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Agriculture – La Nouvelle-Aquitaine veut accélérer

En visite au Salon de l’agriculture à Paris, Alain Rousset, le président de la Région Nouvelle-Aquitaine, a réaffirmé son soutien aux agriculteurs et appuyé la nécessité d'avancer sur le sujet du stockage de l’eau.

Agriculture ,Salon de l’agriculture à Paris

© E. L-T - La Vie Economique

« Premier constat : l’ambiance est intéressante et constructive. » Alain Rousset, le président de la Région Nouvelle-Aquitaine, avait choisi de voir le bon côté des choses, ce mercredi 25 février, à l’issue d’une déambulation dans le hall 1 d’un Salon de l’agriculture « particulier » puisque sans bovins. Une situation par ailleurs non sans dommages, l’organisation de l’événement parisien faisant état d’une baisse de fréquentation de 25 % sur les quatre premiers jours.

À ses côtés, l’optimisme de Bernard Layre, président de la Chambre régionale d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine, ne semblait pas davantage altéré : « Depuis que je viens au Salon, il y a toujours eu des crises : du lait, de l’influenza aviaire ou encore de la MHE… » En sous-titre : la filière agricole, si elle est souvent malmenée, sait se montrer résiliente. Faire face en résumé, aux dires d’Alain Rousset : « L’enjeu dans cette période, pour la profession agricole d’abord et aussi pour les pouvoirs publics, c’est de se dire comment on rebondit. »

« Raccourcir » la chaîne

Et le président de Région de relier le « problème de revenus des agriculteurs » à « la relation de plus en plus indirecte avec les consommateurs », et la nécessité dans ce contexte « de raccourcir » la chaîne. Ce dernier s’est ainsi attardé sur des mesures concrètes mises en place par la collectivité, parmi lesquelles le dispositif ACENA qui structure la commande publique alimentaire et délivre 65 millions de repas par an en restauration collective. Par ailleurs, sur ce sujet, l’élu a annoncé la création à Poitiers d’une plateforme dédiée à la formation pour la cuisine collective, avec à sa tête le chef Régis Marcon.

Agriculture ,Salon de l’agriculture à Paris

© E. L-T – La Vie Economique

1 600 installations en 2 ans

Autre « défi » pour la Région, par la voix de son président : celui de l’installation. Si, selon ce dernier, certaines filières dont celle du lait souffre, n’incitant pas « les filles et fils d’éleveurs à s’installer », d’autres sont « successful ». En témoignent les chiffres donnés par Jean-Pierre Raynaud, vice-président du Conseil régional en charge de l’agriculture : plus de 1 600 installations ont été enregistrées ces deux dernières années. « La Région, qui gère les crédits européens pour l’installation, peut être fière d’avoir divisé par deux le nombre de règlements, se satisfait le président. La simplification est donc possible. »

La Nouvelle-Aquitaine, « réservoir extraordinaire »

Troisième point soulevé par Alain Rousset, la question de l’adaptation des pratiques agricoles au changement climatique doit selon lui être centrale et prise en compte dans la future écriture de la PAC. Aux yeux de Bernard Layre, il s’agit de fait du sujet le plus important pour les années à venir : « Quelles que soient les productions que nous mettrons en place demain, l’enjeu sera sur l’eau. » Et de rappeler que la Nouvelle-Aquitaine est « un réservoir extraordinaire » avec 60 milliards de mètres cubes qui tombent annuellement. « Nous avons des besoins évalués à 24 milliards de mètres cubes pour l’agriculture, pour l’industrie, pour le multi-usage… Il resterait donc 36 milliards que l’on pourrait stocker et qui nous permettrait de regarder l’agriculture de manière très optimiste jusqu’en 2050. »

Reste à accélérer le process administratif pour l’aménagement de structures de stockage sur le territoire. Un vœu formulé avec force par le président de la Chambre régionale d’agriculture : « On se doit d’aller vite et bien, sur ce sujet et sur tous ceux concernant l’agriculture. Tout en ayant à l’esprit la protection des milieux, ouvrons beaucoup plus grand la porte de la souveraineté alimentaire et la porte économique de production. »

« C’est morose sans bovins »

Le sentiment de « bonne ambiance » souligné par Bernard Layre notamment, s’il est partagé par certains, est nuancé par d’autres à l’instar de ce fabricant de tourteau fromager poitevin qui enregistre à mi-salon un chiffre de ventes divisé par deux par rapport à l’an dernier. De quoi faire grise mine. Ou encore à l’image d’Alexandre Humeau, éleveur de vaches limousines, du côté du grand public cette année : « C’est morose sans les bovins », se désole-t-il. Le jeune homme, malgré la situation, reste positif, notamment au regard des cours de la viande qui « n’ont jamais été aussi élevés » et qui ne devraient pas redescendre, « la demande dépassant l’offre ». Reste à retrouver « une situation sanitaire saine » et sortir de cette crise qui marquera sans aucun doute l’édition 2026 du Salon de l’agriculture.