Couverture du journal du 28/02/2024 Le magazine de la semaine

Les mondes de Charlotte

L’artiste Charlotte Bourrus représente des villes et des pays en collage en accumulation sous des globes de verre. Sa manufacture installée à Bidart livre des clients dans le monde entier et prépare actuellement les importantes commandes de fin d’année.

Charlotte Bourrus

© D. R.

Charlotte Bourrus avoue ne pas vraiment savoir comment lui est venue l’idée mais aujourd’hui chacune de ses créations est dupliquée, à la main, par son équipe dans son atelier de Bidart.

Une centaine d’images en papier découpé sont accrochées sur des cordes à piano puis disposées ensemble dans un globe en verre. L’ensemble compose un univers graphique, coloré, pop, joyeux et unique. Disponibles en quatre tailles de 6 à 20 cm de diamètre avec une hauteur de 9 à 30 cm, les globes sont déclinés en une vingtaine de villes françaises et autant de métropoles et pays du monde. Des boules de 8 cm de diamètre complètent le catalogue dont les tarifs s’étendent de 69 à 640 euros.

Charlotte Bourrus

Charlotte Bourrus, créatrice © D. R.

UNIVERS POÉTIQUE SOUS CLOCHE

Il faut d’un à deux mois à Charlotte Bourrus pour créer une référence. « Chaque création conjugue le collage et ma passion pour le voyage avec des compositions peut-être un peu naïves », explique cette graphiste formée à l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris.

« J’utilise mes références musicales, cinématographiques, géographiques. Je me documente avec des livres. Je suis inspirée par les couleurs et les formes », résume-t-elle.

Une fois la recherche d’éléments graphiques réalisée, il s’agit de les scanner et de les mettre à l’échelle avant le passage en collage vertical créant des perspectives et un univers poétique.

DE L’IDÉE AU PROJET ENTREPRENEURIAL

Il a suffi qu’une acheteuse de la boutique Trentotto de Toulouse repère l’un de ses tout premiers globes alors exposé à Hossegor pour que le concept de Charlotte Bourrus se transforme en projet entrepreneurial. De cette première commande de 25 globes effectuée il y a six ans à l’atelier rassemblant aujourd’hui sept personnes à Bidart, tout est allé vite. La société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) créée en 2018 est devenue ensuite une SAS pour disposer d’une structure adéquate au développement de cette entreprise dépassant aujourd’hui les 500 000 euros de chiffre d’affaires.

EXPORT ET SÉRIES LIMITÉES

« Une Biarrotte résidant à Singapour a commencé à m’en acheter et j’ai ainsi lancé l’export », raconte Charlotte Bourrus. Une cinquantaine de points de vente dans le monde distribue ses créations. Il s’agit de magasins de design, de boutiques de décoration et de cadeaux, de concept stores renommés. Deux tiers de la production sont destinés à l’export avec la Suisse comme premier marché où des grands noms de la joaillerie comme Audemars Piguet et Rolex lui commandent des créations spécifiques comme cadeaux pour leurs clients. Et avec les fêtes de fin d’année, la production augmente et l’équipe va être renforcée.

Charlotte Bourrus

© D. R.

UN CADEAU POUR SALMA HAYEK

La créatrice compte aussi une clientèle de particuliers avec des pièces à plusieurs milliers d’euros voire parfois beaucoup plus. Alors graphiste sur la Côte basque pour la marque de vêtements Volcom, ses créations de globes encore assez confidentielles étaient remontées jusqu’à François-Henri Pinault, patron du groupe Kering et nouveau propriétaire de Volcom. Comme cadeau d’anniversaire pour son épouse, l’actrice Salma Hayek, François-Henri Pinault lui avait alors offert un globe personnalisé dont la photo sur le compte Instagram de la star internationale obtiendra 950 000 likes.

BIENTÔT DES GRANDS FORMATS

Charlotte Bourrus n’a pas besoin de développement commercial ni de promotion car elle a trouvé son rythme de croisière. Sa production a été optimisée avec quelques machines et des sous-traitants pour l’impression et la découpe. En plus des 2 000 globes produits cette année dans sa manufacture, elle envisage de développer d’autres projets artistiques. « J’aimerais créer une exposition, nous avons aussi des projets de vitrine en cours avec peut-être le but de devenir meilleurs en très grands formats et pourquoi pas des décors de théâtres et de défilés », lance-t-elle. Bientôt ses mondes sur de nouveaux supports.