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L’agglo se chauffe plus « vert »

Le réseau de chaleur urbain de l’agglomération paloise, qui fonctionne aux énergies renouvelables, vient d’être inauguré. Pour la collectivité, ce projet d’ampleur, d’un coût de 62 millions d’euros, est une vitrine de la transition énergétique du territoire.

Pau énergies vertes

© Cyril Garrabos - Agglomération Pau Béarn Pyrénées

Ce vendredi 8 décembre, l’inauguration du réseau de chaleur urbain (RCU) valait bien une coupure de ruban conduite par François Bayrou, président de la Communauté d’Agglomération Pau Béarn Pyrénées (CAPBP) qui porte ce projet, quand bien même sa mise service a eu lieu il y a deux ans. Pour cause, aujourd’hui les chiffres vont au-delà de l’objectif initial qui était de raccorder 169 points de livraison de l’énergie aux abonnés : actuellement, on compte 208 sous-stations sur l’agglomération. Bâtiments communaux, caserne Bernadotte, université ou encore hôpitaux, sans oublier les logements sociaux du bailleur Pau Béarn Habitat, sont ainsi désormais chauffés grâce à ce réseau alimenté en majorité aux énergies renouvelables et de récupération.

24 100 tonnes de CO2 évitées

Manifestement, le RCU qui livre à ce jour la consommation de 11 300 équivalents logements, est un succès conclu après trois ans de travaux, nécessaires notamment pour l’enfouissement des 44 kilomètres de canalisations permettant d’acheminer la chaleur produite par trois points de production. La première source de chaleur est ainsi issue du traitement des ordures ménagères de l’usine de valorisation énergétique de Lescar, pour 50 % du mix énergétique ; la deuxième provient de la centrale biomasse de Lons, pour 25 %. Quant à la centrale gaz de l’université, elle permet d’assurer l’appoint et le secours du réseau, couvrant uniquement 25 % des besoins de chaleur restants. Grâce à cette forte proportion d’énergies vertes utilisées pour faire fonctionner le RCU, l’émission de 24 100 tonnes de CO2 est évitée chaque année.

La collectivité ne s’interdit pas de développer d’autres réseaux de chaleur sur l’agglomération.

Des prix stables

Pour Olivier Subra, directeur général de Pau Béarn Habitat, il s’agit là « d’un système d’avenir », qui, outre son objectif de décarbonation, a un autre atout : « On ne sait pas à quel niveau se situera le coût de l’énergie dans quelques années : avec un réseau de chaleur, on sait que c’est maîtrisé, on ne dépend plus des prix du gaz ». Vert et économe, le RCU cocherait donc toutes les cases et devrait à ce titre essaimer. La collectivité, qui a augmenté de 30 % la production d’énergies renouvelables sur son territoire grâce au RCU, ne s’interdit pas de développer d’autres réseaux de chaleur sur l’agglomération. Une perspective qui s’inscrit dans sa politique énergie climat, dont la finalité est d’atteindre la neutralité carbone dès 2040.