La Vie Economique : Quelles sont vos projections pour l’économie en Dordogne pour 2024 ?
Christophe Fauvel : « Lorsqu’il y a des crises, en Dordogne, il y a toujours un décalage de 6 mois / 1 an avant qu’on ressente cette crise. La situation en Périgord est mitigée, et il y a des contrastes : des entreprises avec des carnets de commandes pleins, et d’autres qui vivent presque au jour le jour. L’année va être difficile, mais on prévoit une baisse des taux bancaires d’ici l’automne et qui devrait s’amorcer plus vite que prévue. L’inflation est aussi toujours présente, mais jugulée. Cependant les entreprises doivent conserver leurs marges, et doivent augmenter les prix tarifs. Or les clients n’ont pas toujours envie de jouer le jeu car ils ont leurs propres contraintes. »
LVE : Le tourisme est-il toujours autant une composante majeure de l’économie périgourdine ?
C. F. : « Le tourisme représente entre 20 et 25 % du PIB périgourdin, c’est donc une part éminemment importante, mais c’est une activité à fort risque financier. Les banques sont frileuses pour accompagner des projets, et c’est une activité fragile économiquement et soumise à des contraintes. J’ai échangé avec un restaurateur qui a 25 salariés ; pour une dizaine d’entre eux, il a dû faire 160 contrats en une année, il y a un turn-over extraordinaire, et ce sont des coûts pour rien. »
LVE : L’avenir de l’économie périgourdine réside donc dans les PME et l’industrie ?
C. F. : « C’est l’avenir de l’économie tout court. Pour 1 € produit dans l’industrie, 3 à 4 € ruissellent sur le territoire. Mais aujourd’hui, au-delà de la volonté politique de relancer l’industrie, il y a des freins très importants comme la loi zéro artificialisation nette : si on n’a pas de foncier, comment on réindustrialise le Périgord ? En France nous avons aussi des impôts de production plus élevés que nos voisins européens. Il faut reprendre la souveraineté sur ce secteur stratégique pour lequel on a un savoir-faire et une haute valeur ajoutée. En Bergeracois, on peut se féliciter d’avoir Eurenco, longtemps vu comme un handicap qui a pu priver de foncier en étant Seveso 2, mais aujourd’hui c’est une opportunité avec un retour à « l’é…