Couverture du journal du 07/12/2022 Consulter le journal

Le Grand Périgueux : entre ville et campagne

Jacques Auzou, président du Grand Périgueux, a fait dernièrement un tour d’horizon des principaux dossiers économiques du moment pour l’agglomération. Parmi les grands projets, le nouveau site Péribus façon « super pile électrique » est en préparation avec un investissement global de 15 millions d’euros. Un nouveau directeur du Développement économique a aussi été présenté.

Périgueux

© Loïc Mazalrey

Je le dis depuis des années : l’avenir de l’agglo est à l’ouest », lance le président du Grand Périgueux  Jacques  Auzou. Plus précisément sur le périmètre qui va de la sortie de l’autoroute, après Créa@Vallée en direction de Coursac, jusqu’à Marsac-sur-l’Isle et l’usine Fromarsac. Les seuls espaces disponibles et stratégiques sont là. En théorie car « il faut toujours passer de nombreuses étapes, Safer, fouilles archéologiques, etc. ». Pour Jacques Auzou, c’est une opportunité d’être situé à une centaine de kilomètres de la métropole bordelaise, qui manque elle aussi de terrains. « Après Libourne, nous avons une carte à jouer, même si nous ne serons jamais Cestas ou Pessac. » En attendant de voir plus grand, une petite zone économique est à l’étude à Agonac et un projet avance à Église-Neuve-de-Vergt, pour des entreprises de taille artisanale.

Après Libourne, nous avons une carte à jouer, même si nous ne serons jamais Cestas ou Pessac

© Loïc Mazalrey

INSTALLATIONS EN SUSPENS

Mais un gros dossier d’installation, jusque-là en bonne voie, est désormais bloqué : Périgord véhicules de loisirs (LVE n° 2480), à l’étroit sur son site de Brantôme, avait pris une option pour se développer sur l’un des derniers espaces disponibles, 9 ha près de l’indispensable accès à l’A89, mais une mésentente concernant la création d’un giratoire de desserte, du ressort du Département, fait remonter en pole position l’offre corrézienne de Brive, également candidate à cet accueil. Même si Périgord VDL souffre de la conjoncture, avec la difficulté à s’approvisionner en pièces pour aménager ses fourgons et la hausse du prix des carburants, son créneau « tourisme liberté » a le vent en poupe et elle prévoit de créer 300 emplois, bienvenus dans les environs. « Une délibération avait pourtant été prise au Conseil départemental, tout était réglé techniquement pour ce site : le Grand Périgueux a acheté les terrains, nous les avons aménagés, nous avons dépensé 1,6 mil- lion d’euros », précise Jacques Auzou. Une solution d’accès sécurisé devra donc nécessairement être trouvée. Deux déplacements d’activités majeures au sein de l’agglomération sont aussi potentiellement concernés par ce site : Crown Emballage France et Arcelor Mittal Wire France (Tréfilerie) à Périgueux.

Avec la crise de l’énergie et les pénuries de matériaux, les chantiers sont ralentis

PISCINES ET ÉNERGIE

Avec la crise de l’énergie et les pénuries de matériaux, les chantiers sont ralentis : la nouvelle piscine de Niversac, attendue cet automne, n’ouvrira qu’à Pâques. Décalage décidé au nom de la sobriété, puisqu’elle sera chauffée au gaz… Des ingénieurs du Syndicat départemental des énergies étudient d’ailleurs la possibilité de faire évoluer le système vers la géothermie. Et pour une autre piscine, l’Aquacap de Champcevinel, la fermeture devrait enfin intervenir en septembre 2023 pour 12 à 18 mois de travaux afin d’empêcher les installations de gaspiller « 15 m3 d’eau qui fuient chaque jour dans le sous- sol ». À noter que dans la crise énergétique actuelle, la collectivité estime à 900 000 euros le surcoût des dépenses prévues pour tous  ses services et que les mesures de sobriété prises devraient permettre d’économiser 300 000 euros sur cette somme.

Une petite zone économique est à l’étude à Agonac et un projet avance à Église-Neuve-de-Vergt pour des entreprises artisanales

EN ATTENDANT ALIÉNOR

Les services du Grand Périgueux se préparent à déménager sur le site Aliénor, à proximité de la gare de Périgueux, où des bâtiments neufs de 500 bureaux devraient être prêts en mai prochain. Avec la mise en place de la navette ferroviaire (LVE n° 2493), cet été, de nouvelles habitudes de déplacement domicile-travail se créent. La collectivité va d’ailleurs recruter des jeunes en emplois civiques pour informer les habitants et accompagner les actions mises en œuvre : train, itinéraires de contournement aménagés, future ligne de bus à haut niveau de service.

