D’abord Pierre, puis Jean et Françoise, et aujourd’hui Éric… : la Maison Laguilhon, du nom de son fondateur, a traversé les époques, ses rênes confiées comme une évidence à la génération suivante. Pour l’actuel dirigeant, la question de reprendre ou non le flambeau de l’affaire familiale ne s’est en effet jamais vraiment posée. « Tout était orienté », dit-il, pour qu’il se retrouve ici, à Bénéjacq, à la tête de cette PME emblématique du Béarn dont les produits du Sud-Ouest, et en particulier ceux à base de canards IGP, font la notoriété.
Confits et foie gras, têtes de pont des produits Laguilhon, mais aussi cèpes cuisinés à l’huile, sa spécialité différenciante, sans oublier les pâtés, terrines et plats cuisinés à l’instar de la garbure et autre axoa, participent à cette renommée. En témoigne la moisson de médailles récoltées chaque année par l’entreprise au concours général agricole du salon international de l’agriculture. Et ce depuis sa première participation, en 1999.
Un savoir-faire historique
La dernière édition de l’événement, qui a eu lieu fin février à Paris, avait par ailleurs une saveur supplémentaire : en sus de quatre médailles, la Maison Laguilhon a été récompensée du prix d’excellence du concours général agricole dans la catégorie Volailles. Cette distinction, décernée cette année à 38 producteurs français ayant obtenu les meilleurs résultats lors des trois dernières éditions, n’est pas neutre aux yeux d’Eric Laguilhon. « Ce prix, c’est une première pour nous. Il matérialise la qualité du produit, mais surtout une régularité dans la production », souligne le chef d’entreprise. Pour ce dernier, cette distinction, mais également les médailles, valident les choix historiques de la maison « en termes d’approvisionnement local » et confirment la transmission d’un savoir-faire indissociable du succès de sa société.

© Cyril Garrabos – La Vie Economique
70 % de l’activité en GMS
Le quadragénaire, aux commandes depuis 2009, veut ainsi s’inscrire dans la continuité, évoquant ce « socle solide » bâti en 1957 par son grand-père, qui transformait les canards sur son exploitation à Beuste, pérennisé ensuite par ses enfants. En rejoignant l’aventure, la deuxième génération a de fait donné un nouvel élan à l’entreprise. Le père d’Éric Laguilhon et sa tante impulsent une nouvelle phase de croissance et déploient la marque en grande distribution.
Aujourd’hui, 70 % de l’activité de la société s’y concentre, uniquement dans le grand Sud-Ouest. Le reste de sa production est commercialisé directement dans ses boutiques de Bénéjacq et de Pau (par ailleurs également restaurant) ainsi que dans des épiceries fines et en ligne.
Une extension prévue en 2026
Depuis 1999, la Maison Laguilhon est installée à Bénéjacq, dans des locaux adaptés à l’activité, soit 4 000 m2. Une surface nécessaire pour assumer les volumes de production, mais pas suffisante pour répondre aux ambitions volontairement mesurées d’Éric Laguilhon. D’ici la fin de l’année, 600 m2 supplémentaires seront accolés au site pour augmenter ses capacités notamment de stockage. « Mon souhait, c’est de mettre en adéquation nos ventes avec notre outil de production », souligne le dirigeant, qui affirme vouloir « un développement raisonné ».
Objectif : atteindre les 10 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 9 millions aujourd’hui. Et embaucher, si nécessaire, pour étoffer l’équipe de 43 salariés. Une évolution prudente, fidèle à l’ADN de la PME béarnaise : « L’ambition principale, c’est de garder l’esprit de la Maison Laguilhon, avec une proximité clients, des sources d’approvisionnement locales et des salariés fidèles ».

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Maison Laguilhon vise les 10 millions de chiffre d’affaires