La période était bien choisie pour parler urgence climatique. En pleine canicule, le 25 juin, le CJD Toulouse (Centre des Jeunes Dirigeants) avait réuni près de 700 personnes au Casino-Théâtre Barrière, à Toulouse, pour sa grande Soirée Prestige. Le réseau d’entrepreneurs, dont l’ambition est de « mettre l’économie au service du Vivant » a profité de l’événement pour interpeller ses invités, parfois même les bousculer dans leurs certitudes, et leur proposer d’être acteurs de la soirée au cours d’une conférence immersive intitulée : « Pourquoi la transition n’aura pas lieu ? Changeons les règles du Je ».
L’individu
Alors que la question du changement climatique ne fait plus débat (climatosceptiques exclus), le CJD s’est interrogé sur les raisons de notre inertie collective et les conditions nécessaires à l’action. Guest-star de la soirée, Albert Moukheiber, docteur en neurosciences cognitives renommé, est venu apporter des éclairages sur la question. Selon le scientifique, l’inaction ne s’explique pas uniquement par des facteurs individuels, même si l’individu y contribue par ses habitudes, ou des biais cognitifs. Pour autant l’individu, pris seul, pourra difficilement résoudre la crise climatique car il aura du mal à modifier ses comportements.
Les autres
C’est là qu’intervient le collectif. « Pour agir, il faut que cela soit possible », annonce en préambule Albert Moukheiber. Autrement dit, si je décide de ne pas soutenir la fast fashion qui contribue au changement climatique, « il faut que d’autres personnes créent des alternatives ». Dans cet exemple précis, il existe d’autres solutions, telles que la plateforme label-emmaüs fondée il y a 10 ans par Maud Sarda, en réaction au développement d’Amazon. « Nous avons souhaité proposer une alternative radicale avec des produits de seconde main accessibles en ligne. Depuis 10 ans, nous avons formé 4 000 personnes éloignées de l’emploi et créé 1 000 emplois », a expliqué la fondatrice, invitée du CJD.

Albert Moukheiber, docteur en neurosciences cognitives © Adrien Nowak – La Vie Economique
La collaboration
Par ailleurs, la collaboration est une clé de l’action réussie. Albert Moukheiber cite en exemple les murmurations d’oiseaux : ces déplacements harmonieux de nuées d’oiseaux. « Pendant longtemps, on n’a pas su comment faisaient les oiseaux. Dans les années trente, les ornithologues pensaient même qu’ils étaient télépathes. C’est dans les années quatre-vingt qu’on a compris que ce système fonctionne simplement : chaque oiseau essaye de suivre la cadence des autres, la direction des autres, et de ne pas percuter les autres oiseaux ! » Un exemple qui prête à sourire mais montre qu’il n’y a pas besoin de structure hiérarchique pour fonctionner ensemble. « On n’a pas non plus besoin de changements immenses pour agir », conclut le scientifique qui appelle chacun d’entre nous à ne pas se décourager.
« On n’a pas besoin de changements immenses pour agir »
CJD 31 : Un nouveau binôme à la présidence
Succédant à Thomas Gonzalez, Antoine Micouleau et Magali Peyrot ont pris leurs fonctions de coprésidents du CJD Toulouse le 1er juillet. « C’est Antoine qui a été désigné président et qui m’a demandé d’être sa coprésidente. On a intégré le CJD en même temps en septembre 2023, et ça a été pour moi une très belle rencontre », confie Magali Peyrot. Les deux coprésidents voient dans ce nouveau rôle « une façon de rendre au CJD » tout ce qu’il leur a apporté. Pour chaque mandat, qui dure deux ans, la présidence choisit une thématique, un fil rouge. Pour Antoine et Magali, ce sera Faire moins mais mieux. « Dans une période où il faut toujours aller plus vite, être partout, notre but est de stopper cette machine et de se recentrer sur l’essentiel », explique Magali Peyrot. Âgé de 34 ans, Antoine Micouleau est à la tête de deux restaurants toulousains qui proposent une « cuisine durable » : Aux Pieds sous la table et Le Soulier. Magali Peyrot, 43 ans, est avocate spécialisée en droit du travail, associée au sein du cabinet toulousain Lumio Avocats.

Antoine Micouleau et Magali Peyrot, coprésidents du CJD 31 © Adrien Nowak – La Vie Economique