Couverture du journal du 10/08/2022 Consulter le journal

Le patrimoine maritime basque revit

Après la mise à l’eau de la chaloupe Alba, l’association Trois-mâts basque prépare la construction d’une autre réplique de bateau ancien. La goélette Biscaye sera construite sur le port de Ciboure dans un chantier naval également dédié au tourisme culturel sur le patrimoine maritime basque.

Chaloupe Alba, patrimoine

Chaloupe Alba ©Alain Miranda

C’est dans le chantier naval ouvert en 1937 par son arrière-grand-père que Julien Marin a construit la chaloupe Alba. Longue de 14 mètres, c’est la réplique d’une chaloupe à vapeur fabriquée en 1907 dans un autre chantier naval de Ciboure.

DE L’ACACIA PLOYÉ À CHAUD

Pour la construction d’Alba, Julien Marin a utilisé de l’acacia ployé à chaud, un savoir-faire traditionnel des charpentiers de marine de la baie de Saint-Jean-de-Luz Ciboure. Les membrures, ces pièces de bois assemblées pour former le squelette du bateau, sont chauffées dans une étuve pleine de vapeur. En quelques heures l’acacia se ramollit et les charpentiers peuvent alors rapidement ployer chaque membrure pour suivre la courbure de la coque. « Cela donne un bateau plus souple et plus léger et donc mieux adapté à la rame pratiquée autre- fois par les Basques », indique Julien Marin. Longtemps les Basques ont utilisé l’aviron (avec parfois une voile en complément) pour la pêche côtière avant de s’équiper de moteurs. Dans les années 70, ces bateaux à rames traditionnels ont été relancé pour des régates mais aussi pour perpétuer cette activité séculaire.

Julien Marin, patrimoine

Julien Marin ©V.Biard

UN CHANTIER SPECTACLE SUR LE PORT DE CIBOURE

Préserver et honorer le patrimoine maritime basque est justement l’ambition de l’association Trois-mâts basque qui a commandé la chaloupe Alba au chantier naval de Julien Marin. Après trois ans de construction Alba a été mise à l’eau le 2 avril dernier. Équipée d’un moteur diesel, Alba peut accueillir jusqu’à 30 passagers qu’elle emmènera jusqu’au projet principal de l’association Trois-mâts basque : le chantier de la construction de Biscaye, réplique d’une goélette basque de 32 mètres de long.

30 emplois devraient être créés pour construire la Biscaye

Construite à Bilbao en 1878 et armée successivement dans les trois provinces maritimes du Pays basque, Biscaye a disparu à Saint-Pierre-de-la Martinique lors de l’éruption de la montagne Pelée en 1902. La construction de sa réplique à Ciboure prendra au moins 8 ans.

« Ce sera un chantier spectacle pour montrer comment on construisait les bateaux autrefois », annonce Bruno Hervouet de l’association Trois-mâts basque. 30 emplois seront créés. Mais d’abord un bâtiment spécifique doit être érigé sur le port de Ciboure, propriété du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques.

8 ANS DE CONSTRUCTION ET 21 MILLIONS D’EUROS POUR LA GOÉLETTE BISCAYE

« L’autorisation d’effectuer le dépôt de demande de permis de construire est imminente. Le permis de construire sera ensuite déposé et instruit avec les délais de recours », indique Bruno Hervouet qui espère une construction du bâtiment l’hiver prochain. « Le budget global est de 21 millions d’euros. La moitié du budget d’investissement et de fonctionnement sur les 10 années à venir et déjà bouclé avec 6 millions d’euros sous forme d’engagements de mécènes et 4,6 millions des collectivités qui s’engagent via des conventions à cofinancer nos investissements dont un certain nombre resteront ancrés au sol sur des terrains publics. Il nous restera à trouver environ 10 millions d’euros qui seront les ressources de la billetterie », détaille Bruno Hervouet.

Inspirée par le chantier de L’Hermione à Rochefort, l’association Trois-mâts basque estime de 3 à 4 millions d’euros les retombées annuelles directes pour les restaurants, hôtel et commerces de la baie de Saint-Jean-de-Luz Ciboure. Et contrairement à L’Hermione qui exige un équipage de 70 personnes, la Biscaye se manœuvre avec 7 personnes et pourra donc assez facilement embarquer des enfants malades comme le souhaitent les mécènes.

SÉJOUR PROLONGÉ POUR L’HERMIONE À BAYONNE

Arrivée dans le port de Bayonne en septembre 2021 et amarrée en cale sèche, L’Hermione devait y passer toute l’année 2022 pour son grand carénage. Ce chantier de la célèbre réplique de la frégate L’Hermione qui emmena La Fayette vers l’Amérique au XVIIIe siècle est ouvert au public. La découverte d’un champignon rongeant la coque de ce bateau long de 44,20 mètres prolongera la durée du carénage de plusieurs mois. L’association Hermione La Fayette qui estimait le coût initial des travaux à 3 millions d’euros évoque maintenant un surcoût d’au moins 1 million d’euros. Les mécènes de la Fondation Hermione et les 3 000 adhérents de l’association Hermione La Fayette vont être sollicités et l’amiral Marc de Briançon, tout nouveau président de l’Association Hermione – La Fayette, évoque dans la presse un changement de modèle économique avec la création éventuelle d’une société d’économie mixte.