Depuis 2022, il est devenu un habitué des Trophées Pyréneo, qui récompensent les initiatives les plus innovantes du massif : Régis Cazalas en compte quatre, pour trois projets différents. Son aventure entrepreneuriale démarre en 2017 quand il cofonde avec Brice Dupin le bureau d’études Eco-Altitude, après une quinzaine d’années dans des grands groupes de conseil et des expériences à l’international. « Le choix de revenir, c’était pour être utile au territoire dans lequel j’ai grandi, et agir pour que les Pyrénées restent belles », confie Régis Cazalas.
Revégétaliser avec des semences locales
L’offre d’Eco-Altitude traduit cet engagement. Basé à Arrens-Marsous, le bureau d’études se développe d’abord autour du génie écologique, avec une offre de revégétalisation qui s’appuie sur des semences pyrénéennes. Chaque année, les équipes récoltent elles-mêmes 500 kg de graines dans un panel de prairies et de pelouses, pour pouvoir s’adapter aux différents besoins des clients : collectivités locales et parcs naturels, mais aussi stations de ski et exploitants de carrières soumis à des obligations de restauration écologique.
Tourisme durable
Eco-Altitude s’est ensuite positionné sur le tourisme durable, avec la volonté d’accompagner la filière dans sa transition. « Notre action porte sur la réduction des impacts environnementaux – sur l’eau, l’énergie, les déchets – mais aussi sur l’obtention des labels et la recherche de subventions, détaille Régis Cazalas. Certains professionnels du tourisme s’engagent dans la démarche par conviction, d’autres sont plus sensibles à la maîtrise de leurs charges ou à la conquête de nouvelles clientèles : l’essentiel est qu’on voit que cette approche de tourisme durable se développe auprès des entreprises, et de plus en plus à l’échelle des territoires. » Ces derniers mois, Eco-Altitude a aussi développé une offre de formation et de conférences qui permet de présenter la démarche de transition à des publics plus larges.
Transformer les plantes aromatiques
En 2023, Régis Cazalas crée Py’Still avec un autre associé, Adrien Cousy. Basée à Bagnères-de-Bigorre, la société distille des plantes aromatiques et médicinales à destination de l’industrie cosmétique. D’abord centrée sur la valorisation de l’hamamélis, l’activité se diversifie très vite : en deux ans, Py’Still a développé un catalogue de 19 produits, et élargi son sourcing au versant espagnol des Pyrénées et aux territoires proches du massif. « Nous restons dans des collectes sauvages et dans un respect de la biodiversité. L’un de nos enjeux est de proposer des valorisations à des végétaux du massif qui sont encore considérés comme des plantes envahissantes, à l’image du laurier noble », pointe Régis Cazalas.

Régis Cazalas est aussi impliqué dans le développement du paillage Puxka, produit à base de laine des Pyrénées. © Lilian Cazabet – La Vie Economique
Valoriser la laine locale
C’est dans le même esprit que l’entrepreneur a rejoint l’an dernier la fondatrice de Traille, Muriel Morot, dans la création d’une nouvelle offre d’écopaillage : Puxka. L’objectif est de valoriser les 1 000 tonnes de laine produites chaque année dans les seules Pyrénées-Atlantiques, et aujourd’hui considérées comme des déchets. Proposé sous forme de rouleau, leur paillage est à la fois biodégradable, perméable à l’eau pour retenir l’humidité pendant les mois d’été, et thermorégulant pour éviter le gel en hiver. L’offre cible en priorité la clientèle professionnelle (services en charge des espaces verts, maraîchers et entreprises de plantation des haies) dans les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées.
Alternative locale et écologique
« Nous venons offrir une alternative locale et écologiquement responsable aux bâches plastiques, et qui correspond à une pratique historique dans le massif : on trouve parfois encore de la laine posée en vrac au pied des arbres et des serres », rappelle Régis Cazalas, qui assume le pilotage technique et commercial du projet. « L’un de nos enjeux porte sur la structuration d’une filière complète, et la valorisation de savoir-faire aujourd’hui oubliés à toutes les étapes du process : la collecte de la laine, le lavage, et les transformations », poursuit l’entrepreneur. Depuis l’an dernier, Puxka comme Eco-Altitude bénéficient pour leur développement d’un accompagnement par le Réseau Entreprendre Adour.
L’entrepreneur a rejoint en 2025 la fondatrice de Traille dans la création d’une nouvelle offre d’écopaillage