Couverture du journal du 25/05/2022 Consulter le journal

Le Périgord ou la « ruralité heureuse »

Portant un regard sur l’année écoulée, Germinal Peiro a ouvert des perspectives pour le Département qu’il préside : 2022 devrait confirmer l’attractivité du Périgord sur le mode de la ruralité heureuse.

Périgord

Germinal Peiro, Président du Département de la Dordogne , sur un chantier d'installation de la fibre © D.Nidos-CD24

Même s’il faut bien nommer les maux (précarité aggravée, augmentation du budget de l’aide sociale toujours largement à la charge du Département, stabilité démographique fragile, déserts médicaux, zones blanches, absence d’imposition directe), des indicateurs favorables arrivent par surprise, comme cette augmentation du volume des droits de mutation liée au nombre de transactions immobilières (LVE n° 2483) qui permet à la collectivité de recevoir 85 millions d’euros au lieu de 61 en 2020 (+ 40 %). Une tendance de retour vers le monde rural et de changement de vie dont Germinal Peiro entend mieux connaître les mécanismes en lançant une étude prospective, accompagnée par l’Inrae et un sociologue, sous forme de dix réunions qui aideront à adapter les politiques de modernisation. Dans ce souci d’attractivité, l’accueil des entreprises dans des conditions toujours plus favorables passe par le déploiement de la fibre avec un réseau 100 % public sur tout le territoire (490 millions d’euros investis) et la mise en construction progressive de plus de 150 pylônes de téléphonie mobile. Le désenclavement numérique s’accompagne de liaisons routières à moderniser : un peu plus de 12 millions d’euros seront consacrés aux travaux d’entretien et d’amélioration des itinéraires (contournements de Bourdeilles et Sarlat, amélioration de la portion Lalinde-Bergerac…) auxquels s’ajoutent 14 millions d’euros pour sécuriser et réparer les ponts et ouvrages d’art (le Département en gère un millier).

Germinal Peiro, Président du Département de la Dordogne, Périgord

Germinal
Peiro, président du Département de la Dordogne © D.Nidos-CD24

INVESTIR EN PROXIMITÉ

Un équipement renaît de ses cendres : le laboratoire départemental d’analyses, détruit par un incendie en décembre 2018, est en phase de reconstruction et d’extension avec la réception d’une partie du laboratoire en mai prochain et la suite à l’automne (13,7 millions d’euros d’investissement). « Cet outil public au service du secteur agro-alimentaire, de l’agriculture et des communes, longtemps déficitaire, emploie 125 personnes. Il est arrivé à l’autofinancement et remporte de plus en plus d’appels d’offres. »

Le Département soutient le développement des circuits courts et les produits d’origine Périgord (légumerie de Bergerac, abattoirs de proximité pour l’approvisionnement des bouchers) avec la volonté de faire passer tous les collèges en restauration collective bio et locale.

ACHAT DE 1 300 VÉHICULES DE SERVICE POUR LES AUXILIAIRES DE VIE

Côté social, la collectivité va faire un achat d’importance, si la filière automobile arrive à fournir : l’achat de 1 300 véhicules de service en leasing pour les auxiliaires de vie, les secteurs de Terrasson, Bastides et Vallée Vézère étant déjà équipés. Un important investissement est prévu dans le quartier d’affaires de la gare de Périgueux pour créer une maison départementale de l’habitat, qui regroupera les services dispersés (Périgord Habitat, Caue…), le Département ayant reçu de l’État la compétence pour l’aide à la pierre. L’objectif pour les prochaines constructions de logements sociaux est d’équilibrer des opérations pour le moment concentrées à 80 % sur l’agglomération périgourdine.

CRÉATION D’UNE FONCIÈRE DE REDYNAMISATION COMMERCIALE

Le Département avait rejoint l’établissement foncier de Poitou-Charentes aux côtés d’autres départements, comme les Landes ou le Lot-et-Garonne, structure débordée de demandes pour démêler des dossiers complexes concernant des bâtiments sans activité dans les villages (en indivision, surtout). Le conseil départemental a choisi de créer son propre outil, qui devrait voir le jour courant 2022, porté via la Semiper (Sem d’équipement du Périgord) avec le concours de la Banque des Territoires, et des intercommunalités ou communes qui voudront s’y associer. L’objectif est de revitaliser les centres-bourgs en luttant contre la vacance commerciale mais aussi de soutenir l’immobilier d’entreprise afin de développer l’activité économique de proximité (maintien sur les ZA existantes, poursuite des constructions pour mise en location).