon travail doit contribuer à valoriser le bien sans chercher à maquiller la réalité. »