Couverture du journal du 22/05/2024 Le nouveau magazine

Cave de Gan – Des touristes en Jurançon

Selon l’observatoire Entreprise et Découverte, la Cave de Gan est l’entreprise la plus visitée de la région Nouvelle-Aquitaine. La stratégie œnotouristique mise en place par la coopérative, premier producteur de vin de Jurançon et de Béarn, continue de porter ses fruits.

Cave de Gan

© Cyril Garrabos

213 000 visiteurs l’an dernier, selon l’observatoire Entreprise et Découverte, environ 270 000 selon la Cave de Gan : si les chiffres diffèrent de quelques milliers, ils n’en sont pas moins représentatifs de cette volonté défendue par l’entreprise béarnaise d’ouvrir ses portes gratuitement au public durant toute l’année. Découverte des pressoirs et des cuves de fermentation, visite du chai de vieillissement semi-enterré, balades dans les vignes, dégustation de vins… : la formule plaît, visiblement, plaçant la Cave de Gan parmi les entreprises les plus visitées de France. Depuis la coopérative, à l’entrée du village, son directeur, François Ruhlmann, se réjouit de constater que ce positionnement de longue date en faveur de l’œnotourisme s’avère payant et pérenne.

Succès des portes-ouvertes

D’autant plus que cette stratégie, réfléchie, se trouve confortée par le succès des portes-ouvertes : ce rendez-vous estival incontournable organisé sur deux jour[1]nées a accueilli environ 4 000 personnes le 13 juillet, et près de 6 000, le 14 août. Des visiteurs de tous horizons, aussi bien Béarnais qu’Espagnols, invités à découvrir une entreprise septuagénaire devenue, au fil des ans, indissociable de son territoire. Petit train, dégustation, balade en poney, vol captif en montgolfière… : la Cave de Gan voit à chaque fois les choses en grand. « Nous souhaitons un moment convivial, accessible, dans une logique de gratuité la plus totale », précise François Ruhlmann. « Si cette journée se transforme en achat pour le visiteur, tant mieux pour nous évidemment. Malgré tout, ce que nous cherchons avant tout, c’est à travailler sur notre image, à mettre en avant nos produits et nos savoir-faire : ceux des 300 viticulteurs et des 100 salariés qui représentent la Cave. »

François Rhulmann,directeur de
la Cave de Gan

François Rhulmann,
directeur de
la Cave de Gan © Cyril Garrabos

Une croissance sur le long terme

Si la vente directe concerne seulement 20 % du chiffre d’affaires de la Cave de Gan, François Ruhlmann précise : « Cela représente peu en termes de proportion mais beaucoup en termes d’équilibre. C’est une partie significative de notre activité ». D’où la nécessité de continuer à développer la proposition à destination du grand public, axe de développement privilégié par l’entreprise pour les années à venir, mais pas seulement. Aujourd’hui, la Cave de Gan a également pour objectif de poursuivre sa croissance selon son directeur, « grâce à une stratégie sur le long terme, parce que nous ne sommes pas des sprinters ». La coopérative, dont le chiffre d’affaires a progressé de plus de 60 % en 15 ans, est en bonne santé malgré « quatre années complexes » dues à la crise sanitaire.

Des vins séduisants

Ce qui nous a permis de franchir le Covid, c’est notre gestion en bon père de famille. Le modèle coopératif est résilient, basé sur le bon sens paysan. Nous n’avons pas monté les prix, même au plus fort de la tempête. Nous avons été pragmatiques et transparents, et cela a été bien perçu », remarque François Rhulmann. Les bouteilles de vins de Jurançon et de Béarn produits par la Cave de Gan sont et resteront accessibles, en termes de prix comme de goût, « grâce à un modèle économique qui le permet ». Un positionnement assumé au service de « vins séduisants » selon les mots du directeur du site, issus d’un « cépage atypique » et porteur d’une « vraie identité ».

Le boom du Jurançon sec ?

On l’entend de plus en plus, dans les médias, chez les cavistes ou les restaurateurs… : le jurançon sec serait en train de détrôner le jurançon doux dans le cœur des consommateurs. François Rhulmann tempère : « Il est vrai que le jurançon sec se fait connaître et gagne des parts de marché, notamment parce que l’appellation s’ouvre à l’export. Malgré tout, ce développement n’est pas au détriment du doux, qui n’est pas en perte de vitesse ». À la Cave de Gan, le jurançon doux est toujours le produit phare : il représente les ¾ des ventes de jurançon.

La Cave de Gan en chiffres

25 M€ TTC de chiffre d’affaires
300 viticulteurs coopérateurs
100 salariés
950 hectares de vignes exploités, en appellation Jurançon et Béarn
5 millions de bouteilles produites chaque année (soit en moyenne 20 000 bouteilles par producteur)
10 % des ventes à l’export, majoritairement en Italie, Allemagne, Belgique et Royaume-Uni