Couverture du journal du 28/07/2021 Consulter le journal

La Brasserie des Cèdres : Une passion devenue un métier

La Brasserie des Cèdres, créée à La Croix Blanche en janvier 2016, cultive son originalité avec une bière artisanale signée Henri Michez. Elle s’impose aujourd’hui auprès d’amateurs et d’amoureux de ses bières classiques ou spéciales mais toujours reconnaissables par leur authenticité.

Brasserie des Cèdres

© D. R.

Le gène de la bière coule-t-il dans les veines du jeune brasseur ? Nul doute puisqu’en 1860, une brasserie de famille menée par un ancêtre existait en Belgique sous le nom de Brasserie Michez. Rien ne prédestinait pourtant le jeune trentenaire à faire d’une consommation personnelle un métier à plein temps ! Henri Michez est arrivé en Lot-et-Garonne à l’âge de 8 ans venant de Belgique, l’un des berceaux de la cervoise. Ses parents s’installent alors sur un domaine agricole à La Croix Blanche, entre Agen et Villeneuve-sur-Lot. Son père y devient agriculteur après avoir créé, à 19 ans, son entreprise de transport en Belgique. Sa mère élève des chevaux. Nouvelle vie pour la famille. Henri retourne à Bruxelles à la fin de ses études pour y exercer son premier métier : créateur de murs végétaux. Clin d’œil du sort, il se retrouve au chômage. Il s’installe définitivement en Lot-et-Garonne après six années de cette première expérience enrichissante. Henri est, comme ses parents, un entrepreneur dans l’âme mais il ne le sait peut-être pas encore.

© D. R.

Nostalgie de la famille, envie de s’occuper pleinement de ses enfants et de les voir grandir, désir de cultiver son potage, bref, retour à la Terre ! Henri s’installe dans une dépendance du domaine, « le chalet », qui va devenir jolie demeure familiale et brasserie. Il se lance avec son père et son frère, « un peu beaucoup passionnément » dans un projet de brasserie. La Brasserie des Cèdres s’installe sur le Domaine de Bernou avec pour ambition de créer une « bière fermière ». Il y cultive son orge et six sortes de houblon. Il les transforme, avec beaucoup de travail, en breuvage doré. Il a 30 ans. Grâce à sa formation en biologie, à de nombreuses recherches personnelles et à des stages chez différents brasseurs, il obtient un résultat très concluant, les gens apprécient sa boisson. Premier défi : 5 000 litres de bière pour la première année, en utilisant des produits sains et locaux et surtout sans produits chimiques au niveau des cultures. Culture au domaine, cuisson sur place, malterie du vieux silo dans le Tarn, fermentation au chalet. Il essaye d’être le plus naturel possible, travaillant aussi pour aller vers une économie circulaire. Suite au développement de la brasserie, Henri choisit de s’appuyer sur une jeune entreprise locale, Hopen Terre de Houblon, au Lycée agricole de Sainte-Livrade, pour compléter sa production. Le houblon acheté est certifié Bio et local. Pour commencer, il fabrique une blonde légère, consensuelle, qui permet de convaincre les néophytes. Puis la blonde traditionnelle sera bientôt prête : avec son caractère plus affirmé, elle ravit les amateurs de bières de dégustation. La déclinaison se poursuit avec de l’ambrée et pour finir de la brune, plus goûtue.

Son créneau : la qualité plutôt que le rendement

Trois jours de démarche commerciale auprès de quelques magasins et dix restaurateurs ciblés et les commandes sont là. « Très encourageant » ! Une clientèle régulière sur les marchés, une vente à la Brasserie, les marchés fermiers en été, des magasins de terroir qui mettent en avant les producteurs locaux suffisent à lui donner un salaire. Si sa capacite de production est de 200 hectolitres par an., il s’en sort avec 130 hectolitres annuels. Henri a fait le choix d’une vie : être heureux tous les jours. Petit plaisir simple pour son anniversaire : une nouvelle bière ! Tout est dit !

Alchimie, voilà le maître mot pour qualifier la préparation d’une bonne bière

Sa « bière fermière » lui permet de rejoindre le petit groupe des paysans brasseurs, groupe représentant une trentaine de micro-brasseries sur les 1 500 entreprises brassicoles que compte l’hexagone. Aujourd’hui, il développe différentes recettes (300 litres de bière cuite par jour de brassage), six sortes régulières et une spéciale tous les 10 jours avec par exemple la bière blanche, la bière au sorgho. À la fin du mois d’avril, il innovera avec une blonde au miel de châtaigner et avec aussi le retour de la fameuse bière aux pruneaux : « Pour des prunes », marque de fabrique des projets d’Erve Brisse, graphiste local, qui a développé la charte graphique actuelle de la brasserie et conçu son élégante étiquette. Il investit sans cesse et dispose aujourd’hui de six fermenteurs de 625 l et de quatre fermenteurs de 330 l. Sa dernière acquisition, une étiqueteuse automatique « qui libère du temps pour cultiver une plus grande surface et pouvoir produire plus de bières ». Sa préoccupation est en effet de s’équiper « pour travailler de manière plus efficace et ainsi satisfaire les demandes croissantes ».

Et demain ?

Henri ne manque pas de projets. Il envisage la construction d’une brasserie coopérative sur la zone artisanale de La Croix Blanche. Faire une nouvelle agriculture, sans chimie, avec la réintroduction d’arbres et de haies, développer de nouvelles recettes pour valoriser les différentes productions de la rotation sur les huit hectares cultivés avec froment, épeautre, millet, sarrasin, sorgho, avoine et orge… Des rêves pour demain qui ne pourront que devenir réalité tant la passion d’Henri les rend déjà palpables.

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