Couverture du journal du 22/05/2024 Le nouveau magazine

Pyrénées-Atlantiques – Julien Charles, préfet « de terrain »

Le nouveau préfet des Pyrénées-Atlantiques a officiellement pris ses fonctions, ce 24 octobre à Pau, ville préfecture. Julien Charles s’est exprimé sur les dossiers et thématiques dont il souhaite s’occuper en priorité, en particulier la sécurité, la crise énergétique et le logement.

Julien Charles, préfet des Pyrénées-Atlantiques. ©E. L-T.

Julien Charles, préfet des Pyrénées-Atlantiques. ©E. L-T.

Le nouveau préfet était particulièrement attendu depuis le départ il y a un mois de son prédécesseur Éric Spitz, nommé haut-commissaire en Polynésie française. L’intérim assuré par Martin Lesage, secrétaire général de la préfecture, a donc pris fin avec l’arrivée de Julien Charles. Ce lundi 24 octobre à Pau, après la cérémonie officielle de prise de fonction face aux principaux acteurs du territoire, le haut fonctionnaire a reçu la presse à la Villa Sainte-Hélène, résidence préfectorale. En provenance de Saône-et-Loire, où il officiait également comme préfet, Julien Charles avoue « ne pas bien connaître les Pyrénées-Atlantiques », dont il dit n’avoir fréquenté « que la Côte basque, comme beaucoup ». Désireux de découvrir « les identités de ce département », ce natif du Cantal a beau ne pas être en terrain connu, il a d’ores et déjà « identifié quelques enjeux », en commençant par la sécurité.

Sécurité, crise énergétique et logement

« Je parle de sécurité du quotidien comme de sécurité civile, puisqu’évidemment la prévention des incendies me semble être un enjeu important de ce département », précise le nouveau préfet, qui enchaîne : « La question de l’énergie va m’occuper dans les semaines et les mois qui viennent, dans cette situation de crise énergétique qui a des impacts très réels sur les concitoyens. » Et de mentionner également le sujet de la sécheresse comme « point d’attention fort ».

Julien Charles s’est aussi attardé sur la question du logement : « J’ai compris qu’elle était très aiguë sur ce département, notamment sur le littoral, avec des difficultés rencontrées par les jeunes ménages pour se loger. » Déjà confronté à ce sujet notamment en Charente-Maritime, ainsi qu’en Île-de-France, le préfet reconnaît ne pas arriver « avec des solutions toutes faites » mais considère avoir « une approche du dossier collégiale » : « beaucoup d’acteurs ont des outils, des compétences, qu’il s’agisse des collectivités, des offices HLM, des opérateurs de la construction… Il est important que tous se parlent afin de trouver des solutions concrètes ».

Soutenir les acteurs économiques

Si ces premiers sujets évoqués semblent mettre en exergue une certaine fibre sociale chez le nouveau préfet des Pyrénées-Atlantiques, ce dernier n’a pas manqué malgré tout de répondre aux questions davantage tournées vers l’économie. Notamment celle confrontant le monde de l’industrie aux enjeux écologiques : « il est bien évident que le développement économique et notamment de l’industrie est une priorité. Nous sommes sur une situation économique fragile et il est important que les acteurs économiques se sentent soutenus. Mais dans le même temps, nous avons des ambitions fortes en matière de transition écologique. Il y a obligation de trouver des solutions pour que ces acteurs évoluent sur ces questions ».

Il est important que les acteurs économiques se sentent soutenus

Une méthode au contact

Julien Charles a enfin également souhaité évoquer sa « méthode », basée « sur le contact, sur le terrain », précisant : « Rien ne vaut la découverte concrète des sujets et le dialogue. Et bien évidemment la prise de décision, parce que c’est ce que demande le concitoyen : l’efficacité de l’action publique. » Chose dite, chose faite : quelques heures après cette interview, le préfet se rendait au SDIS 64. Le jeudi, rendez-vous était pris avec le président de la Chambre d’agriculture, avant une jour- née sur la côte prévue le lendemain.

« Je viens de la ruralité »

Julien Charles, 47 ans, est natif du département du Cantal, se définissant lui-même comme « un garçon qui vient de la ruralité ». Après avoir suivi une licence d’histoire, il intègre Sciences Po Paris, puis l’ENA en 2003. À sa sortie, il entame une carrière préfectorale avant de devenir préfet en 2018, secrétaire général pour les aires régionales (SGAR) auprès du préfet de la région d’Île-de-France. En 2020, il est nommé préfet de Saône-et-Loire. Sa prise de fonction dans les Pyrénées-Atlantiques est ainsi son troisième poste de préfet.