La main sur la lourde porte qu’il ouvre depuis 24 ans, Laurent Lacoste est précautionneux : « Vous allez rencontrer une très vieille dame ». Derrière le métal, un nuage de vapeur porte une odeur de paraffine, dans cette atmosphère moite et inhabituelle ; c’est d’abord un ballet qui se joue. Sans faux pas, trois énormes manèges répètent les gestes millimétrés, trempant les mèches qui, au fil des bacs, se transforment en cierges. Pour les yeux qui le découvrent, le spectacle est fascinant. À l’autre bout de la pièce, d’autres gestes occupent l’espace et au-dessus de tubes qui servent de moules, les bras coulent la matière. Alors que le premier process permet la fabrication de cierges de 31 grammes à 1 kg, le second est réservé aux plus grands qui peuvent atteindre 70 kg pour 1,70 m. Cette entreprise est la seule en France à les produire : « Ils étaient conçus pour durer le temps d’un pèlerinage soit 3 ou 4 jours », explique le directeur. En quelques mots, l’esprit de la manufacture est posé : elle ne ressemble qu’à elle-même.
Un contrat avec Notre-Dame de Paris
Née en 1928, la Ciergerie de Lourdes reste farouchement attachée aux traditions qui sont les siennes mais la modernité la rattrape. Faire s’épanouir les deux est un équilibre précieux que Laurent Lacoste s’évertue de conserver. Au cœur de la ville, les murs semblent parfois bien étroits pour les 450 tonnes de cierges qui y sont fabriqués tous les ans. Ces chandelles dédiées au culte sont complétées par des bougies décorées sur place et surtout des votives. Des petites veilleuses qui ont mis la Ciergerie sous les feux des projecteurs lorsqu’elle a remport…