Couverture du journal du 14/02/2024 Le magazine de la semaine

A2C : Process L’école de la patience

Alain Chapoulie est devenu sur le tard chef d'entreprise en créant A 2C process, une entreprise généraliste de conception et de conseil en ingénierie implantée à Prigonrieux, près de Bergerac, et en plein développement.

Alain Chapoulie, PDG fondateur d’A2C Process

Alain Chapoulie, PDG fondateur d’A2C Process © Loïc Mazalrey - La Vie Economique

Il n’y a pas d’âge pour créer sa boîte. Alain Chapoulie, 53 ans, en avait 46 quand il a créé A2C process, une entreprise généraliste de conception et de conseil en ingénierie installée à Prigonrieux, dans la périphérie de Bergerac. Le quinquagénaire n’est pourtant pas de ceux qui ont toujours rêvé d’être patron. Son BTS en dessin industriel en poche, le Bergeracois s’est d’abord épanoui comme salarié en travaillant successivement dans l’aéronautique, la construction de nacelles élévatrices ou encore le traitement des nuisances sonores. « Je bossais chez PSI insonorisation, à Singleyrac depuis presque dix ans, quand je me suis porté candidat à sa reprise, » se souvient Alain Chapoulie. Mais sa proposition a été refusée.

Une deuxième occasion lui file sous le nez

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, le Bergeracois a alors décidé de poursuivre son bonhomme de chemin en intégrant les rangs d’une chaudronnerie bergeracoise, à Bergerac comme chargé d’affaires. Une nouvelle expérience couronnée de succès : « L’effectif est passé de 6 à 24 salariés pour pouvoir absorber les commandes qui se présentaient à l’entreprise », se rappelle le patron d’A2C process. Est-ce parce qu’il n’y a pas trouvé son compte en tant que salarié ? À la même période, le quadragénaire a cherché à reprendre l’entreprise Lasertech, à Cunèges, près de Bergerac. Sans succès, la société lui a filé sous le nez. « Sur le moment, j’ai été déçu d’être passé à côté, mais avec le recul, je me suis aperçu combien cet échec m’avait servi pour la suite », concède Alain Chapoulie. Les reprises d’entreprise ne voulaient pas lui sourire ? Le Bergeracois a fait le grand saut en 2016 en créant sa propre entreprise A2C process à Sigoulès. « Je me suis lancé seul, mais j’ai rapidement proposé à deux anciens collègues de la chaudronnerie Cabert de m’accompagner dans l’aventure en leur cédant des parts de l’entreprise », évoque le quinquagénaire.

Un carnet de commandes qui se remplit à la vitesse de la lumière

Pari réussi. La société A 2C voit son carnet de commandes se remplir à la vitesse de la lumière et son chiffre d’affaires décoller par la même occasion. « Beaucoup de clients se sont tournés vers nous en espérant obtenir une réponse que d’autres ne pouvaient leur apporter, confie le patron d’A2C. Très vite, les locaux de Sigoulès deviennent trop petits pour abriter l’activité en pleine croissance de la PME. Alain Chapoulie et ses deux associés doivent déménager. Ce sera de l’autre côté de la Dordogne, à Prigonrieux, où l’entreprise Bergerac Déménagements s’apprête à libérer un bâtiment de 3 000 mètres carrés érigé sur une parcelle de 18 000 mètres carrés. « Quand nous sommes arrivés en 2020 à Prigonrieux, je ne vous cache que les locaux étaient un petit peu trop grands pour nous mais nous nous sommes entendus avec le papetier Bernard-Dumas, installé à Creysse, pour lui en louer une partie à des fins de stockage », explique l’entrepreneur. Trois ans plus tard, les stocks de Bernard-Dumas sont toujours sur le site de l’entreprise, mais plus au même endroit. « J’ai racheté un bâtiment de 2 400 mètres carrés bâti à côté du nôtre pour y transférer les produits de Bernard-Dumas et faire de la place dans nos propres locaux ».

A2C

La modélisation en 3D des pièces est une étape capitale © Loïc Mazalrey – La Vie Economique

Des investissements lourds

C’était la condition sine qua non pour permettre à l’entreprise de continuer à développer son activité. En 2021, A2C a investi 450 000 euros dans l’achat d’une cabine de thermolaquage XXL, qui n’existait encore nulle part ailleurs dans le Bergeracois. Même chose en 2022, lorsque la société a investi dans une machine à découper le laser. « Nous sommes très heureux de pouvoir en faire bénéficier les entreprises du tissu économique local dans un secteur qui reste encore relativement enclavé, souligne Alain Chapoulie. Nous avons un tissu industriel dense avec des pépites qui méritent d’être accompagnées dans leur propre réussite ».

Je me suis lancé seul, mais j’ai rapidement proposé à deux anciens collègues de m’accompagner dans l’aventure en leur cédant des parts de l’entreprise

A2C process, l’entreprise des solutions

Problème de fumées, de bruit, de poussière ? Risque de blessures ou de troubles musculosquelettiques (TMS) ? A 2C process propose des solutions aux industriels pour améliorer les conditions de travail de leurs salariés. Plusieurs grandes entreprises lui ont déjà fait confiance, à l’instar de Ratier, un sous-traitant d’Airbus implanté dans le Lot, ou de Philaposte, le gestionnaire de l’usine de timbres de La Poste basée à Boulazac, aux portes de Périgueux. « Ces deux sociétés nous ont demandé l’une et l’autre de réfléchir à un dispositif qui protège leurs collaborateurs en production du risque de TMS », explique le patron d’A2C process, dont les équipes sont passées maître dans l’art de la « cobotique », cette technologie qui encourage la construction de robots collaboratifs. « Le robot est là pour soulager le salarié, mais c’est bien le salarié qui garde la main sur le processus de production », indique Alain Chapoulie.