Maison Arvouet : les bonnes recettes d’une transmission

C’est l’une des plus anciennes adresses artisanales de la filière gras en Dordogne. La quatrième génération Arvouet, au Buisson-de-Cadouin, a cédé l’affaire à Clément de la Raitrie, qui ne manque pas de projets.

Maison Arvouet

Le nouveau dirigeant est déjà membre du bureau de l’association Foie gras Périgord. © Loïc Mazalrey - La Vie Économique

Les aïeux de Jean-Yves Arvouet conduisaient les volailles grasses, vivantes, jusqu’aux marchés voisins. On parlait alors d’activité de regrattier. Puis la famille a excellé dans les produits frais et transformés, les foies bien sûr mais aussi des saucissons de canard à la recette inégalée. C’est toute la réputation acquise et l’ensemble de l’actif patrimonial (le nom, l’équipe fidèle, les méthodes et recettes, le stock, les murs) – sans oublier le lien avec les éleveurs, en IGP Périgord – que vient d’acquérir Clément de la Raitrie, tout désigné pour cette succession : racines voisines, en Lot-et-Garonne, dix ans commercial pour le groupe Versicolor (univers de la chasse) puis dans l’agroalimentaire, directeur d’une laiterie dans une importante ferme aux portes de Paris. Sa dernière étape, près de Périgueux, n’a duré que cinq mois : elle lui a donné le goût du Périgord et la volonté de s’y établir « en sortant du confort du salariat ».

Un rêve réalisé

Truffe ou canard : c’était son rêve. La vente de sa maison dans les Yvelines et l’aide de son frère, gestionnaire de patrimoine, lui ont permis de le réaliser, avec le Crédit Agricole, l’accompagnement d’Initiative Périgord et du cabinet Fidal, à Périgueux. Et pour se sécuriser davantage, il a fait appel à des amis conseillers pour un audit et confié l’analyse du laboratoire à un ancien de la direction des services vétérinaires.

Nouvel habillage

Le lien fort entre cédant (qui avait refusé des propositions depuis deux ans) et repreneur s’est tissé « grâce au contact établi par la chargée des transmissions à la CCI Dordogne » : accord en juillet 2025, vente finalisée en janvier dernier. La maison a su s’adapter depuis 1970 et le nouveau dirigeant veut continuer à la faire grandir. « On ne va pas tout révolutionner, mais ajouter quelques recettes aux références traditionnelles. » Changement bien visible, le nouvel habillage a été confié à une agence spécialisée dans l’agroalimentaire avec laquelle il a déjà travaillé, pour une gamme plus identifiable. « Le tout en gardant l’imprimeur local, à Belvès », souligne le conserveur qui reconduit les partenariats existants. La relève est prise aussi sur les réseaux sociaux et la prochaine étape devait ripoliner le camion aux nouvelles couleurs de la maison Arvouet.

Passer le cap du million

L’un des salariés, arrivé en stage à 14 ans, est toujours là 37 ans plus tard : c’est la mémoire de l’équipe de sept personnes, chacun ayant sa spécialité sur fond de polyvalence, de la découpe des volailles entières à la vente sur les marchés. Si le dirigeant devait créer un poste, ce serait au commercial ou à la gestion d’atelier, pour s’alléger d’une mission tout terrain qu’il a apprise aux côtés de Jean-Yves Arvouet, du choix des foies au réglage de l’autoclave.

Maison Arvouet

Le saucisson de canard, un produit d’appel original. © Loïc Mazalrey – La Vie Économique

Présence en épiceries fines

Mai, juillet et août sont abondés par la clientèle touristique. Le dirigeant prévoit une présence sur des salons une fois par mois, mais « la fin d’année se passe ici, à l’atelier et au magasin ». L’affaire fonctionne à 90 % avec la boutique, 7 % avec les professionnels et le reste avec le site Internet. Un équilibre que Clément de la Raitrie veut faire évoluer avec les coffrets pour entreprises, avec son carnet d’adresses parisien, et la présence en épiceries fines et belles adresses locales, « nous sommes à La Médocaine, des contacts sont en cours avec Caviar de Neuvic et la Trappe d’Échourgnac ». Tout cela pour faire passer, d’ici deux ans, la barre du million au chiffre d’affaires actuel de 900 000 euros. « Mon business plan est prudent, en fait j’espère davantage. »

L’affaire fonctionne à 90 % avec la boutique

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