Couverture du journal du 01/06/2026 Le nouveau magazine

L’Urssaf au plus près du terrain

Expert-comptable basé à Bayonne, Pascal Combeau a pris, en mars 2026, la présidence de l’Urssaf Aquitaine. À la tête d’un territoire couvrant les départements de Gironde, Dordogne, Lot-et-Garonne, Landes et Pyrénées-Atlantiques, il détaille sa feuille de route, entre simplification des démarches, accompagnement des entreprises et renforcement de la proximité territoriale.

Pascal Combeau, Urssaf Aquitaine

Pascal Combeau, président de l’Urssaf Aquitaine © Cyril Garrabos - La Vie Economique

La Vie Économique : Qu’aimeriez-vous concrètement mettre en place durant votre mandat ?

Pascal Combeau : Mon rôle de président est de représenter le conseil d’administration de l’Urssaf, qui rassemble paritairement des organisations syndicales, patronales et de salariés. Notre objectif principal est d’assurer le bon fonctionnement de l’organisme. Nous pouvons ensuite impulser certaines orientations destinées à améliorer le service rendu. Les trois axes majeurs de transformation de l’Urssaf sont la simplification des démarches, le renforcement de l’accompagnement des usagers et la proximité avec les territoires. Certains sujets me tiennent particulièrement à cœur, comme le CPSTI, représentation des travailleurs indépendants gérée par l’Urssaf. Par des fonds d’aide sociale, il permet d’apporter un soutien financier ponctuel en cas de difficulté, comme lors des inondations dans le Lot-et-Garonne et la Dordogne.

LVE : Pourquoi ce sujet vous tient-il à cœur ?

P. C. : L’Urssaf octroie, en cas de difficultés, un nombre important de délais de paiement à l’ensemble des catégories d’usagers. Au-delà de ce soutien, via le CPSTI, l’Urssaf dont la mission première est la collecte, sort de son rôle d’origine en apportant une aide financière directe aux entreprises. Cette dimension d’accompagnement me semble essentielle.

LVE : Vous faites le lien entre le monde de l’entreprise, les organisations patronales et les institutions publiques. Est-ce, selon vous, indispensable pour présider l’Urssaf Aquitaine ?

P. C. : Tous les présidents d’Urssaf ne sont pas experts-comptables, mais je considère que c’est un atout. Cela me permet une vision équilibrée. Je rencontre quotidiennement des chefs d’entreprise et je suis également engagé dans des organisations patronales, notamment à la CPME. Parallèlement, mon action au sein de l’Urssaf Aquitaine et les liens que j’entretiens avec l’Urssaf Caisse nationale me permettent d’avoir une vision globale des enjeux. Le conseil d’administration de l’Urssaf Aquitaine reflète cet équilibre, avec autant de représentants des salariés que des employeurs.

LVE : En plus de cette présidence, de vos autres mandats et activités, comment vous organisez-vous ?

P. C. : Je suis associé au sein du groupe d’expertise comptable Sogeca. Mes associés prennent une part plus importante du travail pour me permettre de me libérer du temps et de m’investir dans cette mission citoyenne. L’Urssaf me mobilise chaque trimestre pour les conseils d’administration, avec un important travail de préparation. J’assure également un rôle de représentation, notamment lors de signatures de conventions, et j’échange très régulièrement avec le directeur sur le fonctionnement de l’organisme.

LVE : L’Urssaf Aquitaine couvre cinq départements aux réalités économiques très différentes. En quoi cette dimension territoriale est-elle une spécificité de votre action ?

P. C. : En tant que président, je me rends au siège à Bordeaux, mais nous disposons aussi d’antennes et d’équipes dans les départements, ce qui implique une présence sur le terrain. Nous nous appuyons sur des conseils départementaux, récemment installés, qui font le lien avec le conseil d’administration régional. Ils permettent d’être au plus près de la réalité économique locale et d’adapter l’action de l’Urssaf à chaque territoire.

