Couverture du journal du 01/07/2026 Le nouveau magazine

Rapic : les ressorts d’une reprise

L’entreprise Rapic, à Eyzerac, aux portes de Thiviers, change de main : Jean-Luc Besnard à sa tête depuis 20 ans cède sa direction à Thomas Barboutie, salarié de la PME spécialisée dans la fabrication de ressorts, depuis 2014.

Thomas Barboutie, Jean-Luc Besnard, Rapic

Thomas Barboutie, repreneur et Jean-Luc Besnard, ancien dirigeant de Rapic. © Loïc Mazalrey - La Vie Économique

Chez Rapic, tout est clair dès le logo : ici on fabrique des ressorts, articles en fils et feuillères, d’un diamètre de 0,2 à 20 mm. Au cœur de ce site de 3 400 m2 bordant l’emblématique RN 21, 23 salariés œuvrent à la réalisation de produits sur mesure, la spécialité de cette PME installée en Périgord vert depuis 1975. Des articles que le sous-traitant vend majoritairement à l’aérospatial (25 %), la défense (10 %) mais aussi pour les domaines de l’hydraulique, du paramédical ou encore de la robinetterie industrielle. Concrètement ? Pensez aux porte-revues à l’arrière des sièges d’avion, leurs ressorts sont très certainement fabriqués en Périgord. Tout comme ceux, beaucoup plus grands, des portes de garages.

Dans son portefeuille, l’entreprise aux 2,3 millions de chiffre d’affaires en 2025 compte 3 000 clients, dont « une cinquantaine sont réguliers et contractualisés », souligne Jean-Luc Besnard, son dirigeant. Parmi eux, des grands noms comme Safran, KSB ou encore Iton.

De salarié à dirigeant

À 61 ans, Jean-Luc Besnard qui a repris l’entreprise en 2006, laisse les rênes à Thomas Barboutie, entré dans l’entreprise en 2014. Ce diplômé d’un BTS gestion de production au lycée Albert-Claveille de Périgueux est arrivé en tant que régleur, puis a intégré le service méthode et occupe désormais le poste de directeur adjoint.

Depuis 2023, il est devenu l’ombre de Jean-Luc Besnard, pour apprendre les ficelles du métier de dirigeant, pour « voir si ça colle ». Maintenant que l’essai est transformé, le jeune Périgourdin de 36 ans doit officiellement devenir le dirigeant de Rapic en ce mois de juillet. « Ce travail est devenu une passion : la recherche pour le client qui nous confie un assemblage ou le ressort doit prendre sa fonction, c’est un challenge », relève Thomas Barboutie. Proposer à son patron de prendre sa suite a donc été une évidence. « Que quelqu’un relève le défi dans l’équipe fait plaisir. Autrement, le risque aurait été le rachat par un grand groupe, qui aurait tout emporté, et les emplois auraient été supprimés », note Jean-Luc Besnard.

Thomas Barboutie, Jean-Luc Besnard, Rapic

© Loïc Mazalrey – La Vie Économique

12 millions de ressorts

De ce site industriel sortent 12 millions de ressorts par an avec des machines produisant de 600 à 10 000 pièces par heure. « Certains de nos outils sont usinés en interne pour finir nos pièces, et une partie est faite manuellement, ce qui fait notre différence, mais est aussi gage de qualité, on voit directement si nos outils marquent, et on peut réagit tout de suite », détaille Thomas Barboutie.

Récemment, l’entreprise a investi dans une machine de finition de ses ressorts, pour meuler. « Nous avions déjà ce type de machine, mais il y avait un goulot d’étranglement à cette partie-là de l’atelier de fabrication, en raison de la hausse de la demande ». Un équipement plus récent a donc été acquis pour 200 000 euros.

Des ressortiers comme Rapic, il en existe une soixantaine en France, sans pour autant que la concurrence soit rude. « Chacun a ses spécificités et ses marchés de niche, Rapic, c’est le sur-mesure. » Pourtant, des formations de ressortiers, il n’en existe qu’une en France à Fontainebleau. À Eyzerac, la formation se fait donc en interne, et le recrutement se joue donc sur l’humain, caché derrière les ressorts.

Rapic produit 12 millions de ressorts par an

Présidence de l’UIMM

Jean-Luc Besnard est également président de l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM) de la Dordogne. Bien qu’il s’éloigne de la direction de Rapic, il a affirmé rester à la présidence du syndicat patronal, dont son coprésident est Nicolas Djerbi, dirigeant associé de Cofidur EMS. Un syndicat dont la vocation est aussi de promouvoir les entreprises industrielles. En Dordogne, l’UIMM s’est par ailleurs largement rapproché du Medef, dont elle est adhérente, et les syndicats partagent leurs locaux pour « faire corps ». De fait, Jean-Luc Besnard siège également au bureau du Medef.