Couverture du journal du 21/10/2020 Consulter le journal

Des moyens pour la rivière Dordogne

Le projet « LIFE rivière Dordogne » préparé par Epidor est l’un des trois projets français retenus par la Commission européenne sur plus de 600 candidatures : 8,8 millions d’euros seront alloués à des opérations de conservation et de restauration de la rivière.

L’établissement public Epidor, créé en 1991 et présidé par Germinal Peiro, rassemble sept Départements et la Région Nouvelle-Aquitaine. Gestionnaire du domaine public fluvial, c’est aussi la structure coordinatrice de la réserve de biosphère Unesco du bassin de la Dordogne, inscrite dans cette liste internationale en 2012. Certains usages, passés ou actuels, impactent l’état écologique du cours d’eau et ses milieux : jusqu’en 1982, les extractions de galets ont creusé profondément la rivière au détriment des zones humides riveraines ; et la présence des grands barrages a modifié le régime hydrologique de la Dordogne, en freinant le transit des sédiments utiles à la vie de la rivière.

Pour améliorer l’état global de la rivière et des milieux aquatiques riverains, Epidor a structuré un programme d’action sur 6 ans (2020-2026)

Pour améliorer l’état global de la rivière et des milieux aquatiques riverains, Epidor a structuré un programme d’actions sur six années, de 2020 à 2026, qui représente un budget de 8,8 millions d’euros, financé à 60 % par l’Union Européenne dans le cadre de ses pro- grammes LIFE-Nature (soit 5,3 millions) et à 26 % par l’Agence de l’Eau Adour Garonne (soit 2,3 millions). Les 14 % restants, soit 1,2 million, sont financés par les porteurs de projet regroupés dans le partenariat (Epidor, Office français de la Biodiversité, collectivités territoriales, Union nationale des industries des carrières et des matériaux, Association nationale des élus de Bassin et European centre for river restoration). Les principales actions concernent la restauration de bras morts et d’anciens sites industriels d’extraction de granulats ; la maîtrise foncière comme outil de conservation d’espaces naturels remarquables, des actions pilotes de restauration de zones de reproduction (ou frayères) des poissons migrateurs (saumons, aloses et lamproies), l’amélioration des connaissances et la diffusion d’expériences, l’information et la sensibilisation. Soit trente chantiers de restauration des milieux naturels sur 280 km de vallée, au bénéfice du patri- moine fluvial, naturel, culturel et humain.

 

SENSIBILISER LES RIVERAINS ET LES USAGERS DE LA RIVIÈRE

Si ces actions vont améliorer l’état de la  rivière,  la qualité des milieux naturels et la biodiversité, elles vont aussi susciter un indéniable impact socio-économique puisque le programme va générer une activité directe pendant six ans mais aussi renforcer l’image de marque et l’attractivité des grandes vallées du bassin de la Dordogne. Le programme repose sur des partenariats forts, qui pourront assurer une résonnance internationale : l ’agence de l ’eau Adour Garonne, l’Office français de la biodiversité, l’Union nationale des industries des carrières et des matériaux (UNICEM), l’Association nationale des élus de bassin (ANEB), les fédérations départementales de pêche, le ministère de la Transition écologique et solidaire, les services déconcentrés de l’État et le préfet coordonnateur du bassin de la Dordogne. Plusieurs collectivités sont aussi impliquées directement dans la mise en œuvre : en Dordogne, il s’agit des communautés de communes Pays de Fénélon et Vallée Vézère et des communes de Carsac-Aillac et de Saint-Chamassy ; en Gironde : de la commune de Saint-Avit-Saint-Nazaire. Des collabo- rations et des échanges auront lieu avec des gestionnaires d’autres grands fleuves européens et d’autres réserves de biosphère dans le monde, ceci grâce aux relations qu’Epidor entretient avec le comité français « Man and Biosphere », le réseau international des réserves de biosphère et le Centre Européen pour la Restauration des Rivières (European Centre for River Restoration – ECRR).

 

UN CHANTIER EXEMPLAIRE

En 2015, une action ambitieuse a permis la reconversion d’un ancien site industriel en site naturel. Près de 15 hectares ont été rendus à la nature et à la rivière Dordogne en lieu et place de l’ancienne gravière de Veyrignac, au sud-est du département. Pendant plusieurs années, les gravières ont permis d’extraire de la rivière une ressource essentielle pour la construction : le galet. Une fois trié et calibré, le galet était utilisé tel quel ou concassé pour construire des routes, des bâtiments ou des ouvrages  d’art, etc. Ces prélèvements dans la   rivière Dordogne ont totalisé près de 3 millions de m3 en Dordogne. Sur le site de cette ancienne gravière, cela représente un matelas de 2 m d’épaisseur soustrait à la rivière. Des suivis écologiques sont effectués chaque année sur  le site de Veyrignac depuis la fin des travaux de restauration écologique, vérifiant une recolonisation du milieu par des espèces autochtones et de nombreuses espèces protégées.