Couverture du journal du 06/04/2024 Le nouveau magazine

Sécurité au travail : extension du domaine du GIE

Le GIE Qualité Entreprises a pris place dans un vaste bâtiment de Terrasson-Lavilledieu, calibré pour suivre l’extension de cette structure qui rayonne dans la France entière. L’inauguration officielle, le 8 février, a permis de se retourner sur 30 ans d’évolution.

© Loïc Mazalrey - La Vie Économique

Ce nouveau siège marque une nouvelle étape dans la vie du groupement, dans la continuité d’une histoire à laquelle il reste fidèle en se fixant dans son berceau d’origine. L’idée vient du directeur d’alors des Papeteries de Condat. « Soucieux de la sécurité des sous-traitants sur le site industriel, il œuvra auprès de ses confrères et des entreprises intervenantes pour aboutir à la constitution d’un groupement d’intérêt économique, en juillet 1993 », retrace Olivier Chansarel, président du GIE depuis 15 ans, par ailleurs directeur général d’Etchart Énergies (64, 33, 31). Avec les autres membres fondateurs : Polyrey, toujours adhérent, Sibille devenu Ahlström-Munksjö et Guyenne Papier, les CCI et la direction du Travail ; 44 entreprises locales se lançaient dans le projet, tout comme Éric Vigne, toujours directeur de la structure, fidèle aux commandes de ce qui est devenu un gros bateau embarquant à son bord 1 720 entreprises adhérentes pour 93 sites industriels partenaires, dans neuf grandes régions. En effet, poursuit Olivier Chansarel, « son expertise reconnue pour la prévention des risques lui permet de se développer en France et d’étoffer ses prestations, la typologie des clients se diversifie », s’ouvrant du bois-papier à l’agroalimentaire ou encore l’énergie.

Bientôt à 400 emplois en France

Après des investissements humains et matériels, restait à finaliser la stratégie par le volet immobilier. Après une présence de 20 ans au Lardin-Saint-Lazare, avec un détour par Périgueux et Bordeaux, ce retour aux sources fait revivre la friche d’un commerce de gros en produits agricoles, vacante depuis dix ans, réhabilitée par la Mairie (1,68 million d’euros avec des aides du Département et du Fonds Friches) dans un contexte de sobriété d’artificialisation des sols. Les 22 postes administratifs initialement prévus dans ces locaux sont déjà portés à 33 et le plateau de 288 emplois répartis dans toute la France devrait atteindre 400 postes en 2025 ; nombreux sont ceux déjà à pourvoir. « Nous recrutons surtout des ingénieurs HSE, maîtrise des risques industriels… des CDI stabilisés par région, précise Éric Vigne. L’an passé, cela représentait 80 postes net. » La future directrice juridique, jusqu’alors responsable juridique de Condat, va accompagner le directeur dans la prochaine étape : la décentralisation de la gouvernance du GIE.

La structure a développé des activités de conseil pour ses adhérents et donneurs d’ordres, ainsi qu’une structure de formation « qui anime plus de 5 000 sessions à l’année »

Une réussite discrète

Cet ancrage bien visible illustre la fierté « de participer au rayonnement de la Dordogne », assure Olivier Chansarel. Et pour le président de ce département, c’est la preuve qu’une idée peut faire son chemin pour réunir autant d’entreprises autour des notions de santé, de sécurité et d’environnement au travail. La proximité autoroutière (A89 et A20) ajoute à l’attractivité du Terrassonnais « qui occupe une place à part de région industrielle autour de Condat, site passé en quelques décennies de 1 200 à 200 employés… Mais d’autres entreprises, comme la Socat, ont prospéré ». Dans ce bassin d’emploi secoué par le repli de la papeterie, qui touche l’ensemble du tissu économique, l’expansion de ce GIE est une réussite dont on parle peu. L’exigence de ses clients est à elle seule une reconnaissance des prestations spécifiques qu’il encadre.

Encadrer les adhérents

L’initiative émanait d’industriels soucieux de gérer leurs sous-traitants dans le cadre de l’évolution de la réglementation, notamment le cadrage juridique des entreprises extérieures, « une compétence d’ingénieur Hygiène Sécurité Environnement pour mutualiser des besoins d’accompagnement relatifs aux sous-traitants sur les gros sites industriels », rappelle Éric Vigne. Il s’agit bien d’encadrer les adhérents et non les donneurs d’ordres. « Avec cette organisation, les industriels ont fait de la RSE avant l’heure pour faire monter en compétences l’encadrement des sous-traitants. » Le GIE emploie essentiellement des cadres répartis sur l’ensemble des sites industriels au regard de 93 accords de partenariat pour des ressources en temps partagé, « avec tous les plus gros sites industriels privés en France, dont les trois principaux en effectifs que sont Airbus Toulouse, Michelin à Clermont-Ferrand et Airbus hélicoptères à Marignane ». 45 % des sociétés du CAC 40 sont donneuses d’ordres ou adhérentes du groupement, surtout présent dans tout le secteur aéronautique : Thales, Safran, Airbus, Ariane groupe, Dassault Aviation.