Couverture du journal du 21/07/2021 Consulter le journal

[ Nouvelle-Aquitaine ] Les experts-comptables au rendez-vous

Prestation de serment des nouveaux diplômés, actualité de la profession, rapport sur son évolution et conférence sur la thématique de la relance. L’assemblée générale de l’Ordre des Experts-Comptables de Nouvelle-Aquitaine qui s’est tenue à Saint-Émilion le 18 juin était particulièrement stratégique et dense dans son contenu.

Mikaël Hugonnet Experts-Comptables

Mikaël Hugonnet © Atelier Gallien

Carton plein pour l’assemblée générale de l’Ordre des Experts-Comptables de Nouvelle-Aquitaine. Il faut dire que le cadre était idyllique : le château Soutard à Saint-Émilion, le temps magnifique, et la bonne humeur au rendez-vous après des mois de reconfinement. 133 nouveaux experts-comptables, dont 52 Girondins, ont ainsi prêté serment en la présence de leur marraine de promotion, Stéphanie de Boüard-Rivoal, PDG du château Angélus. L’occasion pour Mikaël Hugonnet, président de l’Ordre régional de rappeler : « L’expertise comptable voit son champ d’intervention s’élargir et ses missions se diversifier d’année en année », avant de marteler : « c’est une profession attractive avec de l’avenir ». Une vision positive de la profession, largement partagée par Lionel Canesi, président du Conseil Supérieur qui est revenu longuement sur l’évolution du rôle et de l’image de la profession ;

Lionel Canesi © Atelier Gallien

L’expert-comptable a montré tout son rôle pendant la pandémie. Les entreprises se sont tournées vers nous.

« L’expert-comptable se place au cœur de l’économie », a-t-il insisté, « il a montré son rôle pendant la pandémie. Les entreprises se sont tournées vers nous. » La profession doit maintenant préparer ses collaborateurs et clients au changement, et accompagner la relance. À ce propos, Lionel Canesi est revenu sur les 50 propositions faites au gouvernement et a souligné que 12 mesures ont été adoptées (dont la procédure au Tribunal de Commerce simplifiée, les coûts fixes, l’étalement des dettes…), 10 sont en cours d’élaboration (dont le statut social du dirigeant…) et 8 mesures sont à l’étude (notamment les mesures de fiscalité incitative…). Lionel Canesi a également insisté sur l’image de la profession « engagée pour sauver les clients et sauver l’économie. Il faut lui donner de la visibilité, communiquer », rappelant au passage à son public qu’ils en sont les principaux vecteurs.

Christian Prat dit Hauret, Vincent Maymo et Jean-Étienne Palard © Atelier Gallien

Acteurs de la relance

L’assemblée générale a été l’occasion également d’évoquer le prochain rendez-vous des experts-comptables. Jean-Luc Flabeau, vice-président du Conseil Supérieur, a motivé les troupes à assister au prochain congrès national (sur le thème de la relance) du 6 au 8 octobre à Bordeaux, saluant au passage le précédent président girondin Alexandre Salas-Gordo qui en a été l’instigateur.

Rapport sur l’avenir et l’attractivité de la profession

Nicolas Doze © Atelier Gallien

Et c’est encore de l’avenir de la profession dont il a été question avec la présentation du rapport établi par Vincent Maymo, Jean-Étienne Palard et Christian Prat dit Hauret. Les trois universitaires ont créé en mai 2020 l’institut Sofos qui est le premier think tank des experts-comptables sur son avenir et son attractivité. Partant du constat que « la profession a de grosses perspectives de croissance », les auteurs du rapport ont tout d’abord présenté les mutations auxquelles elle doit faire face (technologique, démographique et environnementale) avant de faire émerger 9 thématiques fondamentales pour esquisser son évolution à l’horizon 2040.

« La profession a de grosses perspectives de croissance »

Enfin, la journée s’est clôturée avec l’intervention de Nicolas Doze, éditorialiste spécialisé en économie, autour du thème « France 2021 : osons regarder ce qui ne se voit pas ! ». « La Banque de France se trompe », a estimé le journaliste à propos des prévisions de l’institution sur les + 5,15 % de croissance en 2021, un retour à son niveau d’activité pour le 1er trimestre 2022, un marché résilient grâce au « Quoi qu’il en coûte » mais un chômage en augmentation à 9,3 %. Nicolas Doze a alors longuement égrené les éléments positifs et négatifs justifiant cet optimisme de la Banque de France. « Osons regarder ce qui ne se voit pas », a-t-il rappelé sur de nombreux sujets tels que l’augmentation du Smic, la baisse du temps de travail, le taux d’emploi, les niches fiscales, les investissements, la TVA, etc. Et de prévenir « L’Allemagne produit, la France consomme », dénonçant son niveau d’endettement. Et pour finir lui aussi sur une note d’optimisme, il a finalement relevé qu’elle a tout pour réussir et l’a démontré finalement.