Couverture du journal du 22/05/2024 Le nouveau magazine

Pierre Angot, un fabricant de couteaux d’orfèvres

Depuis 2019, Pierre Angot s’est lancé dans la fabrication de couteaux de berger à Argelès-Gazost. Il vend ces pièces d’exception, qui peuvent être gravées, incrustées au fil d’argent ou de pierres, sur commande.

© Lilian Cazabet - La Vie Economique

Dans son petit atelier d’Argelès-Gazost, Pierre Angot forge des couteaux d’exception. Les étagères fourmillent d’essences de bois diverses, de lames en acier de Damas, de matières premières et de matériel de menuiserie et d’orfèvrerie, allant de petites fraises à de grosses machines pour couper et polir. Sur son établi, quelques pièces en cours de finition, tous ces modèles uniques répondent à des commandes passées par ses clients. Le coutelier a débuté son activité en 2019. C’est son beau-père qui travaillait des couteaux de bergers le soir, sa belle-mère lui a confié une boîte avec quelques bouts de bois à l’intérieur sur lesquels il a commencé à s’exercer.

De simples couteaux de berger en œuvres d’art

« J’envoie des couteaux jusqu’à Paris, sinon ma clientèle se situe plutôt en Occitanie et quelques-uns partent par-ci par-là en France. Je travaille avec Facebook car la catégorie de personnes que je touche fonctionne plus par cette plateforme », explique Pierre Angot. Le coutelier a fait de simples couteaux de berger de véritables œuvres d’art : « Les clients demandent souvent des personnalisations avec un animal, un prénom, une montagne. Cela peut être un paysan, du ski ou un autre sport, un peu tout ce qui touche à notre coin. Nous réfléchissons à l’esthétique et je les conseille. Je peux travailler l’incrustation de fil d’argent et de pierres. Je pousse le couteau vers le bijou tout en restant traditionnel et sobre », ajoute-t-il.

« Mon travail est proche de la bijouterie, je trouve des techniques de plus en plus rodées »

Jusqu’à 4 à 5 jours de travail

Pierre Angot achète des lames brutes en acier de Damas qu’il polit et travaille. Il utilise des bois locaux pour ses manches comme le noyer, le prunier, le genévrier, ou, de l’olivier venu d’Ainsa en Espagne. Il recourt aussi à des bois stabilisés, qui ont la particularité de ne pas être sensibles à l’humidité et de ne pas bouger dans le temps, mais aussi, des cornes de buffles, des résines. « Un couteau peut prendre une journée de travail, certains prennent 4 à 5 jours en fonction des gravures à réaliser qui vont durer sur plusieurs jours. J’ai deux mois de délai en général. Récemment, j’ai réalisé des pièces plus pointues et plus chères. Je vais refaire du simple », explique dans le détail Pierre Angot. Toutes les pièces qu’il propose sont uniques, faites main, avec un bois toujours différent. L’artiste incruste aussi des pierres dans ses couteaux : « Mon travail est proche de la bijouterie, je trouve des techniques de plus en plus rodées ». Parmi les dernières créations, des couteaux d’inspiration elfique, qu’il a vendues à un fan du Seigneur des Anneaux, ont nécessité 5 jours de travail. Pour ce même client, il va graver une carte inspirée de la même série de film sur un plateau de bois d’orme.

« Un couteau peut prendre une journée, certains vont prendre 4 à 5 jours en fonction des gravures à réaliser »

Un artiste dans l’âme

Pierre Angot s’essaye aussi au scrimshaw, de la gravure sur os ou dent à l’encre de Chine. Il s’inspire de tout : « J’aime ce qui est esthétique à l’œil, je fais en fonction du bois et de la pierre. Je suis inspiré par ce qui apporte une vibration, les mandalas et la géométrie sacrée ». Originaire du bassin d’Arcachon, Pierre Angot est arrivé dans la région d’Argelès-Gazost autour de ses 14 ans. Avant de devenir coutelier, il s’intéresse à la peinture et fait l’école des Beaux-Arts de Pau. Il réalise aussi des tatouages, à côté de son poste au snowpark de Cauterets qu’il a occupé pendant 6 ans. Pierre Angot se lance dans les couteaux à temps plein en 2019 et réalise en parallèle des bijoux sur lesquels il travaille aussi le bois, l’incrustation et la pierre. Finalement, les créations se croisent et ses couteaux deviennent de véritables pièces d’orfèvrerie. Ses couteaux les plus simples valent une centaine d’euros quand les plus compliqués peuvent coûter quelques centaines d’euros. « C’est souvent un cadeau qui sera utile pour la vie et ce prix valorise le travail derrière et le temps passé », conclut l’artiste coutelier.

© Lilian Cazabet - La Vie Economique

© Lilian Cazabet – La Vie Economique

Illustration de livre

Pierre Angot a repris les pinceaux récemment pour illustrer un projet de livre. Il a rencontré sur le marché de Saint-Savin une mère et son fils Clovis qui écrit des livres. Il a réalisé une dizaine d’illustrations pour le nouveau livre de l’adolescent qui sera édité en grand format.