Couverture du journal du 26/01/2022 Consulter le journal

Des budgets pour la santé

33,6 millions d’euros d’aides reviennent aux établissements périgourdins pour améliorer l’offre et l’accompagnement dans le cadre du Ségur de la santé.

© Pexels

La déclinaison du plan d’aides Ségur pour la Nouvelle-Aquitaine, menée par l’Agence régionale de santé avec les acteurs locaux concernés, mobilise 33,6 millions d’euros en Dordogne pour moderniser le  système de santé dans les dix prochaines années. 22 établissements sanitaires et 2 médico-sociaux vont en bénéficier pour répondre aux besoins de la population en proximité et améliorer l’attractivité du Périgord aux yeux des professionnels de santé. Ils pourront faire évoluer l’offre de santé pour mieux répondre à l’évolution démographique (vieillissement de la population, développement de maladies chroniques…), permettre l’accès aux innovations technologiques et organisationnelles, dans le cadre d’une prise en charge coordonnée avec tous les acteurs concernés.

La totalité des établissements sanitaires sont concernés compte tenu des enjeux en ruralité. Il s’agit d’abord de moderniser l’offre de soins et d’hébergement en restructurant des bâtiments anciens, en facilitant l’accès aux nouvelles technologies et en intégrant le développement durable. Les soins de proximité seront renforcés en lien avec les communes, tout comme les investissements courants de la vie quotidienne. Les établissements les plus endettés seront aidés. Si les chantiers de construction ou travaux de modernisation sont bien visibles, d’importants financements plus discrets sont consacrés au développement de services et à l’évolution des conditions de travail. Les Ehpad et structures liées aux handicaps reçoivent 2,5 millions d’euros.

PUBLIC ET PRIVÉ CONCERNÉS

Le Centre Hospitalier Jean Leclaire de Sarlat connaît une situation financière dégradée depuis plusieurs années : une aide de 6,8 millions d’euros lui a été attribuée au titre de la restauration des marges, « une bouffée d’air pour le renouvellement courant de matériels techniques chers essentiels pour un établissement MCO (médecine, chirurgie, obstétrique) comme le nôtre », assure Anne Rousselot-Soulière, directrice déléguée. Le niveau d’investissement nécessaire à la qualité des soins pourra ainsi être maintenu sans forcément recourir à l’emprunt. L’établissement va recevoir 374 000 euros pour « Investir au quotidien » et 1,158 million d’euros au titre de la réduction des inégalités de santé. De plus, une grande opération de restructuration technique et fonctionnelle du site principal est prévue pour 40 millions d’euros (aides à venir).

L’hôpital privé Francheville à Périgueux, qui a réalisé de gigantesques travaux en 2020, déploie une activité importante de chirurgie, de traitement des cancers et de néphrologie. L’établissement dirigé par Pierre Malterre a reçu 180 000 euros majoritairement dédiés à la qualité de vie au travail des professionnels, notamment pour la prévention des troubles musculo-squelettiques (matériel de manutention et dispositifs informatiques pour faciliter la communication des professionnels entre eux). La polyclinique a souhaité mettre l’accent sur le confort et la récupération des patients avec l’acquisition de plafonds à LED avec paysage afin de reproduire les cycles de lumière naturelle.

Au-delà de la qualité et de l’accès aux structures de soins, ces aides contribueront à optimiser les conditions de travail pour les professionnels en place et à venir.

LE GRAND ÂGE, UNE RÉALITÉ EN DORDOGNE

L’Ehpad de Neuvic-sur-l’Isle (65 places) est en voie de reconstruction avec une extension de dix places, pour offrir de meilleures conditions d’accueil aux résidents, avec une chambre individuelle, et une qualité de vie au travail pour les personnels. Avec ce transfert, l’Ehpad sera plus ouvert sur l’extérieur, pour favoriser les échanges et liens intergénérationnels. Ce projet éva- lué à 10,5 millions d’euros recevra 1,8 million d’euros de l’ARS au titre des projets structurants et 380 000 euros du Département.

Le Centre hospitalier Samuel-Pozzi de Bergerac et la clinique Pasteur ont décidé de créer une filière chirurgicale mixte (public-privé) regroupée sur un même plateau-technique : l’activité chirurgicale de la clinique sera transférée sur le site du Centre hospitalier dans le cadre d’une mutualisation des blocs opératoires, dont l’organisation sera confiée à la clinique. Ce dispositif passera par l’évolution du Groupement de coopération sanitaire de moyens, déjà existant entre les deux structures, qui exploitera les autorisations de chirurgie. Ce projet entraîne également la reconversion du site de la clinique sur le développement et la diversification des soins d’aval. La réalisation de ce projet global s’élève à 7 461 705 euros, avec une aide d’un million d’euros pour la Clinique (aide en cours d’instruction pour l’hôpital qui reçoit par ailleurs 12 millions d’euros au titre de la restauration des marges, 612 000 euros pour « Investir au quotidien » et 660 000 pour la réduction des inégalités de santé).

L’Ehpad du Centre hospitalier de Périgueux (483 places réparties sur deux sites) porte un ambitieux projet de reconstruction estimé à 40 millions d’euros pour moderniser et diversifier l’offre médico-sociale pour les résidents et leurs familles (hébergement temporaire et d’urgence, accueil de jour, accueil de nuit, espaces pour les aidants et accès à la citoyenneté avec des tiers lieux). L’accueil permanent s’oriente vers de petites unités dont l’architecture facilitera la gestion de possibles crises sanitaires, une amélioration aussi pour les personnels. L’opération s’inscrit dans le projet plus global de réorganisation entre le Centre hospitalier de Périgueux et sa dépendance de Lanmary.

ségur santé

© D. R.