Couverture du journal du 28/09/2022 Consulter le journal

Train + vélo ou rando : le Périgord en douceur

Une convention signée entre le Département et la SNCF ouvre la voie au développement d’un tourisme multimodal au départ des gares de Dordogne : train + vélo ou randonnée pédestre, une formule sans pétrole et riche d’idées.

Périgord, vélo, randonnée, tourisme

© Shutterstock

A l’heure des vacances, le partenariat noué promeut des séjours en Périgord combinant déplacements en train et balades à pied ou à vélo : un guide édité pour l’occasion fourmille de propositions en mode doux, pour sillonner le département sans autre carburant que la curiosité, en bénéficiant des tarifs habituels (tribu, famille, pass escapade, billet jeunes, billets combinés, etc).

STRUCTURER UNE OFFRE ATTRACTIVE

Si cette formule de déplacement n’est pas toujours facile à mettre en œuvre en milieu rural pour des trajets utilitaires domicile-travail, la proposition couplée autour du train est idéale pour relier les parcours de randonnée à pied ou à vélo à l’occasion des vacances. Pour Sylvie Chevallier, présidente du Comité départemental de tourisme, il s’agit de structurer une offre attractive. « Nous essayons de donner l’exemple, de montrer que cette autre façon de découvrir le département est possible. On retrouve de l’espace et du temps. » L’intention croise celle de la SNCF, marquée par un retour au tourisme ferroviaire hexagonal, crise Covid oblige et prix du pétrole à la hausse. Le tout associé à la démocratisation des hébergements chez l’habitant permet d’organiser des circuits inédits, à l’abri des grands axes de circulation. La Dordogne est particulièrement adaptée à ce type de tourisme, avec un réseau ferré préservé et une richesse de sites à portée de gares.

La Dordogne est particulièrement adaptée à ce type de tourisme, avec un réseau ferré préservé et une richesse de sites à portée de gares

château de Campagne, Périgord

En sortant de la gare du Bugue, on peut aller faire un plein de chlorophylle dans le parc du château de Campagne © SBT

UN NOMBRE CROISSANT DE VISITEURS NON MOTORISÉS

La stratégie d’offrir de nouvelles formules de loisirs sans véhicule personnel, renforcée par la nécessité écologique de réduire l’impact carbone et par l’augmentation des prix des carburants, avance sur de bons rails. La direction territoriale des lignes Limousin-Périgord organise et renforce les propositions avec le concours du Département à partir de tentatives déjà encourageantes. Les professionnels du tourisme observent que les citadins abandonnent durablement leur véhicule : 65 % de la population de région parisienne n’en possède pas. Les transports collectifs attirent pour l’usage de proximité comme pour les voyages. Les offices de tourisme et structures d’accueil touristiques de Dordogne reçoivent ainsi un nombre croissant de visiteurs non motorisés.

INTERCONNEXION

SNCF TER Nouvelle-Aquitaine développe le tourisme en train et la multimodalité pour les cinq prochaines années. De quoi conforter l’interconnexion en valorisant les infrastructures existantes, les lignes ferroviaires traversant le département d’ouest en est (Bordeaux-Brive / Bordeaux-Sarlat) et du nord au sud (Limoges-Périgueux/Périgueux-Agen). Celle qui relie Bordeaux à Périgueux est particulièrement empruntée : la LGV a rapproché Paris de la capitale régionale (2 h), puis la ville préfecture en 1 h 30. Si l’on ajoute à cela le réseau de transports par cars de la Région, en voie de verdissement, alors on peut dire qu’il est possible de visiter la Dordogne sans voiture car le territoire est irrigué sur ses grands axes et des solutions s’organisent autour d’itinérances douces bien balisées.

Parallèlement à la voie ferrée, on trouve la vélo-route voie verte et le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle

sncf, périgord

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VALLÉE DE L’ISLE, TERRITOIRE TEST

Les gares desservies par les TER représentent une quarantaine de points d’entrée pour découvrir les environs avec un potentiel touristique et de loisirs identifié à proximité des gares, une sélection d’itinéraires doux, un lien entre les différents moyens de transport, le tout conduisant à une meilleure visibilité de ces offres.

VOIE CYCLABLE DE LA VALLÉE DE L’HOMME EN 2024

La mise en œuvre va s’élargir à partir du territoire test de la vallée de l’Isle qui permettra d’observer les retombées de cette ambition commune sur l’axe de circulation le plus emprunté : sept gares entre Périgueux et Libourne, avec un bon cadencement et un public urbain déjà sensible. Parallèle à la voie ferrée, on trouve la vélo-route voie verte (depuis 2015) et le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle (voie de Vézelay). Des parcours de randonnée en boucle maillent ce territoire, de même pour des modules cyclos avec des points touristiques, étapes d’artisans d’art et productions gourmandes en circuit court.

Un bon début pour valoriser les propositions touristiques alternatives à la propulsion motorisée. À l’horizon 2024, une voie cyclable de la vallée de l’Homme (Limeuil, Les Eyzies, Montignac) viendra enrichir l’offre et attirer plus encore l’attention.

 

DES OUTILS POUR SE BALADER

Un topo-guide édité par le Département propose 21 idées de découvertes au départ des gares du Périgord*. Il combine accès en train et parcours à pied ou à vélo, illustrant les possibilités concrètes avec parcours à suivre, explications thématiques, renseignements sur les services et les possibilités d’aller-retour dans la journée.

Des partenariats locaux existent déjà entre la SNCF et le Musée national de Préhistoire des Eyzies, le Jardin de l’Imaginaire de Terrasson-Lavilledieu et une nouvelle destination avec l’Office du tourisme de Mussidan. « Gare aux Secrets » identifie des balades sur la ligne 32 Brive-Périgueux-Bordeaux, 33 Bordeaux-Sarlat, 34 Agen-Périgueux.

* À retrouver sur https://pleinenature.dordogne.fr/