Couverture du journal du 28/09/2022 Consulter le journal

Nouvelle-Aquitaine : Guerre en Ukraine, l’économie impactée

Les conséquences de la guerre en Ukraine s’étendent peu à peu à tous les secteurs de l’économie. Souhaitant réagir vite et au cas par cas, l’État a pris des mesures d’aides ciblées et confié aux CCI le rôle « d’interlocuteur unique de premier niveau pour les entreprises impactées ».

Ukraine

© Shutterstock

Les problèmes s’accumulent, mais il n’y a pas encore de péril pour les entreprises du territoire. À l’image du reste de la France, l’exposition directe des entreprises néo-aquitaines à la guerre en Ukraine reste en effet limitée, avec seulement 6 % ayant des relations commerciales directes avec l’Ukraine et/ou la Russie (voir encadré). Néanmoins, les conséquences ont été immédiates sur l’activité de 37 % des entreprises de la région, selon l’enquête flash de la CCI Nouvelle-Aquitaine menée du 10 au 15 mars auprès de 2 564 entreprises. En particulier pour celles qui disposaient de sites de production en Ukraine et en Russie, dont l’État a accompagné le rapatriement annonçait la préfète de région le 10 mars dernier, comme les coopératives agricoles. Mais également en raison du renchérissement du coût de l’énergie (pétrole, gaz), qui était déjà une problématique avant le conflit, et devrait peser pour 73 % des entreprises interrogées, surtout dans les secteurs énergivores tels que la production de papier ou les entreprises de transport. Les fortes hausses de prix des matières premières, quant à elles, ont des conséquences pour 64 % des entreprises, et les difficultés d’approvisionnement, surtout dans le secteur de la chimie, du bois et de la métallurgie (titane et aluminium en tête), sont ressenties par 42 % des dirigeants néo-aquitains, en particulier dans le secteur de l’aéronautique.

Jean-François Cledel, Président de la CCI Nouvelle -Aquitaine , ukraine

Jean-François Cledel, Président de la CCI Nouvelle -Aquitaine © Vincent Rousset

CRAINTE DES CYBERATTAQUES

Des effets indirects commencent également à se faire sentir, dont la crainte des cyberattaques, pour 18 % des chefs d’entreprises néo-aquitains. On note également une incidence sur le moral des entrepreneurs. Pour certains secteurs en revanche, l’arrivée des 11 000 réfugiés attendus sur le territoire néo-aquitain pourrait constituer une opportunité, dans le secteur de l’hôtellerie-restauration par exemple, qui rencontre d’importantes difficultés de recrutement. Pôle Emploi et l’Apec sont déjà mobilisés pour organiser des entretiens, traduire des CV… Et pour répondre à l’ensemble des risques qui pèsent sur une économie performante mais encore convalescente après la crise sanitaire, le gouvernement a présenté un « plan de résilience économique et sociale », avec des mesures d’aides ciblées pour les entreprises des secteurs les plus pénalisés. Localement, l’État a confié aux CCI, en lien avec les autres chambres consulaires, « le rôle d’interlocuteur unique de premier niveau pour les entreprises impactées par les conséquences de la guerre en Ukraine ». Elles ont ainsi réactivé une cellule de crise afin d’informer et de récupérer les informations du monde économique, pour les faire remonter et apporter le plus vite possible des réponses de l’État et des collectivités.

Les fortes hausses de prix des matières premières ont des conséquences pour 64 % des entreprises

 

Pour contacter sa CCI : https://www.cci.fr/ukraine-impact- entreprises/contacts-sources-information

Pour se signaler auprès des services de l’État : https://www.entreprises.gouv.fr/ fr/actualites/crise-ukrainienne- impact-sur-les-activites-economiques

LE POIDS DES RELATIONS ÉCONOMIQUES

6 % des entreprises néo-aquitaines entretiennent des relations commerciales avec l’Ukraine et/ou la Russie (10 % en Lot-et-Garonne, 4 % en Dordogne)

À l’export, la Russie est le 19e client de la Nouvelle-Aquitaine (273 millions d’euros en 2021)

L’Ukraine est le 45e client de la Région (86 millions d’euros en 2021)

La région a importé pour un milliard d’euros depuis la Russie (87 % de produits pétroliers)

Import depuis l’Ukraine : 93 millions d’euros (46 % de produits sidérurgiques)

37 % des dirigeants néo-aquitains ont ressenti un impact immédiat de la crise sur leur activité

Sources : Enquête flash de la CCI Nouvelle-Aquitaine, Préfecture de Gironde, chiffres Douanes