LVE : La facturation électronique deviendra obligatoire en septembre 2026. Cette évolution peut-elle améliorer l’efficacité de l’Urssaf ?

P. C. : L’Urssaf a déjà engagé sa transformation numérique, notamment avec la déclaration sociale nominative (DSN). Nous ne sommes pas directement concernés par la réforme de la facturation électronique, mais elle va dans le bon sens. La dématérialisation permet de fluidifier les échanges entre les entreprises, de simplifier leur fonctionnement, de contribuer, indirectement, à améliorer notre efficacité.

L’Urssaf a déjà engagé sa transformation numérique, notamment avec la déclaration sociale nominative (DSN)

LVE : Quelles sont aujourd’hui les principales actualités de l’Urssaf ?

P. C. : L’une des évolutions importantes est la DSN de substitution. Elle permet d’identifier et de corriger plus facilement les anomalies déclaratives qui persistent malgré les corrections des employeurs. Je citerais également la réforme des cotisations des travailleurs indépendants. Sans entrer dans les détails techniques, elle vise, sans augmenter les contributions, à mieux les répartir, au bénéfice de la retraite et de l’assurance maladie.

LVE : Une autre actualité à partager ?

P. C. : Oui, un projet qui me tient particulièrement à cœur : notre portail numérique TIHM, qui s’adresse aux travailleurs indépendants en situation de handicap. Imaginé par les équipes de l’Urssaf Aquitaine, en partenariat avec de nombreux acteurs institutionnels, c’est une initiative innovante qui facilite leurs échanges avec l’organisme. Nous sommes aujourd’hui en phase de test pour le compte de l’Urssaf Caisse nationale. C’est un très beau projet, utile et porteur de sens.

LVE : Vous êtes l’un des sept vice-présidents du Conseil national de l’Ordre des experts-comptables, en charge du secteur « Influence et simplification ». Qu’est-ce qui motive cet engagement ?

P. C. : J’ai été élu au Conseil national de l’Ordre des experts-comptables en décembre 2024, puis nommé vice-président en décembre 2025. Cet engagement me permet de me mettre au service de ma profession. En charge du secteur « Influence et simplification », nous avons pour mission de faire entendre la voix des experts-comptables auprès des décideurs. Nous devons rappeler leur rôle central, notamment lors des réformes fiscales, sociales ou administratives, pour la mise en œuvre desquelles ils sont en première ligne. Nous travaillons également à proposer des évolutions législatives pour simplifier la vie des entreprises. C’est un enjeu majeur aujourd’hui.

Pascal Combeau, Urssaf Aquitaine

Installation du conseil départemental de l’Urssaf à Anglet (Pyrénées-Atlantiques) en avril 2026 © D. R.

LVE : À un an de l’élection présidentielle, qu’attendez-vous des promesses de simplification des candidats ?

P. C. : Nous sortons ici du rôle de président de l’Urssaf. Au niveau de l’Ordre des experts-comptables, je souhaite que nous ayons un rôle à jouer. L’objectif est d’être force de proposition, de rencontrer les candidats et de porter des mesures concrètes de simplification. Nous devrons être pleinement acteurs de ces évolutions.

L’Urssaf Aquitaine teste le portail TIHM pour simplifier les démarches des indépendants en situation de handicap

L’Urssaf Aquitaine : chiffres 2025

782 collaborateurs en CDI sur 7 sites

485 965 usagers

39 milliards d’euros encaissés

900 partenaires bénéficiant de la collecte

7 253 contrôles

83,1 millions d’euros de redressements, dont 22 millions d’euros de redressements et 61,1 millions d’euros de redressements liés à la lutte contre le travail illégal

6,8 millions d’euros de restitutions

1 771 aides pour un total de 3,9 millions d’euros accordés

19 946 délais de paiement accordés

Source : Urssaf Aquitaine, chiffres 2025