Parti de zéro en achetant une licence de transport en Lot-et-Garonne, Roland Pascal a su surfer sur l’essor du transport scolaire et de l’explosion du tourisme pour développer son activité à la fin des années 60. Après avoir répondu à la demande de quelques associations locales pour des courts séjours au bord de l’océan ou dans les Pyrénées, il obtient une licence d’agence de voyages en 1975 et crée, les Voyages Pascal. « On fabriquait les voyages en trouvant les guides, les hôtels et les excursions. Tous les autocaristes avaient aussi une agence de voyages », se rappelle Philippe Pascal, qui a pris le relais familial en 1993.
Le défi de l’exploitation
Entré au service comptabilité en 1985, le directeur actuel a d’abord subi l’épreuve du feu pour tout autocariste : la gestion du planning ou plutôt de l’exploitation pour reprendre le terme utilisé chez les professionnels du transport de voyageurs. « Il s’agit de mettre un chauffeur à chaque prestation », résume Philipe Pascal en ajoutant que s’il n’est pas difficile, l’exercice est pleinement chronophage. Avec des véhicules qui circulent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, il faut en effet être disponible à toute heure pour répondre aux innombrables imprévus qui peuvent survenir sur la route. Habitué à voir son père travailler souvent de 5 h à 23 h, Philippe Pascal s’est pris de passion pour ce métier dans lequel il s’est totalement investi. Pour plus de flexibilité, il vit même à quelques centaines de mètres de son entreprise.
Transporteur du SUA
Sous sa direction, le nombre d’autocars a doublé pour afficher aujourd’hui 68 véhicules. Parmi eux, deux bus facilement identifiables sont dédiés au SUA Rugby. Conçus pour transporter des rugbymen, ils offrent des conditions confortables exceptionnelles et sont loués à de fidèles clients en dehors des déplacements du club. Un héritage familial qui remonte à 1976. Grand amateur de rugby, Roland Pascal se chargeait lui-même de conduire le bus du SUA qui jouait alors les premiers rôles du rugby français. Si les anecdotes de 3e mi-temps restent bien gardées derrière les portes du bus, Philippe Pascal concède toutefois que les haltes gastronomiques étaient souvent gargantuesques !
Quel avenir pour les carburants ?
Séparée en deux entités (Voyages et Autocars Pascal), l’entreprise familiale compte 75 salariés, dont 68 conducteurs, et 3 sont dédiés à l’agence de voyages. Avec un chiffre d’affaires stable de 5 millions d’euros, l’activité se répartit à 50 %, pour les autocars, entre le transport scolaire et le transport occasionnel (clubs seniors, clubs sportifs, CE…) avec de plus en plus de demandes privées notamment pour les mariages. Si le secteur du transport de voyageurs n’a jamais subi de crise profonde depuis la guerre du Golfe, l’autocariste surveille de près les événements actuels au Moyen-Orient. De quoi se poser la question d’un changement de mode transport ? Philippe Pascal est prêt à changer ses véhicules tournant au diesel pour du GNV : « Le gaz, c’est 30 % plus cher quand l’électrique l’est 4 fois plus ! On y viendra et nous sommes prêts à nous adapter. Nous le proposons lors des appels d’offres pour le transport scolaire, mais la décision finale se fait toujours sur le critère économique. Il faut laisser encore un peu de temps à la recherche ».

Philippe Pascal, dirigeant des Autocars Pascal ©Mathieu Dal’zovo – La Vie Economique
Transfer domicile-aéroport
Les Voyages Pascal fonctionnent quant à eux comme une agence de voyage traditionnelle. Face à la concurrence de l’avion et des tours-opérateurs sur internet, ils peuvent compter sur des clients fidèles qui préfèrent utiliser le bus. En plus d’un service après-vente qui permet de régler d’éventuelles difficultés, l’entreprise agenaise offre des services supplémentaires. Elle se charge notamment de la demande de visas, mais propose surtout des transferts allers-retours entre le domicile et les aéroports de Bordeaux ou de Toulouse. Un avantage certain (économie de frais de transport et de parking), issu de l’héritage familial des autocaristes historiques qui ont su développer l’activité de transport avec celle du voyage.
L’entreprise se charge notamment de la demande de visas