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Cœur de ville : Acte II de la modernisation

L’avenant du projet à la convention Action Cœur de ville 2 a été signé par tous les partenaires financiers, un programme de redynamisation qui concerne les centres de Tarbes et de Lourdes.

cœur de ville

Les partenaires de la convention "Action cœur de ville" de Tarbes et Lourdes. © D.R

Quand il s’agit de se transformer, les cœurs de ville de Tarbes et de Lourdes ne battent pas la chamade mais adoptent le rythme régulier des coureurs de fond. La course sera longue, commencée en 2019. À mi-parcours, un premier bilan s’impose : tant pour la capitale de la Bigorre que la cité mariale, tous les objectifs ont été atteints et l’opération « Action cœur de ville » est un véritable succès. Portés par ces résultats tangibles, les édiles et leurs partenaires ont décidé de la prolonger, l’acte 2 a été signé fin décembre et elle va se poursuivre jusqu’en 2026.

Investissement massif pour Tarbes et Lourdes

Élaboré pour lutter contre la désertification des centres-villes, ce programme fondé sur l’investissement massif relève de la politique gouvernementale « de soutien au développement durable et à l’attractivité des villes moyennes ». Seules 234 communes étaient retenues en France métropolitaine pour son lancement et parmi elles, Tarbes et Lourdes. Une véritable chance qui a mobilisé les élus et les acteurs économiques locaux aux côtés des donateurs nationaux que sont la Banque des Territoires, Action Logement et l’Agence Nationale de l’Habitat. Ce programme influe sur tous les volets qui font le dynamisme et l’attractivité des rues principales, à savoir le logement, l’urbanisme, les activités économiques et commerciales ou encore l’accès aux équipements… À ce jour, le montant global des actions prévues dans le département approche les 20 millions d’euros : « Le dispositif fonctionne, cette prolongation nous donne une visibilité qui nous aide à construire le plan de financement et comment on va mobiliser les moyens », a souligné Jean Salomon, préfet des Hautes-Pyrénées.

Bon nombre de jeunes investisseurs ont profité de cette opération

Le logement redynamisé

Dans le 65, le projet de territoire est coordonné par la Communauté d’Agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées dans le 65. Gérard Trémège, son président et également maire de Tarbes, se réjouit de le voir reconduit, notamment pour l’amélioration du logement : « Ça nous a permis de réaliser des travaux dans d’excellentes conditions. Bon nombre de jeunes investisseurs ont profité de cette opération, à Tarbes 346 logements sont concernés, c’est énorme ». Un constat auquel le discours du maire de Lourdes a fait écho : « Le dispositif vise à booster l’investissement privé et à revaloriser les friches urbaines, c’est une bouffée d’air frais pour notre ville qui en compte 257 et 20 arrêtés de péril », a précisé Thierry Lavit qui a désigné « des grands groupes de Paris » comme futurs investisseurs.

Des subventions fixes face à l’inflation

Portée par l’investissement public et privée, cette belle lancée se heurte pourtant à une évolution des coûts de construction et de matériaux qui n’est pas sans inquiéter Gérard Trémège : « Nous avons des opérations sur lesquelles l’inflation varie de + 30 à + 40 %. Quand on a des variations de cette importance, il est évident que les plans de financement qui étaient imaginés et accompagnés sont remis totalement en cause. À Tarbes et Lourdes, on est dans des programmes de 80 millions d’euros, comment fait-on pour trouver 24 millions de plus ? » C’est un vrai défi qui attend les partenaires pour mener à bien les projets à venir. Pour n’en citer qu’un, à Tarbes c’est la réhabilitation du Foyer des Jeunes Travailleurs, chiffré à un peu plus de 8 millions d’euros, qui est concernée par la deuxième phase d’Action cœur de ville ». Cette rénovation de l’habitat a eu un impact réel sur la transition écologique qui devrait se poursuivre avec la mise en œuvre des solutions de productions d’énergies renouvelables ou encore une mobilité douce plus instaurée. Engagée dans le Plan Vélo, Tarbes compte élargir le partage de l’espace public à la rue Larrey. Il s’agit maintenant de conforter les avancées notables en matière de revitalisation, mesurables sur le commerce qui revit littéralement dans les centres-villes des deux communes, bien décidées à séduire le cœur de leurs résidants.

La 1re session en actions

Avec 50 actions prévues pour un montant de 20 millions d’euros, financés à 42,5 % par l’État, les projets de redynamisation de la première session ont été nombreux. Parmi eux, on peut retenir les 254 logements réhabilités et 92 engagés sur l’ensemble du territoire, un investissement pour l’habitat qui s’élève à 18 millions d’euros au terme des travaux engagés. L’économie a été boostée avec la création et la rénovation de 69 commerces, travaux accompagnés d’une aide de 1 euro pour 9 euros investis. Les opérations d’aménagement de l’espace urbain se sont élevées à 10 millions d’euros à Tarbes, avec par exemple la requalification de la place au Bois, ville qui a également pu créer le centre municipal de santé Louis Lareng. À Lourdes, les 3 places centrales sont en cours de rénovation pour 3,8 millions d’euros.