Couverture du journal du 17/07/2024 Le nouveau magazine

Hemis, un acteur clé de l’AMO

Hemis souffle ses 25 bougies à Périgueux. Le cabinet d'assistance à maîtrise d'ouvrage fondé par Michel Rongiéras intervient en amont d'importantes opérations de construction dans la grande région.

Hémis

Michel RONGIÉRAS, PDG de Hemis © Loïc Mazalrey - La Vie Économique

Le métier, né de la loi de 1985 qui définit les rapports de la maîtrise d’ouvrage publique avec la maîtrise d’œuvre privée, est assez méconnu. L’acte de construire repose pourtant en grande partie sur ce socle de compétences, solides fondations pour ce qui suivra. « C’est un métier complexe, normatif, qui apporte une qualité d’usage à un immeuble », souligne Michel Rongiéras, passé par la DDE et l’ATD24 avant de créer sa structure. Le cabinet d’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) assure la programmation architecturale, en amont d’un projet. Par exemple, s’agissant d’un collège, l’étude prend en compte le territoire et le nombre d’élèves attendus, les besoins, la fonctionnalité générale, toutes les questions de terrain, d’accès, de stationnement, d’environnement. La même approche théorique et de questionnements peut porter sur une diversité de domaines, petite enfance, tertiaire, loisirs, industrie, logement, aménagement du territoire… pour des opérations allant de 1 à 20 millions d’euros. Plus de 200 millions d’euros par an de constructions publiques passent ainsi par Hemis.

Matière grise

Une équipe pluridisciplinaire y est à l’œuvre : architectes, ingénieurs, urbanistes, économistes de la construction et de l’environnement, techniciens spécialisés… Des profils plus friands des métropoles et pas toujours faciles à attirer dans une ville moyenne, même post-Covid. « Hemis reste à Périgueux par choix de vie mais ça complique les choses. C’est le seul cabinet dans un département rural, les autres se trouvent surtout à Paris, un peu à Bordeaux et à Lyon. » Deux jeunes architectes urbanistes, l’une Algérienne, l’autre Libanaise, ont rejoint l’équipe et des recrutements sont en cours sur un profil rare, et d’avenir, d’ingénieur en développement durable. Grâce aux compétences internes, la programmation traite de tous les aspects et usages, sans solliciter des spécialistes extérieurs. Les questions climatiques sont d’emblée intégrées dans le volet urbain.

Hemis s’attache à « tout ce qui permet l’estimation d’un projet, le mode opératoire, les procédures, le calendrier de réalisation… », résume le dirigeant. Autant de précisions pour caler un plan de financement. La programmation architecturale et urbaine définit un cahier des charges, apporte une assistance dans la désignation et valide un processus pour que les préconisations soient respectées. Une forte responsabilité, qui s’adapte aux évolutions institutionnelles.

© Loïc Mazalrey – La Vie Économique

Au cœur des questions de société

La notoriété d’Hemis dans le quart sud-ouest du pays assure aux huit salariés un important volume de travail, avec de nouvelles perspectives d’aménagements d’espaces publics, stratégies patrimoniales et programmes de revitalisation comme Villages d’avenir. « Les études fleurissent en ruralité pour des approches globales intégrant des activités économiques, associatives… » Des pistes parlantes pour un cabinet qui a choisi de se maintenir sur son territoire. S’il intervient surtout sur des projets du secteur public (extension de l’aéroport de La Rochelle et celle du Technoparc d’Angoulême, création du musée du Marais poitevin, construction d’un bâtiment d’essai pour le technicentre SNCF à Périgueux, d’une halle alimentaire à Brive…), le cabinet répond à des sollicitations du privé, comme la restructuration du site de production d’Hermès, à Nontron. Pour son anniversaire, le cabinet s’est offert un nouveau site internet, réalisé par Ilô Créatif.

Hemis est intervenu sur la restructuration du site de production Hermès à Nontron

Président du SYPAA

Michel Rongiéras vient d’être élu président du SYPAA, syndicat national des programmistes et professionnels d’assistance à maître d’ouvrage, qui réunit une centaine d’adhérents et fait partie des 14 structures de la fédération des petites entreprises de l’ingénierie (Cinov). Investi dans ce collectif depuis longtemps, il souhaite continuer à l’animer et le structurer, à mobilier pour attirer les talents vers ces métiers. « Les mondes du bâtiment et de l’ingénierie ont besoin de se parler et de travailler ensemble ». Pour les 30 ans du syndicat, en mars, 250 personnes se sont réunies aux Récollets à Paris (ordre des architectes) sur le thème Profession programmiste, avec des jeunes.

PériSphère, nouvel espace

Michel Rongiéras ouvre à la location un vaste bâtiment voisin d’Hemis, entre le centre-ville et la gare, pour accueillir des indépendants ou associations du digital et de la communication : espace partagé mixant des bureaux fermés et un plateau coworking, un lieu événementiel équipé et box de stockage. À terme, il aimerait créer un pôle d’ingénierie pour fédérer des consultants en lien avec son activité, pour une dynamique d’affaires et une mutualisation de services.