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Heo Conseils : collecteur d’or bleu

Alors que l’été toulousain s’annonce une nouvelle fois caniculaire, la pose de récupérateur d’eau de pluie est une solution simple pour éviter les pénuries. Damien Dal Pra a lancé Heo Conseils en ce sens il y a trois ans.

Heo Conseils, Damien Dal Pra

Damien Dal Pra, fondateur d'Heo Conseils © Adrien Nowak - La Vie Economique

« J’adore l’eau. Dans 20-30 ans, y’en aura plus ! » Cette phrase de Jean-Claude Van Damme prêtait à sourire il y a encore quelques années. Mais le stress hydrique est bel et bien une réalité aujourd’hui, à l’heure des multiples canicules, particulièrement dans le Sud-Ouest. « Dans les prochaines années, on subira des coupures d’eau programmées pour préserver la ressource, c’est inéluctable », tranche Damien Dal Pra, fondateur d’Heo Conseils. L’homme s’y connaît. Avant de créer son entreprise il y a trois ans, il a passé plusieurs années chez Vinci et Saint-Gobain à traiter le sujet du traitement et du transport de l’eau. « Je voulais aller plus loin sur ces questions, apporter ma solution qui n’est qu’une petite goutte d’eau face à ce problème. »

Sacraliser l’eau potable

Sa solution, c’est la pose de récupérateur d’eau de pluie. Rien de révolutionnaire en soi. « Mon grand-père le faisait dans sa ferme en Dordogne pour alimenter ses toilettes ! », sourit l’entrepreneur. Un principe qu’il a amélioré et propose désormais aux particuliers et professionnels. « L’objectif, c’est d’arrêter d’utiliser de l’eau potable pour les toilettes, arroser son jardin ou nettoyer sa voiture. Surtout quand on sait qu’à quelques milliers de kilomètres, des enfants meurent par manque d’accès à l’eau potable. »

Avec une pluviométrie autour de 600 mm par an sur Toulouse et sa région, c’est la moitié des besoins en eau d’une famille de quatre personnes qui est assurée. Seuls les usages liés directement au corps ne peuvent pas être couverts par l’eau de pluie, comme la douche et la cuisine. « Mais l’eau coûte aujourd’hui trop peu cher pour que l’installation d’un tel système soit rentable pour un particulier », se désole Damien Dal Pra. À raison de 15 000 euros de travaux pour une facture d’eau de 600 euros annuels, le calcul est vite fait. « Il n’empêche que j’ai des clients qui le font par conviction environnementale. »

La Cité de l’Espace bientôt équipée

Le système trouve plutôt des clients côté professionnels, d’autant que des aides de la Région et de l’Ademe existent pour amortir l’investissement plus rapidement. Heo Conseils a déjà équipé plusieurs centres de formation d’apprentis (CFA) dont celui de Muret, au sud de Toulouse. « Ils peuvent désormais utiliser l’eau de pluie pour laver leurs outils et pour les sanitaires de l’établissement. C’est 90 % de leurs besoins », calcule le dirigeant qui y voit également un autre avantage. « On éduque ces jeunes gens qui vont transporter ces bonnes pratiques dans leurs métiers demain. »

Le système développé par Heo Conseils a également séduit La Cité de l’Espace à Toulouse. Un chantier à 800 000 euros que l’entreprise a remporté et qu’elle conduira avec deux autres entreprises. « On va les équiper de plusieurs cuves pour réutiliser l’eau de pluie en arrosage extérieur mais aussi pour le lavage des sols », détaille Damien Dal Pra. Des besoins colossaux pour le lieu culturel le plus fréquenté de Toulouse, avec plus de 300 000 visiteurs par an. À La Cité de l’Espace, Damien Dal Pra va également travailler sur le sujet des eaux grises. « On récupère les eaux de douche, de lavabo qu’on va retraiter pour les réutiliser. »

Heo Conseils, Damien Dal Pra

© Heo Conseils

Croissance raisonnée

Ces différentes solutions portées par Heo Conseils ont pour but d’économiser l’eau de la Garonne, qui fournit la Ville rose en eau potable. « Or Toulouse compte de plus en plus d’habitants, les besoins augmentent, ne serait-ce que pour l’agriculture. Et dans la tête des gens, l’eau c’est gratuit et illimité. » Deux croyances que l’entrepreneur cherche à combattre.

Son initiative a d’ailleurs été saluée et récompensée à plusieurs reprises ces dernières années. « Je pourrais prendre plus de chantiers mais j’ai envie d’être présent sur le terrain encore quelques années. » Avec un chiffre d’affaires 2025 à 600 000 euros, le million est jugé atteignable assez rapidement. À terme, l’envie de Damien Dal Pra serait d’embaucher une dizaine de personnes – contre quatre actuellement – et de rayonner sur la Haute-Garonne, le Gers voire l’Ariège.

« Nous allons prochainement équiper La Cité de l’Espace »