Jacques Auzou président du Grand Périgueux

Jacques Auzou président du Grand Périgueux © NR Photo

MÉTAMORPHOSE PÉRIBUS

En déplaçant le dépôt et en éliminant d’ici 2035 les véhicules thermiques, le Grand Périgueux prépare le nouveau site Péribus façon « super pile électrique » : un investissement global de 15 mil- lions d’euros. La vente de l’ancien espace, dans le quartier Saint- Georges à Périgueux, devrait permettre de récupérer environ 3,5 millions.

Côté tourisme, dans la désunion récente entre la ville centre et l’agglomération sur cette compétence, Périgueux reprenant en main son capital patrimonial et ses outils après une période de mutualisation et de promotion commune, le Grand Périgueux tendrait une oreille intéressée à une proposition d’association avec la Comcom de Thenon-Terrasson (Périgord noir), « qui vient de créer un Epic touristique ». Et, à partir de la gare de Niversac, à l’entrée Est de Périgueux, il serait possible de proposer des formules groupe sur la ligne de train vers Sarlat, qui passe par Les Eyzies… et de « créer d’autres offres touristiques autour de Périgueux et au-delà, vers Hautefort ou Tourtoirac ». En attendant, l’équipe devra quitter le local du centre de Périgueux et trouver une autre vitrine touristique, d’ici la fin de l’année.

PRÉPARER L’AVENIR

Dans le cadre de son plan Grand Périgueux 2040, et avec le sou- tien de la Région, Jacques Auzou porte une proposition qu’il qualifie « d’un rien décalée » pour imaginer une zone fret rail-route sur l’un des sites de 6 à 7 hectares repérés vers Saint-Astier ou Niversac. C’est aussi dans le cadre de cette stratégie prospective que devraient se dessiner, pas avant 2026, les contours élargis de l’agglomération, qu’appellent de leurs vœux certaines communes de la vallée de l’Isle, autour de Neuvic, ou de l’autre côté, vers Thiviers.

La Communauté de communes Isle et Crempse en Périgord pourrait devenir un secteur stratégique

La Communauté de communes Isle et Crempse en Périgord (Mussidan) pourrait devenir un secteur stratégique et son rapprochement constituerait un chaînon manquant vers la Communauté d’agglomération de Bergerac. « Ce n’est pas plus irréaliste que le chemin qui conduit à Paunat » (commune du Grand Périgueux aux portes du Périgord noir, ndlr), note Jacques Auzou. Il se souvient que le préfet, en arrivant il y a presqu’un an, s’étonnait du grand nombre d’intercommunalités, 22, en Dordogne. Mieux vaut choisir ses alliés plutôt que se les voir imposer…

Éric Delmas, Périgueux

Éric Delmas © SBT

UN NOUVEAU DIRECTEUR POUR LE DÉVÉCO DE L’AGGLO

Éric Delmas, arrivé en septembre, a pris ses fonctions de directeur général adjoint du Grand Périgueux, chargé de l’attractivité, de la cohésion et du développement territorial. Il dévoilera bientôt ses axes stratégiques, fort d’un président qui considère le développement économique comme « le cœur du moteur, dans une intercommunalité toujours en construction ». Objectif du nouveau directeur : que la collectivité soit la porte d’entrée des entreprises sur ce territoire.

Éric Delmas arrive de Mâcon où il dirigeait la Société d’économie mixte d’aménagement Mâconnais Val de Saône Bourgogne du Sud. Il est membre de Cobaty international depuis 2020. Avec une équipe de cinq personnes, appelée à grandir, il entend d’abord « permettre aux entreprises déjà présentes de s’installer : 90 % des demandes pour nos parcs d’activité sont endogènes. Nous allons mener une politique foncière importante. Avec la loi Climat et résilience et l’objectif Zéro artificialisation nette, on sait qu’il sera compliqué d’aménager à l’horizon 2050. Nous allons travailler avec l’ensemble des communes au niveau du PLUi pour trouver de l’espace ». Aucun terrain ne peut actuellement accueillir une grosse entreprise, la dernière opération d’envergure prévue étant le déplacement de la clinique du Parc de Périgueux vers Cré@Vallée. « Mais ce n’est pas une problématique propre au Grand Périgueux, tous les territoires sont concernés .»