Couverture du journal du 08/12/2021 Consulter le journal

Pôle Aliénor : le chantier est « tout vert »

La première pierre du futur Pôle Aliénor a été posée. Le chantier est piloté par le Grand Périgueux dans le Quartier d’affaires en cours d’aménagement, près de la gare de la ville.

Pôle Aliénor

Pôle Aliénor © D.R.

Les environs de la gare de Périgueux sont en profonde transformation. D’un côté, le parvis est en réfection totale. De l’autre côté des voies, le futur Quartier d’affaires se structure sur un site stratégique, à proximité du Pôle d’échange multimodal (PEM) déjà développé par le Grand Périgueux. Avec le lancement des travaux du Pôle Aliénor, futur espace des services mutualisés dans un bâtiment de 8 000 m2, le décompte est ouvert pour une livraison de l’ensemble fin 2022 et un emménagement des structures mi-2023. Plus d’une vingtaine d’entreprises interviennent sur ce chantier. Avec l’aide de la Maison de l’Emploi du Grand Périgueux, une clause d’insertion professionnelle intégrée au marché public prévoit de réserver 6 000 heures, réparties sur différentes entreprises de gros œuvre, menuiserie ou finition, à des personnes éloignées de l’emploi (demandeurs longue durée, jeunes en recherche d’une première expérience, bénéficiaires de minima sociaux ou seniors).

PERFORMANCES ÉNERGÉTIQUES

La conception environnementale du bâtiment ouvre un chantier « vert » pour lequel les entreprises ont signé une charte qui les engage pour réduire les nuisances visuelles, olfactives et acoustiques ; éviter, réduire et compenser l’impact du chantier sur l’environnement ; limiter les risques de santé des ouvriers et des riverains du chantier ; éviter les rejets de pollutions dans la nature ou dans les réseaux ; limiter les consommations de ressources ; réduire au maximum le volume de déchets générés sur le chantier, maximiser le tri de déchets et leur recyclage, limiter la quantité de déchets non recyclés, assurer la traçabilité des déchets, améliorer leur valorisation (au moins 85 %). Dans la vie quotidienne du chantier, cela se traduit par un arrosage des sols par temps sec pour éviter la poussière, des couvercles sur les conteneurs à poubelle pour éviter l’envol de matériaux légers, des procédés de réduction de bruit sur les engins…

Au-delà du chantier, le projet répond à une labellisation énergétique et carbone pour son fonctionnement futur. Il fait l’objet d’une démarche E+/C-, selon la nouvelle expérimentation lancée par l’État, avant l’application de la RE2020. Le bâtiment respectera le niveau E3C1 qui implique une performance énergétique de niveau E3, très supérieur à la RT2012 intégrant des contraintes thermiques du bâti (parois, ponts thermiques, menuiseries…) et des équipements techniques (chauffage, refroidissement, ECS, ventilation, performance panneaux photovoltaïques, auxiliaires…). Le bâtiment tient aussi compte d’une performance carbone de niveau C1 ou « bas carbone », avec réduction des émissions de carbone sur l’intégralité du cycle, de la construction à la déconstruction, en passant par l’exploitation.

Le projet répond à une labellisation énergétique et carbone pour son fonctionnement futur

CÔTÉ FINANCES

La construction de ce bâtiment atteint un montant de 12 300 000 euros H.T., avec le soutien financier de l’État (2 millions d’euros au titre de la Dotation de soutien à l’investissement local et 100 000 euros au titre du Fonds national d’aménagement et de développement du territoire), de la Région (500 000 euros), du Département (600 000 euros en deux phases). La vente des actuels locaux de l’agglomération rapportera 2,3 millions d’euros et le produit des loyers rapportera 5 millions d’euros sur 15 ans. La Banque des Territoires a accordé un prêt de 7,5 millions d’euros au Grand Périgueux pour réaliser ce projet qui dépasse largement ses seuls besoins pour permettre l’installation d’un ensemble de services.

Pole Alienor

Pole Alienor ©grandperigueux

AUDITORIUM DE 118 PLACES

Le projet architectural du Pôle Aliénor repose sur un bâtiment organisé sur deux ailes et cinq niveaux, conçu par deux agences associées : Schurdi Levraud Architecture et SCAPA Architectes Associés. Jacques Laparra, par ailleurs président de Cobaty Périgord, décrit un parvis alternant des lanières minérales et végétales et deux constructions blanches reliées par une passerelle, s’ouvrant sur le parc urbain. « Les volumes dialoguent autour d’un jardin intérieur généreux qui diffuse lumière et perspectives. » Un auditorium de 118 places répond à la vocation de services mutualisés, notamment pour accueillir les Conseils communautaires, en proximité avec une salle de réception.

Les services du Grand Périgueux prendront place dans 2 900 m2, le reste du bâtiment accueillera des entités liées à la Communauté d’agglomération (Centre intercommunal d’Action Sociale (CIAS), Office de Tourisme, Maison de l’emploi, Péribus, etc.) et des organismes tiers comme la Plateforme territoriale d’appui (PTA 24) pour poursuivre des coopérations dans le social. Un pôle, provisoirement intitulé Digital Valley, sera réservé à la transition numérique des entreprises et des bureaux seront à disposition des agents de la Région Nouvelle-Aquitaine.

RÉCUPÉRATION DES EAUX DE PLUIE

Grâce à son installation photovoltaïque en toiture, le bâtiment Aliénor produira plus de 70 KVA d’électricité partiellement autoconsommée. Un système de récupération des eaux de pluie permettra d’arroser le patio et la toiture végétalisée avec sept variétés différentes de sedum. Par son orientation, sa forme générale et celle de ses fenêtres, le bâtiment est conçu pour optimiser les apports de lumière.