Quelque chose a changé à Buzet. Une énergie nouvelle circule entre les cuves, dans les vignes, dans les regards. Après un long combat, la nouvelle direction des Vignerons de Buzet, emmenée par Nathalie Roussille, commence à récolter les premiers fruits d’une refonte totale de son organisation. Au milieu des cuves qui conservent les hectolitres d’un millésime 2025 annoncé comme exceptionnel, la présidente des Vignerons de Buzet nous accueille avec une forme de retenue. À la veille de la présentation officielle de la nouvelle gamme du Lys, l’une des principales références de la cave, le moment est chargé de sens. Ici, rien n’est tout à fait revenu à la normale mais tout a recommencé.
Enfant de Buzet
À Buzet, on ne fait pas que du vin. On hérite d’une histoire comme celle de Nathalie Roussille, née dans la coopérative. Viticultrice avant tout, elle gère avec son mari le Domaine du Michelet, en 100 % bio. Fille et petite-fille d’adhérents, elle porte en elle cette mémoire collective, faite de travail, de solidarité et d’attachement à la terre. Mais en 2018, le doute s’installe quand avec d’autres vignerons, elle observe une lente dérive. Les chiffres parlent, et ils inquiètent. Le climat change, les consommateurs aussi. Les exploitations se fragilisent, des équilibres familiaux sont menacés, et une inquiétude monte sans encore trouver d’issue « Les charges s’alourdissaient, et les chiffres d’affaires sont descendus en dessous de la barre de 3 000 euros/hectare. Nous avions alerté sans être entendus, dommage… », souffle Nathalie Roussille.
Les origines de la crise
La crise ne vient pas de nulle part. Dans un secteur viticole déjà fragilisé, les Vignerons de Buzet avaient opté pour des choix peut-être trop ambitieux sous la direction de Pierre Philippe. L’achat du château de Buzet en 2018, aujourd’hui en vente, en est…