Il y a quatre ans, presque jour pour jour, Jean Salomon se présentait aux Pyrénéens. Nommé préfet dans un département qu’il avouait découvrir, il n’imaginait peut-être pas qu’en 2026, il y serait encore. La conclusion a servi de préambule : « J’ai profondément aimé ce territoire ». Des Hautes-Pyrénées qui l’ont adopté, sans jamais lui faire perdre son accent parisien, mais en lui faisant gagner des souvenirs « parfois historiques », comme la venue de Xi Jinping au Tourmalet ou le passage du Tour de France. L’heure du départ est souvent celle du bilan.
Nommé dans l’Yonne, Jean Salomon a surtout tenu, ce mercredi 19 août, à saluer une dernière fois ceux qui l’auront accompagné durant une période qu’il a marquée d’une action concrète et d’un humour discret, mais redoutable.
Gestion de crises et dossiers défendus
Avec quatorze années comme officier chez les sapeurs-pompiers de Paris, c’était un homme de terrain qu’accueillait le territoire. Son action dans le 65 aura été fidèle à son CV. Des sommets aux plaines, visitant refuges et entreprises, rencontrant les élus, le préfet a parcouru le département, allant au plus près des gens, « ordinaires pour des rencontres extraordinaires ». Et des rencontres, Jean Salomon en a fait beaucoup. La cour de la préfecture ne disait pas autre chose, ce mercredi. Un discours officiel et des petites phrases, officieuses, pour chacun. Les mêmes qui auront permis de désamorcer des conflits, de tempérer des bras de fer et d’accompagner des crises sanitaires, mais aussi de défendre des projets : la candidature du Pic du Midi à l’Unesco ou encore les 300 millions d’euros de financement de l’État pour l’hôpital commun de Tarbes et Lourdes. Et à l’heure du départ, c’est encore ce dernier qu’il a tenu à mettre en avant : « C’est un projet structurant et indispensable, ne manquez pas ce moment ».
Le temps du relais
Entouré d’une équipe majoritairement féminine, Jean Salomon a reçu des mains d’Émeline Barrière, secrétaire générale, la médaille de la préfecture. Il laissera, le 24 août prochain, sa place à Sibylle Samoyault. L’organisation de la visite du pape Léon XIV à Lourdes figurera déjà parmi les premiers grands dossiers de la nouvelle préfète. « Nous ne faisons que passer et les dossiers en cours témoignent de l’humilité qui doit nous habiter », a souligné Jean Salomon.
La force des applaudissements laissait penser, ce mercredi, que Jean Salomon aura durablement marqué le territoire.