Après plusieurs vagues de chaleur et plusieurs mois sans précipitations suffisantes, les quelques bruines de ces derniers jours rafraîchissent l’atmosphère mais ne changent pas la donne pour les Hautes-Pyrénées. Le département connaît en effet une sécheresse des sols qualifiée d’inédite, un phénomène qui affecte fortement les milieux naturels mais aussi les activités humaines, au premier rang desquelles l’agriculture, confrontée à des pertes de rendement records. Face à cette situation exceptionnelle, le préfet des Hautes-Pyrénées a réuni, le 5 août, les principaux acteurs du territoire : collectivités locales, syndicats de rivières, associations de protection de l’environnement, représentants agricoles et services de l’État. L’objectif était clair : dresser un état des lieux de la ressource, examiner les restrictions déjà mises en œuvre et anticiper les conséquences des prochaines semaines.
Pas d’amélioration significative en vue
Les perspectives présentées lors de cette réunion sont peu encourageantes. Aucun épisode pluvieux significatif n’est annoncé au cours du mois d’août. Les nappes ont atteint un niveau bas record et les réserves constituées pour assurer le soutien d’étiage affichent des niveaux historiquement faibles pour la saison. Dans ces conditions, les débits naturels des cours d’eau devraient continuer à diminuer. La préfecture estime que « les usages devront s’adapter afin de préserver en priorité l’alimentation en eau potable, la sécurité incendie et la salubrité » et ce jusqu’à la fin du mois d’octobre.
Restrictions généralisées
La ressource destinée à l’eau potable commence elle aussi à montrer des signes de tension : plusieurs réseaux du département sont placés en vigilance ou connaissent déjà des difficultés quantitatives. Les pouvoirs publics appellent donc l’ensemble des acteurs du territoire à limiter leurs consommations et à relayer les mesures d’économie d’eau auprès de la population. Plusieurs arrêtés préfectoraux ont été pris afin de réduire les prélèvements et préserver la ressource. Pour les usages provenant du réseau d’eau potable, les restrictions s’appliquent uniformément sur l’ensemble des Hautes-Pyrénées. Les prélèvements directs dans le milieu naturel font, eux, l’objet de mesures adaptées à la situation de chaque cours d’eau.
L’agriculture sous contrainte
Pour l’irrigation agricole, l’objectif fixé est une réduction de 50 % des prélèvements. Selon les secteurs et les cours d’eau concernés, cette diminution passe par la mise en place de tours d’eau avec des jours d’interdiction d’arrosage, par des restrictions horaires empêchant l’irrigation pendant la journée ou encore par une réduction de l’alimentation des canaux. Les modalités précises varient selon les bassins et sont détaillées dans les différents arrêtés préfectoraux. Vigilance accrue sur le respect des restrictions Toutes les communes des Hautes-Pyrénées ont été informées des mesures actuellement en vigueur. Dans ce contexte hydrologique exceptionnel, les services de l’État annoncent enfin une vigilance accrue sur le respect des restrictions. Une campagne de contrôles doit être menée conjointement par la police nationale, la gendarmerie nationale et l’Office français de la biodiversité. Les arrêtés et leurs annexes sont consultables auprès de la Direction départementale des territoires et sur le site de la préfecture des Hautes-Pyrénées. Le détail des restrictions applicables localement est également disponible sur Vigieau.
Des usages de l’eau réglementés
L’arrosage des pelouses, espaces verts et massifs fleuris est désormais interdit. Celui des terrains de sport, y compris les centres équestres et circuits de motocross ou de VTT, est limité à deux fois par semaine, entre 20 heures et 8 heures. Les potagers peuvent toujours être arrosés, mais uniquement durant cette même plage horaire. Le lavage des véhicules est également interdit, sauf dans les installations commerciales professionnelles utilisant la haute pression ou un système de recyclage de l’eau. Même interdiction pour le lavage des trottoirs, façades et toitures. Le remplissage des piscines est suspendu, à l’exception de la première mise en eau des constructions neuves.