Parfums Par Nature : essai transformé

Après une passe compliquée, l’entreprise agenaise de fabrication de parfums conventionnels, naturels et bio, vient d’agrandir son usine à l’Agropole. Ce nouvel outil de production lui permet de toucher une nouvelle clientèle dans un marché très évolutif.

Parfums Par Nature

Un nouvel espace de 700 m² de conditionnement sur le site de l’Agropole. © Maxime Arnaudet - La Vie Economique

De son origine landaise et de sa culture rugbystique (Peyrehorade), Philippe Balesta a conservé le sens du collectif et de l’engagement. Des valeurs qu’il défend dans un fascicule baptisé « Les 10 commandements » accroché sur les murs de son entreprise Parfums par Nature à l’Agropole. En haut de la liste, figure la satisfaction et la proximité client, suivies par la qualité et la sécurité. Dans un marché dominé par des géants français reconnus à l’international, l’entreprise agenaise joue sur ses points forts en adéquation avec les tendances actuelles. « Nous devons rester agiles et réactifs sur notre cœur de métier : la petite et moyenne série technique (de 1 500 à 10 000 produits par ordre de conditionnement). Le marché du parfum demande sans cesse de la nouveauté voire de la personnalisation », constate le directeur général de Parfums Par Nature.

Savoir-faire unique dans la région

Seule entreprise du grand Sud-Ouest spécialisée dans la fabrication de parfums pour le compte de tiers, de la construction du concept jusqu’à la livraison de produits finis, la société agenaise présente l’avantage d’être très réactive dans un marché de niches en forte hausse. Travaillant pour une vingtaine de marques de parfums en Europe, elle fabrique plus d’un million d’unités conditionnées par an pour 5 000 références actives. Le laboratoire de recherche part d’une feuille blanche élaborée avec le client à partir d’une pyramide olfactive pour définir ses envies. L’équipe agenaise sollicite ensuite les parfumeurs français installés à Grasse qui envoient une sélection de matières premières retravaillées sur le site de l’Agropole pour ne garder, au final, qu’un seul produit avant de passer par d’innombrables tests de compatibilité : « La fragrance est un produit vivant qui peut être altéré par de multiples facteurs. Il faut compter en moyenne 18 mois pour créer un parfum », souligne Philippe Balesta.

Philippe Balesta, Parfums Par Nature

Philippe Balesta, directeur général de Parfums Par Nature © Maxime Arnaudet – La Vie Economique

Un trio d’investisseur décisif

Arrivé en 2018 comme associé minoritaire, le directeur général de Parfums Par Nature a dû faire face à une situation comptable difficile qui aurait pu mettre en péril la survie de l’entreprise qui compte 22 salariés. Dans un contexte tendu, une nouvelle stratégie a vu le jour en 2023, en commençant par recentrer l’activité sur son cœur de métier historique : être un acteur du conditionnement à façon pour le compte de tiers. Le développement passait aussi par un changement de l’outil de production pour attirer une nouvelle clientèle à fort potentiel. En interne, le salut est arrivé par l’intermédiaire d’un trio d’associés emmené par l’Agenais Matthieu Wincker, fondateur d’Ultra Premium qui s’est entouré de Jean-Marie Total et Gilles Nouailhetas pour racheter Parfums Par Nature en juillet 2023. « Leur investissement a sauvé l’entreprise et nous a permis de lancer le projet d’extension. C’est aussi en 2023 que nous avons été certifiés ISO 22716 « Bonne Pratique de Fabrication », un label de qualité indispensable dans nos métiers », souligne Philippe Balesta.

Parfums Par Nature

Le laboratoire de recherche élabore les parfums à partir d’une pyramide olfactive. © Maxime Arnaudet – La Vie Economique

Nouveaux objectifs

Avec une situation assainie, l’extension de l’usine a vu le jour avec un investissement d’un million d’euros (80 % dans le bâtiment et 20 % de matériel) pour un plan de développement sur trois ans. Depuis ce nouvel espace de 700 m² de conditionnement, terminé en avril de cette année, l’ancien rugbyman landais confie que l’essai a été transformé : « L’extension était indispensable pour développer l’activité et nous a permis de faire entrer trois nouveaux clients de renommée internationale ». Remerciant l’ensemble de son équipe mais aussi la Région Nouvelle-Aquitaine, pour sa subvention de 80 000 euros, le DG de cette entreprise qu’il aime qualifier « d’artisans de la parfumerie de luxe » prévoit déjà l’ouverture d’une troisième ligne de conditionnement. L’objectif est clair, poursuivre l’amélioration de la performance industrielle pour doubler un chiffre d’affaires de plus de 3 millions d’euros actuellement.

L’extension de l’usine a amené trois clients internationaux

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