Couverture du journal du 22/05/2024 Le nouveau magazine

Famille Laplace – Vins nouvelle génération

À Aydie, le trio de trentenaires à la tête du vignoble Famille Laplace rebat les cartes avec ses vins nouvelle génération, conviviaux et gourmands. Résolument dans l’ère du temps, les Laplace n’en oublient pas pour autant leurs racines : leur dernière cuvée, dévoilée début mai, rend hommage à l’histoire du domaine familial et à l’appellation Madiran.

Famille Laplace

Grégory, François, Bastien et Camille Laplace. © Famille Laplace

Au cœur du vignoble du Madiran sur les coteaux verdoyants du Béarn, un vent de fraîcheur souffle sur le domaine Famille Laplace. Là, trois cousins de tout juste 30 ans, quatrième génération du nom, cassent les codes et bougent les lignes avec leur nouvelle gamme de vins décomplexée. La Basse-Cour, c’est son nom, a été lancée à la sortie du Covid, lorsque Camille, Bastien et Grégory décident de reprendre les rênes du vignoble familial de 58 hectares né en 1759. Elle connaît depuis un succès certain, fruit d’une réflexion mûrie et d’un souhait évident : procurer un plaisir immédiat, notamment aux nouveaux amateurs, grâce à des vins alliant plaisir, immédiateté et fraîcheur.

Des vins festifs

Déjà, avant eux, François Laplace par ailleurs toujours président de l’entreprise familiale innovait avec sa cuvée Les Deux Vaches Rouges. Hors appellation, proposé dans une bouteille de « style languedocien », ce 100 % tannat a rapidement séduit. La Basse-Cour est née ainsi comme une suite logique. En moins de trois ans, les trois jeunes gens créent La Poule Aux Œufs d’Or, un blanc fruité, ainsi qu’un rosé nommé Les 3 Petits Cochons Roses, et également Le Vilain Petit Canard, un blanc sec cette fois-ci. Des Vins de France festifs, faciles à boire, gourmands, qui désaltèrent plus qu’ils n’accompagnent et qui sont à l’image de Camille, Bastien et Grégory : « Pour nous, le vin a toujours été un produit de partage et de convivialité. C’est dans notre éducation ».

Pour nous, le vin a toujours été un produit de partage et de convivialité. C’est dans notre éducation.

Défendre l’appelation

Ces enfants d’Aydie ayant grandi les pieds dans la vigne savent plus que nuls autres la valeur de l’héritage dont ils portent le nom. Leur nouvelle gamme n’a certainement pas pour ambition de prendre le pas sur la gamme « classique » mais bien d’instaurer un dialogue entre elles. La Basse-Cour est une porte d’entrée pour attirer les consommateurs et les amener à apprécier, aussi, les vins de garde de la Maison qui font honneur à l’appellation AOP Madiran mais aussi à l’AOP Pacherenc du Vic-Bilh. L’Origine, Le Château Aydie ou encore Odé d’Aydie… font aujourd’hui encore la renommée de Famille Laplace et du Madiran, que les trois jeunes gens ont à cœur de défendre.

Une nouvelle cuvée

C’est d’ailleurs en ce sens que leur premier chantier à leur arrivée a été de moderniser le packaging : « Nous avons d’abord décidé de changer les étiquettes et de remettre Famille Laplace au cœur de l’étiquette, au centre de la place », expliquent-ils non sans humour. « Nous voulons avant toute chose faire déguster des pro- duits de la Famille Laplace. » Le mot Madiran se fait désormais plus discret, exception faite sur le packaging de leur toute nouvelle cuvée, dévoilée début mai. « Madiran Sans Sulfites Ajoutés », vinifiée un an et demi et pro- duite à seulement 10 000 bouteilles, rend hommage à celle de 1963 avec une étiquette semblable affichant en lettres gracieuses le nom de l’appellation. « C’est « un clin d’œil à l’histoire du domaine », résument les nouveaux gérants, avec, ici, « une identité Madiran forte ».

La nouvelle cuvée est « un clin d’œil à l’histoire du domaine », avec « une identité Madiran forte.

Un CA en progression de 35%

Innovation, d’un côté, tradition de l’autre, la nouvelle génération a su trouver un juste équilibre et une ligne de conduite convaincante : depuis l’arrivée du trio en 2019, Famille Laplace, qui a adopté « le système économique d’une start-up », a vu son chiffre d’affaires progresser de 35 %. Côté commercial, l’entreprise gère désormais en interne la vente de ses 11 vins, après être sortie des GIE dont elle faisait partie. Une manière de reprendre le contrôle et surtout, d’être sur le terrain : « Notre réussite ne passera que par la dégustation et la communication », martèlent les trois jeunes gens, certainement conscients d’être les meilleurs ambassadeurs de Famille Laplace.

Famille Laplace

© D. R.

Le coup de cœur d’André Daguin

Si l’histoire de la Famille Laplace commence en 1759 grâce à Frédéric Laplace, le véritable tournant intervient dans les années 60.Le chef multi-étoilé André Daguin, qui cherche un madiran pour accompagner sa cuisine, a un véritable coup de cœur pour le vin du château d’Aydie. Il commande alors près de 5 000 bouteilles au domaine, trois années de suite. L’aventure est ainsi lancée, à laquelle se sont joints Marie, Bernard, Jean-Luc et François en créant la première production de tannat avant de passer la main à l’actuelle nouvelle génération.