Tout commence quand Michel Lecat plonge dans les archives de son grand-père, l’un des frères Bondier, Léon et Robert, photographes à Bergerac de 1930 à 1977. Leur vitrine, en des temps où les appareils photos sont devenus rares, est une lucarne sur les événements locaux qu’ils immortalisent. L’arrivée de travailleurs indochinois, en février 1940, est une touche « exotique » particulièrement suivie. Michel Lecat sait que cette mémoire sommeille, parmi d’autres boîtes bien rangées. C’est une conférence à Bergerac du spécialiste du passé colonial Pierre Daum, en 2012, qui lui donne envie d’en savoir plus. Il exhume un millier de négatifs.
Télescopages révélateurs
Le choc des photos : l’exposition s’ouvre sur la perspective d’un dortoir, des lits de planches à étage formant une prison surmontée de linge et, au milieu, des hommes fatigués, « colonisés, déplacés, exploités » comme…